2005/01/20

La piqûre du jeudi matin

Il y a un an exactement on arrivait à Bankok, après un séjour de près de six mois en Inde. Je relisais le billet d'Hélène en pensant que cette année, ce sont nos amis R. et H., rencontrés il y a un an à Kho Chang, qui y sont. En plus ils sont sur le point de partir pour le Cambodge et le Vietnam. De quoi redonner la piqûre à n’importe qui. Heureusement qu’on commence à organiser une visite chez « nos coopérants préférés » avec notre « échangée préférée ». (Voir la barre des hyper-liens.) Pis ne v’la-ti pas qu’une alerte Google me met devant la face, ce jeudi matin même, un topo d’une agence de voyage. Pas particulièrement génial. Ça décrit les mérites du tourisme aux Philippines. Mais la vue des photos, même si on ne peut les agrandir pour les voir comme il faut, les descriptions dans le style « guide de voyage » le plus classique, tout cela a fait que là, la dose est devenue quasiment mortelle ! Pis juin est encore loin, ein Firmin !

2005/01/18

Jouer à Détect Inc. sur Internet.

Pour suivre Joblog il suffit de visiter régulièrement le site. Facile. Je me le promets, entre autre, pour voir comment l’auteure va différencier son blogue de la chronique, pour voir comment une journaliste professionnelle utilise un carnet web, pour voir si le style sera différent. Mais comment suivre son influence sur le réseau Internet, ses liens avec la blogosphère ? En suivant les liens? Pas si facile, cependant.

Taper « Joblog » dans Google n’est pas très utile. Il existe une multitude de site « Joblog », (pour se trouver une job, garder une job, des listes de jobs, et encore.)

Mais grâce à Technocrati , il est possible de faire une recherche sur une URL (adresse Internet). Les autres moteurs que je connais ne donne que le site correspondant à cette adresse. Pas très utile. Technocrati lui renvoie à tous les sites qui ont établi un lien avec cette adresse. Ainsi en tapant l'adresse de « Joblog » dans l'espace approprié on apprend que dans les derniers 24h, 14 liens ont été faits avec cette adresse à partir de 10 sources différentes. On peut remonter ces liens jusqu’aux sources, d’un clique.

Technocrati offre aussi la possibilité d’indexer le web sur des catégories/mots clés (« tags ») exactement comme le système Flickr indexe les photos. Un index interactif aussi : chacun peut contribuer à la fabrication de l’index général en ajoutant des catégories ou des adresses à des catégories existantes. La liste des catégories est impressionnante à voir: plus le texte est gros, plus il y a de références. Intéressante métaphore !

A explorer !

2005/01/14



Originally uploaded by Edouard Lavalliere.

Joblo.G

Heureux de voir que Josée Blanchette, chroniqueuse de Le Devoir vient de commencer à bloguer à son tour. Ça va m'en faire un de plus à surveiller périodiquement. Deux remarques sur le titre:


Il y a ambiguïté. Joblog? La Life? Les deux? Moi je préfère «Joblo.G». Il me semble que c'est la meilleure façon d'ajouter un «point G», non ? Ce qui aurait l'avantage de matérialiser le «gague» de ce matin: "Ne manquait qu'un point G pour en faire Joblog", écrit-elle dans sa chronique papier. Cela aurait même pu aller jusqu'à devenir l'adresse du blogue: ledevoir.com/blog/joblo.G plutôt que le fade ledevoir.com/blog/joblo ! Mais là faudrait voir le webmestre, j'imagine.

Elle est tout de même chanceuse d'avoir un deuxième point G à sa disposition, blogue à part. En plus tout le plaisir sera pour nous.

NB le dessin a été piqué sur Joblog

2005/01/11

Flavie saine et sauve à La Réunion


Flavie_a_l-ordi
Originally uploaded by Edouard Lavalliere.

Après le tsunami on était inquiet pour Flavie. On s'est finalement rendu compte que La Réunion n'avait été affectée que légèrement. Malgré les domages causés aux ports, pas de catastrophes comme ailleur. Et Madagascar, là où elle passait les vacances de Noël? Aucun problème: Les Seychelles, Les Maldives et les autres îles auraient servi de tampon, comme le montre (?) cette simulation de USA Today. On savait donc que tout allait bien pour Flavie! Les courriels sont finalement arrivés et là on a respiré. Mais rien de mieux qu'une photo pour être vraiment rassuré!

Je viens de repiquer celle-ci sur le groupe MSN La Réunion échange CREPUQ 2004-2005 . Elle a été prise par Catherine, une autre étudiante québécoise, qui participe à l'échange inter-universitaire de cette année. Merci beaucoup.

Comme on peut voir par le sourire et le bronzage tout va vraiment bien. (Pas si vazaha* que ça.)

* Vazaha : blanc en Malgache

2005/01/07

Premiere neige0005


Premiere neige0005
Originally uploaded by Edouard Lavaklliere.

Hélène me sert de cobbaye pour tester une nouvelle manière d'afficher des photos sur le blogue: "Flickr". Je profite du fait que j'ai dû reformater mon disque et que je n'ai pas encore réinstallé Hello, le système recommandé par Blogger pour afficher des photos sur un blogue. Pour le moment Flickr me semble plus facile d'utilisation que Hello. En plus on y trouve des photos dans le domaine public à la tonne et classées selon des mots clés ("tags") inventés au fur et à mesure par les usagers. Tu parles d'interactivité! On peut "surfer" d'une photo à l'autre en cliquant les tags. Ou les faire défiler en mode diaporama. On peut aussi créer des environnements privés, accessibles qu'aux seuls amis.

Petits problèmes:

  1. Je ne peux pas corriger les titres des blogues et les bas de vignettes créés à partir de Flickr. Le titre de la photo devient automatiquement le titre de l'entrée. Tout le monde sait que la première neige tombe bien avant le 7 janvier au Saguenay!
  2. Le temps de téléchargement des photos sur Flickr est très long, alors qu'avec Hello c'est beaucoup plus rapide.
  3. Je n'ai pas encore compris comment corriger des erreurs de saisie comme dans mon nom.

Je continue mes "bizounages"! Je me demande bien comment afficher deux photos dans un seul affichage (?) (comment peut-on traduire "post" en français? Affichage me semble déficient.)

2004/11/30

Un demi-Kluge pour Paul Ricoeur!

*

La Library of Congres a annoncé hier que le philosophe français Paul Ricoeur, 91 ans, obtient, conjointement avec l'historien Jaroslav Pelikan, 80 ans, le deuxième Prix Kluge, l'équivalent du Nobel pour les sciences humaines. Les disciplines "history, philosophy, politics, anthropology, sociology, religion, criticism in the arts and humanities, and linguistics", nous dit le site du John W. Kluge Prize in the Human Sciences, sont ainsi honorées, depuis deux ans. Le prix est de $1 million. Il récompense le travail d'une vie ("liftemime achievement), le critère principal étant "deep intellectual accomplishment in the human sciences". Ce prix a été mis sur pied par le John W Kluge Center of the Libary of Congres. Pour plus de détails sur sa vie et son oeuvre ainsi que quelques textes "en ligne" voir L'Encyclopédie de l'Agora.

La photo d'Arturo Patten que l'on voit ici et que j'ai piquée sur le site de la LOC donne une toute autre image que celles que j'ai de Paul Ricoeur. Ici on a l'impression que Ricoeur pourrait jouer le rôle d'un sorcier bienveillant dans Harry Potter 6. Alors que, dans ma tête c'est tout différent.

J'ai suivi un de ses cours dans les années 60 à l'Université d'Ottawa. Tout nouveau dans l'étude de la philosophie, je n'avais pas compris grand choses à ces explications sur la notion d'herméneutique. Il donnait l'impression d'un prof fragile. Il était à peine audible, malgré le silence religieux qui entourait chacune de ses prestations. Timide, lisant ses notes sur un ton monocorde. Disons, très loin de Bernard Hery-Lévy. Comment pouvait-il commandé autant de respect avec si peu de prestance, de bagou.

Mais l'image la plus forte que j'ai en tête est une construction: je n'ai jamais vu de photo de l'événement. Je ne sais même pas s'il a vraiment eu lieu tel que je l'imagine encore aujourd'hui. C'est l'image de ce prof à l'allure fragile, mais enfoui dans une poubelle de la Faculté des Lettres de L'Université Paris X - Nanterre, la tête sortant à peine entre les jambes, les bras et le rebord, entourés d'une bande d'étudiants contestataires. Le prof de philo devenu doyen de faculté venait d'en prendre plein la gueulle. (Ce n'est pas pour rien qu'il a passé une grande partie de sa carière à enseigner à l'Université de Chicago.)

Je me suis fabriqué cette dernière image à partir du récit que j'en ai lu dans la presse française durant "mai 68". Cela ne m'a pas enlevé le goût d'enseigner en philosophie, même après que LA contestation se soit déplacée jusque chez-nous en 69 et 70. Mais je n'ai jamais eu envie de devenir doyen ou son équivalent cégepien.

2004/11/27

Deux mois déjà!

Des milliers de chose à dire et à écrire, mais je n'avais pas vraiment envie de le faire. Quelque chose d'intéressant, cependant: la création du cercle régional de l'Institut du Nouveau Monde.

Michel Venne, lors de sa visite au Cégep de Jonquière, le 29 septembre.

Après la visite de Michel Venne, un des fondateurs de l'Institut et la force motrice principale de ce "Think Tank" démocratique, au mois d'octobre, une trentaine de personnes se sont rencontrées, en novembre pour discuter des 50 propositions élaborées par les jeunes de l'Université du Nouveau Monde, cet été, à Montréal. Par la suite on a discuté de ce qu'on pourrait faire au niveau régional. Il a finalement été décidé de se réunir à nouveau en janvier pour discuter de la "santé de du bien-être". La rencontre servira à préparer, entre autres choses, le débat qui devrait avoir lieu au niveau du Québec, dans le cadre des "Rendez-vous stratégiques" de l'Institut. Voyez le communiquez de presse publié sur le Bulletin Régional Saguenay-Lac-Saint-Jean et le document "Cet automne à l'INM" sur le site de l'Institut.

2004/09/28

The Australian Pink Floyd Show


*

La fumée secondaire n'était pas trop incommodante samedi soir passé au Centre Georges-Vézina de Chicoutimi. Même si la musique et les sensations étaient plutôt psychédéliques, les stimulants me semblaient principalement houblonesques. Guilmour, le guitarist des vrais PF, aurait dit que la copie étaient parfaite. Tellement que j'ai cru, un long moment que les Australiens ne faisaient que du "lip synch". Une défaillance technique, au début de la deuxième partie qui a nécessité de une interruption / réparation de quelques connexions, est venue prouver qu'on était véritablement en direct. A moins que tout cela n'ait été qu'une subtile machination pour nous prouver leur authenticité? Mais trève de paranoïa.

* Pour des images plus "pro", rendez-vous sur le site du groupe (cliquez sur le titre). Pas d'image de Chicoutimi "parzemp", m'enfin, sont plus belles...

2004/09/13

« On ne fait pas de tourisme à Mafate, on fait Mafate »!

Dixit le site La Réunion à propos du Cirque de Mafate. C'est ce que Flavie a fait la semaine dernière, en attendant le début des cours à l'Université de la Réunion. Il s'agit d'une région qui n'est accessible qu'à pied ou en hélico.

Je vous recommande ce site pour de belles photos de ce montagnes volcaniques ainsi qu'une carte interactive qui permet d'explorer ce paradis de la randonnée sans espadrille.

Un petit avant-goût:



Le village de « Marla: à 1600 m, l'îlet le plus élevé de Mafate, au pied du Grand Bénare. »

2004/09/10


Le prochain conflit entre la science et la religion, après celui au sujet de l'évolution de la vie, portera sur ce que Paul BLOOM appelle le "common sense dualism" qui nous pousse à croire spontanément que nous les humains nous sommes en fait composés de deux « choses » : un corps ET une âme. Il prévoit qu’on va avoir de la difficulté à se débarrasser de cette vision, même si les découvertes de la science, tendent à remettre en question ce dualisme du « gros bon sens ».

Philosophiquement cet éditorial du New York Times ne va pas très loin, mais il a l'avantage, pour les prof de philos de Cégep, leurs étudiants et le commun des mortels, de donner de bons exemples de la manifestation de cette philosophie dualiste dans la vie quotidienne, au cinéma, à la télévision.

*NB Pour ceux et celles qui ne pourraient suivre les hyperliens, à cause de la politique du New York Times, il me fera plaisir de vous courriéler une copie du fichier. Je ne m’engage pas cependant à en faire la traduction ;0)

2004/09/06

«Volcan la pété »

Pour tous ceux qui s’inquiètent du sort de Flavie à La Réunion, à cause du nouveau volcan apparu il y a quelque jours, on peut s’informer sur le site, Imaz Press Reunion. Il y a de belles photos que je n’ai pu copiées ici. On peut y voir quelques vidéos aussi, dont une de l’éruption de 2000, accompagnée d’une musique réunionaise. Ce matin, il semble que le Piton soit en train de se réactivé après quelques jours d’accalmie.

Flavie fait dire que ce n’est pas inquiétant. Les accidents se produisent quand des personnes imprudentes mettent le pied sur ce qui semble être de la lave refroidie alors qu’elle ne l’est qu’en surface. Une sensation de glace, apparemment.

Pendant que le Piton de la fournaise se réchauffe, sur la Baie des Ha!Ha!, hier, de jeunes surfeurs à cerf-volant (si quelqu’un connaît le nom de ce sport, prière de me courrieler) s’envoyaient en l’air, malgré le temps plutôt frisquet.






2004/09/04

« Compassionate conservative philosophy » a dit Buisson!

Me semble une contradiction dans les termes. Mais ça permet probablement aux délégués millionnaires à la « Republican National Convention » de dormir un peu mieux le soir. (Selon un reportage de Radio-Canada, 1 délégué sur 4 est millionnaire!) Je doute que les Afghans et les Irakiens trouvent la compassion conservatrice aussi intéressante, ni le 40% de la population états-uniennes qui n'a pas accès aux soins de santé pace que trop pauvre.

Beaucoup de sites anti-Buisson sur le net, dont un qui rappel les déclarations d'une certaine député libérale à Ottawa: Evil GOP Bastards ou j'ai trouvé les posters suivants:



2004/08/31

Les premières nouvelles de :
congé d'école!

Flavie est rendue à destination, après une escale de quelques jours à Paris. Les toutes premières nouvelles sont surprenantes : le début des cours à l'Université de la Réunion serait retardé de 15 jours, selon la rumeur que notre envoyée spéciale vient de nous communiquer! Merveilleuse Université qui commence par 2 semaines de congé. La chambre de la résidence donne sur un parking mais aussi sur la montagne et la mer! La ville de St-Denis serait fort sympathique. Pas pu en savoir beaucoup plus, les communications téléphoniques ayant été subitement interrompues.

On a hâte de recevoir les premières photos. En attendant, voir celles publiées sur le site de « l'île intense »! Posted by Hello là où j'ai piqué celle-ci:



J'imagine que c'est ce qu'on voit en arrivant à l'aéroport. Posted by Hello

2004/08/24

Un petit ménage du printemps
(Il semble qu’il soit tardif cette année!)

Deux personnes m’ont signalé, à peu près en même temps, curieusement, que les liens pour les photos de notre voyage en Inde ne fonctionnaient pas. Je tiens à les en remercier : sans leur courriels, je serais encore dans l'ignorance. Je crois que c’est maintenant réparé. Si vous essayez et que ça ne fonctionne pas, prière de m’en avertir. D’autant plus facile que le bouton Courriel est plus visible que jamais. Il suffit de cliquer pour envoyer un mot.

Autant profiter de l’occasion pour mettre de l’ordre dans les liens. Les photos sont maintenant plus faciles à distinguer des blogues/pages personnelles et des sites plus professionnels.

Je me suis rendus compte aussi que les derniers mois de notre voyage ne sont presque pas illustrés : presque rien pour le Vietnam et rien du tout pour le Cambodge et Bali. Des lacunes à combler donc. Dans les prochaines semaines, après le départ des enfants, je vais m’y attaquer.

Je ne pourrai cependant pas récupérer les photos de Calcuta, les ayant perdu avec l'appareil Kodak, à la toute fin de notre séjour et Inde (J'espère que la personne qui l'a trouvé en profite bien). Pas capables de récupérer non plus les centaines du Laos « écrasées » par inadvertance en les transférant sur cd :(

Du travail pour les prochaines semaines donc. Une chance que je ne travaille plus!

En attendant en voici une prise lors d'une session de « camping sauvage », il y a quelques semaines.



La vallée de la Jacques-Cartier dans le parc du même nom, au Québec. Posted by Hello

2004/08/22



C'est le nom du blogue qui va raconter les « aventures » de Geneviève et Yanick tout au long des 15 mois de leur séjour en tant que co-opérants pour Volunteer Services Overseas (VSO) aux Philippines, sur l'île de Mindanao et plus précisément à Iligan. Ils partent à la fin du mois de septembre et sont donc débordés par les préparatifs.

Ceux et celles qui ont suivi ce blogue-ci savent qu'il s'agit de notre fille et de son conjoint. C'est ce dernier qui a fait la carte de notre voyage en Inde et en Asie du Sud-Est. Et ils sont venus nous aider à finir notre voyage en douceur, à Bali, au mois de mai-juin dernier, avec Flavie, notre autre fille. Je tente d'ailleurs de convaincre celle-ci de devenir blogueuse elle aussi. On pourrait alors entendre parler régulièrement de ses expériences comme étudiante en anthropologie à l'Université de la Réunion, au large de la côte est de l'Afrique. Son départ à elle est pour dans une semaine.

Ne vous demandez pas où Hélène et moi pensons aller nous promener cet hiver : les deux cinquième de la famille sont aux antipodes, dans des îles tropicales!

Ça risque bloguer dans les bambous. Posted by Hello

2004/08/17



"En moto sans ton casque, es-tu tombé sur la tête?"

Petit test pour voir comment fonctionne l'affichage de photos sur le blogue. Ce Easy Rider se promenait à Ko Chang en Thailande.

2004/08/09


De retour!

Le retour à la vie quotidienne s'est fait tranquillement. Heureusement que ça se passe l'été, "parzempe". On n'a pas l'impression de finir les vacances trop brusquement. On a renoué avec la famille, les ami-es, le voisinage. Petit à petit, on a repris possession de notre maison en réinstallant nos bebelles. Pas encore d'auto, mais on devrait être vraiment auto-mobile bientôt.

En plus Blogger est tout changé. Ça nous fait un petit peu d'inconnu à explorer, nous qui sommes revenus dans un monde plutôt familier après plusieurs mois de dépaysement total. Je regrette seulement que la possibilité d'afficher des photos ne soit pas arrivée avant notre départ pour l'Asie. Ça nous aurait évité de nombreux mots de têtes. M'enfin! En tout cas, ça donne envie de reniper Retraite.

A suivre.



2004/06/06

Dont let terrorism win, comme back to Bali

C'est un slogan qu'on voit ici et la le long des routes de Bali. J'imagine qu'il serait mieux place sur les routes du monde entier que le long des petites rues frequentees par la population locale et seulement quelques touristes. J'imagine aussi qu'il pourrait etre repris par la plupart des pays du sud-est asiatique.

Juin est le debut de la haute saison touristique ici et cette annee encore ca ne semble pas vouloir decoller. Partout le vide de touriste se fait sentir. Peu de personnes sur les sites habituels. Et les quelques touristes qui y sont se font tomber dessus par les vendeurs de toutes sortes comme la misere sur le pauvre monde. Les "hawkers" et "touts" de tout genre sont en manque. Tout le monde se garoche pour obtenir les quelques dollars touristiques qui circulent. C'est plutot enervant a la longue. Mais cela a aussi des avantages : des prix tres abordables.

Alors que je pensais que Bali serait tres cher. Nous sommes presentement a Lombok, l'ile a l'est de Bali et c'est la meme chose. On couche confortablement a 5 pesonnes pour 110 000 Rupies, soit environ 18 $ canadiens ! Aujourd'hui on a loue 5 velos pour la journee pour moins de 20 $. On est arrete prendre une biere dans un resort de luxe sur l'ile Tarawangam (une des 3 iles Gili). Personne! On a pu profiter de leur magnifique piscine, moyenant une consommation de Bintang, la biere indonesienne la plus populaire. On nous a offert une chambre pour 70$ US au lieu du prix habituel de 90 $! Si on avait voulu on aurait pu l'obtenir pour 50 $, mais il n'etait pas question de defoncer notre budget du mois en une seule nuit ;0) Tout cela pour dire que cela va mal ici pour l'industrie touristique. Alors pour des vacances pas trop cher, venez a Bali.

Du terrorisme, vous vous demandez. Pas vraiment. On voit un peu plus de police dans les rues depuis quelques jours, mais on nous dit que c'est a cause de la campagne electorale pour la presidence du pays. Des menaces, des attaques on n'en voit pas autour de nous. Un seul icident desagreable mais pas du tout inquietant a eu lieu lorsqu'on a essaye de passer le barrage des caleches qui veulent nous conduire au traversier. On nous a parle un peu fort. Je me suis meme fait traiter de terroriste, en tant que touriste parce que je ne voulais pas plier devant leur chantage et leurs menaces. Mais le Lonely Planet nous avait deja averti que ce ne serait qu'un mauvais moment a passer. Rien de plus. A part cela, tout le monde se fend en quatre pour etre serviable, gentil, pour neutraliser cette image de danger qui hante le pays.

En plus on passe de merveilleuses journees sur les plages des Gili, on fait du snorkel, du velo dans des paysages extraordinaires. Demain, les filleset Yanick vont essayer la plongee. Alors je ne peux m'empecher de reprendre le slogan et vous inviter a venir y passer un bout de temps.

Dans quelques jours nous retournons a Bali. On se demande encore si on va aller faire un tour a Kuta, lieu de l'attaque a la bombe dans une discotheque, il y a quelque temps deja. Le 14 on retourne en Thailande et le 16, tout le monde rentre a Montreal.

2004/05/26

Bali

De grands changements dans notre vie de voyageur-es. On est rendu en Indonesie, plus precisement a Bali. Mais ce n'est pas cela le plus grand changement: nos deux grandes filles, Genevieve et Flavie ainsi que Yanick le cartographe et conjoint de Genevieve, nous ont rejoints. Depuis une semaine. Une partie de notre petite famille s'est jointe a nous. Fantastique! Apres les retrouvailles on a passe quelques jours a Bangkok, histoire de laisser decanter le decalage horaire et visiter quelques sites a voir, absolument. A peine remis-es de leur voyage qu'on est reparti de plus belle vers Bali, avec une escale a Brunei afin de profiter au maximum de la sensation unique du decollage. On etait tellement pris dans nos retrouvailles, qu'on a oublie de vous en parler. Alors nos excuses a tous ceux et celles qui se demandaient ce qui se passait.

On a suivi le conseil de tous ceux qu'on connait qui connaissent Bali et on a passe par-dessus Kuta pour se rendre directement a Ubud. Ce n'est pas qu'on deteste les centres touristiques et l'odeur d'huile de bronzage a la noix de coco, c'est plutot qu'on voulait quelque chose de plus tranquille pour pouvoir placoter un peu de tout ce qu'on n'a pas pu partager depuis la fin du mois d'aout passe. On a prefere garder la plage pour un peu plus tard, peut-etre a Lombok, aux iles Gili. On verra bien. Parce qu'en fait on continue de voyager de la meme maniere, sans plan trop defini d'avance, au gre des inspirations et de nos desirs, de nos lectures. C'est juste qu'il faut en parler un peu plus longuement, vu qu'on est 5 a present. En plus Ubud est suppose etre tellement culturel! Alors on y est depuis 5 jours deja et on quitte demain.

Aujourd'hui on s'est laisse aller en velo. La derniere fois c'etait en Thailande il y a quelques mois! Mais la c'etait vraiment exceptionnel. Que quelques coups de pedaliers pendant plus de 3 heures. On nous a monte sur les flancs d'un volcan et on s'est laisse descendre tranquillement jusqu'a Ubud, en arretant de temps en temps pour visiter des rizieres, un "Compound" (on s'en reparlera surement), et ecouter toutes sortes d'informations sur la culture balinaise que nous transmettait notre guide. C'est la premiere fois que 3 heures de velos me font plus mal au poignet qu'au mollet.

Pendant que les filles assistent a un spectacle de danse nous on cause sur Internet et on se rejoint tout a l'heure pour souper.

A plus.

2004/05/25

Que faire des Khmers Rouges (suite)

Une amie m'a fait parvenir un courriel en reaction a l'entree precedente sur les Khmers Rouges. Je vous transmet, avec son autorisation, son texte ou je n'ai coupe que les partie personnelles.

"[...]moi aussi j'ai appuyé le régime de Pol Pot, je me souviens d'ailleurs d'une réunion syndicale où on avait fait voter un appui au Kampuchea «démocratique».. quel mot galvaudé... J'ai réfléchi à ce que tu as écris et au problème de conscience que l'on a maintenant. Je sais une chose, c'est qu'on y croyait et qu'on faisait davantage confiance à l'information provenant de «nos» sources que celle des sources dites «officielles». Aujourd'hui avec la guerre en Irak et la guerre israelo-arabe on asssiste encore plus à une guerre médiatique, ça fuse de toutes parts. Certains parlent de bavures, d'autres de génocide. Au Rwanda même des organismes internationaux comme l'ONU ne sont pas intervenus pour empêcher le génocide. On ne peut pas prendre la responsabilité du monde sur nos épaules.. Mais il y a des leçons à retenir... J'ai de la difficulté à me braquer maintenant dans «une» ou plutôt «L'»idéologie car le recul nécessaire à l'analyse des situations devient alors trop difficile. Mais alors, suis-je neutre? Certainement pas, l'analyse de classes reste toujours aussi petinente à mon avis. Le fait que les sources d'information sont de plus en plus variées qu'elles ne l'étaient dans les années 80 et même 90 (Rwanda) améliore-t-il notre analyse? Une chose est sûre, l'homme est capable des plus grandes atrocités et peut-on changer l'humanité?... C'est pourquoi il faut se doter de moyens pour questionner, évaluer, exiger des comptes de la part de nos politiciens... Qui a dit que la démocratie avait un prix?"

2004/05/19

Que faire des Khmers Rouges

Je me le demande encore. Comment en parler ici? Depuis qu'il est clair que les massacres ont bel et bien ete perpetres, les Khmers Rouges sont un probleme pour moi. Un probleme de conscience. Plus que pour le commun des mortels, parce que je les ai soutenus, j'ai fait campagne pour leur venir en aide quand le Vietnam a envahi le Kampuchea. Pendant quelques annees j'ai cru que toutes les atrocites qu'on leur pretait etaient grandement exagerees, le fruit de la propagande nixoniaine, un coup monte de la CIA, que de toutes facons, les bombes americaines ont tue plus de Cambodgiens que les exactions de Pol Pot. Mais non! Helas!

Je n'avais donc pas tellement envie d'aller au Cambodge, meme si Angkor Wat est un des sites touristiques les plus extraordinaires au monde. La rencontre, dans un hotel de Bangkok, d'un ancien militant du Parti Communiste Canadien, qui denoncait le regime de Pol Pot pendant qu'on faisait campagne pour le defendre, nous du Parti Communiste Ouvrier, ne m'a pas aide a regler mon probleme. Son recit, quelques semaines plus tard, dans une deuxieme rencontre, a Kho Chang cette fois, de la pauvrete et de la misere dans laquelle vivaient les Cambodgiens non plus.

Nous sommes tout de meme alles au Cambodge/Kampuchea. Je n'ai pas definitivement regle mon probleme de conscience, mais je commence a y voir un peu plus clair. Pas assez pour expliquer simplement ce qui s'y est passe apres la deroute des Americains au Vietnam. Une expatriee qui y travaille depuis quelques annees comme medecin sans frontieres nous a donne quelques fils conducteurs que je suis en train d'explorer. Quelques autres d'un documentaire australien (The Bloodiest Domino), visionne a Phnom Penh. Brother Number One, de Chandler itou. Mais c'est loin d'etre clair comme de l'eau de roche. Des idees en vrac suite a notre visite, donc plutot qu'une analyse serree.

J'ai encore en tete le son de la voix du chauffeur de tuk-tuk qui nous a conduits pendant trois jours sur le site de Angkor Wat, le regard fixe au loin: "Je me demande bien pourquoi tant de monde sont venus ici pour nous tuer, pourquoi on s'est tant entre-tue." La citation n'est pas tout a fait exact, mais le ton et le regard laissait comprendre que le mystere autour de toutes ces exactions reste encore.

Autre detail troublant: Sur les murs de la prison S-21, ancien Lycee transforme en prison ou des milliers de personnes ont ete torturees et assassinees, on peut voir les photos des victimes, photographiees comme chez nous pour les fichiers de polices, vue de face et de profil. Les cellules en sont pleines. Il y a aussi des temoignages des victimes qui ont reussi a survivre. Avec leur photo actuelle s'ils s'en sont sortis. Il y a meme des temoignages des gardiens de prison qui sont encore vivants et qui tentent d'expliquer, de faire comprendre ce qu'ils on fait. Assez curieux de voir les deux cote a cote. La medecin sans frontiere nous disait quelque chose qui traduisait le meme desarroi: Pol Pot est mort, plusieurs des autres dirigeants aussi. Mais il en reste plusieurs vivants. Ils vivent au sein de la population, comme si de rien n'etait. Tout le monde les connait, nous dit-elle. Et la vie continue.

S-21 nous est longtemps reste en tete. La remarque du Lonely Planet est tout a fait juste. Ce qui est le plus surprenant c'est que cette prison, en plein milieu d'un quartier residentiel laisse une impression de vie quotidienne, de vie ordinaire. Les buts de footbal transformes en potence sont encore la. Les frangipaniers qui entourent l'ancienne cours d'ecole etaient en fleurs au moment de notre passage. Leur parfum sucre penetrait dans les batiments. On ne pouvait pas ne pas penser aux joies qu'ils devaient procurer aux etudiants, aux professeurs. Ni nous demander ce que les prisonniers pouvaient ressentir en respirant leur odeur agreable a travers leurs supplices. Que la cruaute et la barbarie cohabitent avec la vie quotidienne est inquietant.

La conversion du Lyce/cachot en musee n'a rien de surprenant en soi. Ce qui l'est c'est que c'etait la seule facon d'empecher qu'il ne redevienne tout simplement un lieu ordinaire, habite par des squatters. Il serait devenu bloc appartement!!! Surprenant que l'on puisse penser vivre dans un tel lieu. Autre detail surprenant: le buste de Pol Pot par terre, sur le cote, dans un coin, sans aucune identification ou explication, sans aucune raison apparente. Le visiteur peut se demander de qui il s'agit, mais pas necessairement. Helene ne l'a meme pas remaque en faisant le tour de cette derniere salle de torture. Au Vietnam, les ennemis du peuple etaient denonces partout et sur tous les tons dans les divers musees qu'on a visite. Tellement que ca en devenait lassant a la longue, une veritable langue de bois. Pas ici. Pas de denonciations intempestives. Un expose des faits. Simplement. Ordinairement. Le visiteur est laisse a lui-meme.

Et moi a mon probleme de conscience.

2004/05/13

Le Routard et le livre

Il lit beaucoup le routard, me semble-t-il. Mais certaines de ses habitudes de lecture me laissent perplexe. Il n'est peut-etre pas necessairement un "traveleur, un veritable voyageur", comme le disait si bien un "p'tit mononque" francais a Kho Chang, il y a quelques mois. Je n'irais pas jusqu'a dire qu'il n'est qu'un touriste, mais presque.

Je l'observe depuis quelques mois deja. D'autant plus facile d'en parler que moi-meme en personne, j'ai un petit cote routard-backpackeur-traveleur-voyageur-qui ne veut pas qu'on pense qu'il n'est qu'un touriste. (Mais pas "mononque", parzemp, meme si pendant longtemps mes amis m'ont appelle "mononque Edouard". Mais ca c'est une autre histoire.) Elles font suite aussi a ma lecture de Alain de Botton et plus recemment celle de Gao Xingjian, deux grand routards devant l'eternel.

"Prothesez-vous", disait la pub

Depuis qu'on est en voyage, ce qui me surprend le plus c'est son rapport avec la lecture, surtout avec le livre. Il s'en sert principalement pour se proteger me semble-t-il. Un des plaisirs du voyage c'est de regarder. De regarder defiler le paysage par les fenetres du train ou d'un autobus, ou d'une mobylette. Mais generalement pendant les deplacements il n'aime pas vraiment regarder dehors. Il prefere dormir, jouer aux cartes, dormir et surtout LIRE. Regarder, il garde cela pour quand il est rendu a destination et qu'il fait du "Sight Seeing" selon les directives de L. Planet. Les paysages des deplacements ne valent pas vraiment la peine. J'ai des millions d'exemples.

Le plus frappant ce fut au Vietnam. Un voyage magnifique de Hoi An a Nhatrang. C'est le seul moment dans notre periple de Ha Noi a Saigon ou on etait confortablement assis dans le mini-bus. Parti a 7h du matin on n'etait que 4 a bord. Il ne faisait pas chaud. Des paysages magnifiques : deux cols fantastiques ou on avait une vue sur la mer bleue, la montagne et le ciel, des heures de rizieres vertes et jaunes ou des centaines de paysans recoltaient le riz, le coupaient, le transportaient a dos d'homme, le faisaient secher sur le bord des routes... Surperbe. La moitie des backpaqueurs a dormi la moitie du temps, bien etendue sur 4 bancs, profitant au max de tout l'espace disponible et l'autre moitie du temps a LIRE, pour passer le temps justement. Pour ne pas perdre de temps a regarder oisivement par la fenetre, a laisser l'esprit divaguer. Le livre est a son oeil ce que Son Disk/Walk/MP3man est a son oreille: un ecran protecteur, un createur de bulle. Mais apres tout ca ne sert peut-etre qu'a ca un livre. (Il va finir par falloir que je vous parle de The Art of Travel. Depuis le temps vous l'avez peut-etre deja lu.)

Le top ten

Habituellement les livres qu'il lit sont difficiles a identifier. Je ne sais trop pourquoi il tient tant a cacher les couvertures. Pudeur? Craint-il de passer pour un intellectuel? Pour connaitre les titres il faut les ui demander. Mais la on risque gros. Le recit de son voyage peut vous tomber dessus sans que vous vous y attendiez. Je l'ai encore verifie dernierement a Siem Reap. Apres avoir demande innoncemment quel etait le titre du livre qu'un vieux backpaqueur avait sous le bras, bien camoufle, pendant qu'il nous disait bonsoir et qu'il avait bien hate de retrouver son livre et que c'etait pour cela qu'il n'avait pas le temps de nous parler longuement, il nous dit le titre et le nom de l'auteur et immediatement il enclenche la narration de sa vie; sans cela on ne pourait pas comprendre son voyage, et par consequent on ne pourrait pas comprendre non plus d'ou lui venait ce livre merveilleux. Alors depuis je me mefie et je me contente de L'espioner.

Son livre prefere: Paradoxalement le routard lit surtout Lonely Planet, sauf quelques vieux Francais qui restent fideles a Le guide du Routard. Celui du pays, de la region ou de la ville qu'il visite ou projette de visiter bientot. C'est le seul livre en fait qu'il n'a pas peur de brandir fierement. Peut-etre parce que c'estla preuve qu'il est ce qu'il est, apres le sac a dos, bien sur. Je ne parlerai donc pas de ce livre puisqu'il a le meme statut que le sac a dos.

Selon les pays, les titres les plus populaires varient. Au Myanmar il lisait surtout The Glass Palace ex aequo avec le roman de Georges Orwell Burmese Days. Au Laos c'etait The Ravens de Christopher Robbins. Au Vietnam Le chagrin de la guerre de Bao Ninh, ex aequo avec The Quiet American de Graham Green. Au Cambodge toute sorte de livres denoncant les atrocites des Khmers Rouges dont First They Killed My Father; Brother Number One de Chandler est assez lu itou. Ce n'est pas par hasard si ces livres sont si populaires. Ils sont presque tous suggeres comme lecture interessante pour le visiteur par "non other than" le Lonely Planet.

Le livre qui revient le plus souvent, tous pays confondus c'est le roman anti-guerre classique de Heller, Catch 22.

Un livre a fait rire aux eclats une jeune anglaise tout le long des deux jours de descente du Mekong en slow boat: How to Be Good de N. Hornby. Je me promet de le lire serieusement celui-la. Je me demande bien ce qui peut y avoir de si drole derriere un titre si plate!

J'ai aussi ete surpris par la quantite de grandes personnes qui lisait des Harry Potter.

Je continue l'enquete.




2004/05/05

Le Mekong, et ca continue

Il y a deja un bon moment qu'on n'a ecrit quelque chose. Une petite mise a niveau s'impose! Tel que prevu, apres Saigon on a passe trois jours a se promener dans le delta du Mekong pour ensuite passer au Cambodge par bateau, en remontant le long d'un des neuf bras du Mekong jusqu'a Phnom Penh. Un trois jours ou on est reste un peu sur notre appetit.

On a choisi la voie facile, c'est-a-dire un tour organise pas cher. La compagnie qu'on a choisie nous proposait de nous promener sur le Mekong a divers endroits, d'aller voir des marches flottants, de visiter des entreprises familiales traditionnelles. On ne s'attendait pas a grand chose de ce cote, mettant tous nos espoirs sur les longues ballades sur le fleuve promises dans le depliant. Donc les fabriques de bonbons a la noix de coco, de pop rice et autre bidule du meme genre comme une ferme de crocodiles ne valaient vraiment pas la peine. On a passe aussi beaucoup de temps a poiroter, en attendant que que le temps passe et qu'on nous ramene a l'hotel... Mais les tours de bateaux eux etaient interessants, surtout a cause des guides bien documentes sur la region, ses cultures, sur le fleuve.

En plus des petites excursions a un marche flottant ou l'autre, on devait faire deux longues ballades: une a bord d'un "luxurius tour boat" et l'autre dans un "slow boat to Phnom Penh". Faut dire qu'elles ont ete longues les ballades, beaucoup plus que prevu. On a du attendre le luxurious pendant une bonne heure, histoire qu'il trouve une place ou accoster. Finalement il s'est gare sur le bord du fleuve, tout juste a cote d'une pile de billots enormes du genre "BC Fir" qu'on a du escalader avec nos gros sacs a dos. Un vrai Fort Boyard! Dix ans de plus et je n'aurais jamais ete capable de monter a bord. (Note de lajeune: J'etais bien fiere de mon sexagenaire, le Tilley bien cale, les babouches aux pieds, le gros sac a dos au dos, comme il se doit, le petit sac a dos transforme en sac a ventre, la bouteille d'eau a la main, l'appareil photo en bandouillere et presque le sourire aux levres!)

Comble de malheur, l'helice s'est accrochee dans une cochonnerie au cours de la manoeuvre. Ce qui fait que le voyage qui devait nous permettre de voir le coucher de soleil tout juste avant d'arriver a l'hotel, a commence quelques minutes avant que le soleil ne se couche. En plus on a du abandonner le navire pour un autre qui pourrait nous permettre d'arriver avant le lever du prochain soleil. Donc bateau pas terrible et la ballade sur la riviere la nuit est romantique, mais on ne voit pas grand chose. Le souper a ete annule. On est arrive a l'hotel vers 22h. Heureusement qu'il y avait de la biere a vendre.

La deuxieme ballade avait lieu la derniere journee. Rendez-vous a 6 heures. Apres une visite en chaloupe a rame de quelques entreprises familiales d'aquaculture on a pris un plus gros bateau pour se rendre a la frontiere et un autre apres les douanes pour se rendre a un autobus qui nous faisait faire le dernier bout jusqu'a Phnom Penh. De vrais raffiots. On etait assis dans la calle sur des planches. Pas d'air. Pas de droit de monter sur le pont pour des raisons de securite! De vrais "boat people" J'ai hate que vous voyiez les photos. Pour faire une histoire longue, on devait arriver a Phnom Penh a 15h. C'est a 20 h qu'on est debarque du minibus bonde a craquer, avec une climatisation qui a du etre arretee. Brefle, un tour cheap, mais qui ne valait vraiment pas cher.

En passant, on a mis quelques photos du Vietnam. On a pas fini. Mais on est bloque, n'ayant plus d'espace sur le site Yahoo. Mais vous pouvez quand meme en voir une vingtaine.

On a passe 5 jours a Phnom Penh, on s'en reparle. On est pour le moment a Siem Reap et on a bien hate de voir Angkor Wat.

2004/04/26

Saigon

Oui Saigon, meme si officiellement c'est Ho Chi Minh City. Les Vietnamiens ont le meme probleme que les Indiens et les Quebecois avec les changements de nom de ville. Le vieux nom a tendance a se maintenir meme plusieurs annees apres. Ce qui fait que lorsqu'on dit Saigon, inevitablement on vous reprend en disant Ho Chi Minh City et vice versa. Alors je m'en tiendrai a Saigon. Il y a aussi une saveur politique, evidemment, a ce changement de nom. Les habitants du sud-Vietnam ont tendance a garder le nom de Saigon. Ceux du nord preferent Ho Cho Minh City!

Hier nous avons passe une partie de la journee a visiter la capitale economique et la plus grosse ville du pays. Meme impression que dans les autres grandes villes. On pourrait y passer plus de temps qu'on a de disponible, meme si c'est une affreuse grosse ville polluee et enervante ;0)

On a fait une partie de la promenade The Quiet American Tour suggeree par un guide de voyage trouve a notre hotel de Ha Noi. Cette promenade commentee nous fait circuler dans les endroits qui servent de cadre au roman de Graham Greene. Meme si on n'a pas encore lu le livre, ca nous semblait une bonne idee. On a vu quelques lieux magnifiques, dont le bureau de poste central qui date de la fin du XIXe siecle et un petit restaurant fort agreable dans la cour interieure du Continental Hotel. Trois magnifiques frangipaniers de 180 ans qui embaumaient la place.

Apres le diner il ne nous etait plus possible de circuler dans la ville tellement le soleil etait difficile. On a opte pour une sieste prolongee, histoire de se proteger de la chaleur et de finir nos romans. J'en ai profite pour faire un peu de menage dans les photos recentes.

On en avait beaucoup des edifices au style typique du Viet Nam. Etroits et hauts et profond: environ 2-3 metres de large avec jusqu'a 8-9 etages et une trentaine de metres de profond. Les maisons sont en ciment, peintes de couleurs pastel qu'on a appris a apprecier : des jaunes ocres, des verts tendres, des peche, des bleu ciel, etc (Wow! je me rappelle plus comment mettre les couleurs au pluriel!). Comme il fait chaud ici, les plafonds sont tres hauts, 2.5 a 3 metres. Alors ca donne des buidings style echalotte, un peu comme dans certains quartiers d'Ottawa. Les pieces s'alignent les unes derriere les autres. Et inevitablement la premiere, celle qui donne sur la rue a des portes qui font la largeur du batiment. Alors la premiere piece sert de sas entre l'interieur et l'exterieur. Une fois sur deux la premiere piece sert de boutique, et 100% du temps de garage. On y range pour la nuit les mobylettes, les voitures, meme si des fois cette piece est aussi la salle de sejour avec la tele et les meubles de salon. Tres different de chez-nous. On ne s'attend pas a relaxer dans le garage ou a se garer dans le salon!

La plupart des hotels/pensions ou on a habite, des restaurants ou on a mange sont des affaires de famille. Ce qui veut dire que la famille habite sur place. Sinon, c'est le presonnel qui y habite. Il n'est pas rare de descendre dans le hall d'entree d'une pension, tot le matin, et de trouver 3 ou 4 personnes couchees par terre, sur des matelas de fortune. C'etait le cas a Ha Noi au Tu Linh. Dans les restaurants c'est toujours un peu surprenant d'aller aux toilettes et d'y trouver une douche, des objets de toilette personnels comme les brosses a dents, des rasoirs etc, du petit linge en train de secher.

Tout a l'heure on fait une autre promenade, cette fois pour visiter les lieux importants au cours de la guerre des Americains. On va commencer par le War Crimes Museum. Les Americains ont proteste et le gouvernement a du changer ce nom, mais c'est encore ainsi que les Vietnamiens le nomment. S'il nous reste encore des jambes on va se rendre au Reunification Palace, tout juste derriere. Parce que plus d'une heure de Musee c'est dur et pas juste pour les jambes. On devrait aussi voir l'ancienne et future ambassade americaine a Saigon d'ou sont partis les helico en 1975. Rappelez-vous les images de l'helicoptere qui quitte le toit de l'ambassade des USA en catastrophe, avec des civils qui s'y accrochaient en desespoir de cause.

Demain on part pour 3 jours de visite organisee dans le delta du Mekong. De la on passe au Cambodge en se rendant a Phnom Penh en bateau, sur le Mekong. Dommage, on va passer le jour de l'independance vietnamienne sur la route et en partie au Cambodge. Le 30 avril 1975 est le jour ou l'armee du nord a pris le controle de tout le Vietnam. Par contre, on se demande si le Cambodge fete le 1er mai!

2004/04/24

"Si j'avais les ailles d'un ange je partirais pour ..." Da Lat

Une journee de visite en moto autour de l'ancienne ville d'ete des Francais, Da Lat. On a loue les services des guides "Easy Rider", un groupe qui propose des visites de la region, en moto, depuis une dizaine d'annees. Des ami-es rencontres au Laos et nous les avaient chaudement recommandes. Le Lonely Planet etait assez elogieux aussi. Alors on a essaye et ce fut une belle journee.

Ce groupe a ete mis sur pied il y a 10 ans par une vingtaine d'anciens officiers de l'armee du Sud Vietnam. Decidement c'est un crenaux qui semble etre controle par le meme camp. Sauf que cette fois notre guide n'etait pas du tout acerbe. Pas de lamentations sur les affres des camps de rehabilitation. En plus il avait une qualite extraordinaire: il parlait un francais impeccable, bien meilleur que l'anglais de tous les autres guides rencontres a date.

Au retour on est alle prendre une biere dans un petit bar, avant d'aller souper. La serveuse s'est rendue compte qu'on parlait Francais et elle a mis un cd de circonstance, vu qu'on etait les seuls clients. Et on a entendu Charlebois qui chantait, entre Brassens et Brel : "Si j'avais les ailes d'un ange je partirais pour Quebec"! Tout a fait a propos. "... assis sur mon bike ... Et je monterais toutes les belles collines, en chantant cette jolie melodie..."

"Demain matin", Saigon nous attend.

2004/04/22

Un peu plus loin

Une belle journee d'autobus. Le voyage de Hoi An a Nha Trang a ete fantastique.

Des vues spectaculaires sur la mer lorsqu'on a passe les cols. Des montagnes qui nous ont fait penser a Hampi, en Inde, a cause de la forme des rochers et des carrieres. Un foisonnement vegetal, surtout du riz. Mais contrairement au nord, ici c'est le temps des recoltes. Des centaines de personnes dans le champs donc, puisque tout le travail se fait a la main. A faucher, a battre le grain, ou a transporter les ballots vers la route, ou a faire secher le grain, les tiges, sur l'acottement de la nationale No 1. Des dizaines de teintes de vert et de jaune. Les travailleurs sont surtout des femmes. Elles portent les chapeaux coniques en bambou qu'on voit partout ici. Il y a des buffles, des vaches qui grapillent ce qui reste dans les champs. Des canards par centaines dans les champs ou il commence a y avoir de l'eau. C'est vraiment beau. La poesie de travail qu'on ne peut voir que lorsque ce n'est pas nous qui travaillons.

L'observation faite dans la zone demilitarisee se confirme ici aussi: a tous les 20 ou 30 kilometres un cimetiere pour ceux qui sont morts pour la patrie durant la guerre americaine. Certains sont immenses avec des centaines de tombes.

On ne reste pas longtemps a Nha Trang: on reprend la route demain matin pour Dalat. Ce n'est pas qu'on aime pas cela, mais plutot qu'on doive faire vite. La fin approche et si on veut etre au Cambodge pour la fete des travailleurs, il faut se les grouiller.

A betot.

Quelques addendas de l'assistante

Notre billet d'autobus Hanoi-Saigon ne coute pas cher. Les gens qui achetent ce genre de billet ont des petits budgets alors ils preferent voyager de nuit. Pas de chambre d'hotel a payer. Pour la premiere fois aujourd'hui on a pu voyager de jour. Ben l'fun de voir! Surtout qu'on etait juste 4 personnes dans le bus. Nous, pis 2 jeunes neo-zelandais qui ont dormi tout le long etendus sur les 4 bancs du mini-bus. Peut-etre qu'ils n'auront pas besoin de chambre d'hotel pour la nuit prochaine!

Ici, comme en Inde, les gens font tout ce qu'ils peuvent pour eviter d'avoir la peau foncee. Les pharmacies sont remplies de cremes pour blanchir la peau. Mais le plus drole, c'est que pour conduire leur moto ou leur bicyclette, les femmes portent des foulards qui leur couvrent tout le visage. Aussi pire que des burkas: on voit seulement les yeux entre le chapeau et le bandeau. Elles portent aussi des gants qui couvrent les bras jusqu'aux epaules. Il fait super chaud. C'est vraiment souffrir pour etre belles!

On s'attendait a ce que le Viet Nam soit cher. Mais pas vraiment. Les chambres d'hotel ne nous ont jamais coute plus que $10 US, l'autobus est economique. Les repas ordinaires aussi. Mais ce qui coute cher, c'est tout ce qu'il y a de plus et qui est disponible ici. Comme des tours de moto avec guides-chauffeurs, a 10$ US pour une journee; les repas gastronomiques a 5 couverts, qui coutent environ $10 pour 2 incluant 2 bieres; la plongee qui coute environ $60 US par jour; les livres, meme usages. Alors on fait des choix. J'ai coupe la plongee a Edouard, mais j'ai garde la moto. J'ai fait sauter la biere, mais j'ai garde les 5 couverts! ;)

Au Viet Nam, les routes sont assez belles, et les voyages jusqu'a date se sont toujours faits en autobus ou en minibus, jamais en pick-up. Mais il faut quand meme calculer 45 kms a l'heure. Ca fait que tous les deplacements sont assez longs.

2004/04/19

Le sud du Viet Nam

Non on n'est pas encore rendu a Saigon. En fait on vient tout juste de traverser l'ancienne frontiere entre le Nord Vietnam et le Sud Vietnam, ce que l'on avait appris a appeler la Zone De-militarisee, durant la "guerre des Americains". On voyage, depuis Ha Noi, en autobus. Un billet ouvert qui nous permet d'arreter tout au long de la route qui mene a Saigon. Assez fantastique de pouvoir faire 1 700 km de bus pour 25$ Us!

Presentement nous sommes a Hoi An, petite ville au sud de Danang. On est arrete a Ninh Binh en premier pour y visiter Tam Coc. Assez spectaculaire de se promener dans des rizieres avec des montagnes qui ressemblent a celles de la Baie de Halong. Des milliers de photos, toutes plus belles les unes que les autres ;0)

Apres une nuit d'autobus on s'est arrete a Hue pour quelques jours. On ne pouvait pas ne pas arreter a Hue. On l'a trop souvent vu au telejournal dans les annees 70. Deux excursions guidees: une autour de la ville, a dos de motos. Aussi difficile pour les foufounes qu'une journee de dromadaires, mais pas mal plus rapide!

Je voulais aussi voir la "DMZ" (Demilitarizes zone) comme on l'appelle ici. En mini-bus cette fois, compte tenu des distances. On avait le choix entre 2 types de visite guidee. Une officielle, avec guide sanctionne par le gouvernement. Une organisee par une compagnie privee. Un peu tanne de la langue de bois qui est omnipresente dans les musees, on a opte pour la compagnie privee. Notre guide etait un ancien eclaireur pour les Marines, dans la Dmz. Lieutenant dans l'armee du Sud-Vietnam. Pour s'y rendre on a du revenir sur nos pas, remonter vers le nord, le long de la route nationale no 1. Premier arret devant un monument en l'honneur des 3 000 civils tues par les bombardements alors qu'ils tentaient de fuir vers Hue, durant l'offensive du Tet en 1968. Selon le guide c'etaient les VC (Viet Cong) qui bombardaient. J'imagine que dans l'autre visite guidee, ils devaient etre bombardes par les forces "fantoches" du sud. Pas en mesure de savoir exactement ce qui en est. Ce qui m'a frappe surtout c'est de penser que la veille on est passe au meme endroit en autobus, au petites heures, sans meme s'en rendre compte. On circulait sur une route, point. Soudainement elle prenait une autre dimension. Les images des centaines de bulletins de nouvelles, tous plus atroces les uns que les autres commencaient a correspondre a un vrai lieu et pas juste a quelques choses de virtuel. Et durant tout le reste de la visite c'est continuellement cette impression qui me revenait. Les traces de la souffrance causee par la guerre sont disparues, ou a peu pres. Met elles sont encore la, visibles a ceux qui prennent la peine de regarder un peu plus attentivement que je ne le faisais avant. Depuis cette visite, on s'est rendu compte qu'il y avait des dizaines de cimetieres le long de cette route. En plus de ceux habituels il y a tous ceux des victimes de la guerre. Depuis cette visite aussi, je vois d'avantage d'unijambistes, de blesses et d'estropies. Hier par hasard nous sommes tombes sur un bulletin de nouvelles en francais, diffuse par la tele d'Etat, qui portait justement sur les efforts faits pour integrer les handicapes nes suite aux mefaits des ex-foliants comme l'agent orange.

Hoi An est une toute petite ville qui n'a presque pas subi de dommages lies a la guerre. Le port de mer avait ete demenage une vingtaine d'annees avant a Danang. C'est cette ville qui a subi le plus de dommages. Mais ici a Hoi An, on peut voir des vielles maisons du XVIIIe et XIXe siecles. Je crois qu'il n'y a pas d'autre endroit au Vietnam ou on peut en voir autant. On se promet d'y passer quelques jours pour explorer toutes ces beautes. On veut aussi voir Danang et My Son pour pouvoir admirer les tresors de la culture Cham qui a ete florissante dans cette region pendant quelques centaines d'annees. On s'en reparle.

2004/04/11

Hanoi et la Baie de Halong

Nos deux premieres semaines au Vietnam ont ete passees a Hanoi et ses environs. La capitale du Vietnam est une ville tres agreable. Parmi les plus belles que nous ayons vues. Comme dans toutes les grandes villes, les gens sont un peu moins chaleureux que ceux qu'on a rencontres au Laos. J'magine que les popluations des regions moins urbanisees vont peut-etre etre plus chaleureuses.

Mais il y a ici un dynamisme, une febrilite qu'on peut presque palper. On sent qu'il se brasse des affaires. Beaucoup de chantiers de construction. Beaucoup de jeunes et d'enfants. Beaucoup de circulation. Heureusement que c'est en mobylette principalement.

Le vieux quartier ou nous avons pris une chambre est tres sympatique. De petites rues. Des etals multicolores. Les rues sont specialisees: celle des cordonniers, des ferblantiers, des bijoutiers... Notre hotel est dans le coin des forgerons. Le bruit des marteaux et des souffleries se melent a celui des klaxons et des moteurs de toutes sortes. Il y a meme une rue ou on gosse des pierres tombales. Plusieurs avec des photos. Dans un autre coin, on fabrique des statues de Bouddha et de la fausse monnaie americaine, on dirait de l'argent de monopoly. Le matin, les commercants font bruler cet argent devant leurs autels! Pas fous les Vietnamiens : Bouddha, ca lui fait pas un pli sur la bedaine... Les Bouddhas ici sont d'ailleurs tres differents de ceux de l'Inde, du Myanmar et du Laos. Ils sont gros, bedonnants et rient aux eclats. Alors que les autres sont minces, ascetiques, serieux.

Une bonne partie de la vie se passe sur les trottoirs: on y coupe la viande, on y plume la volaille, on y sert des repas rapides, de la biere en fut, on y parque les mobylettes. On peut se faire coiffer sur la chaine de trottoir, se faire nettoyer les oreilles, epouiller, se faire peindre les ongles d'orteils. Tout cela ne facilite pas la circulation mais donne un cachet a la ville. Dans chaque quartier, il y a des maisons du parti souvent installees dans des anciens temples. Devant, le drapeau rouge avec la faucille et le marteau et le drapeau du pays, des affiches sans doute de propagande, le journal. Aux coins des rues, dans les poteaux de telephones, ily a des haut-parleurs qui diffusent de la musique revolutionnaire et des discours politiques. Le matin de 5 a 6 et le soir de 6 a 7. Parfait pour starter la journee! Dommage qu'on comprenne rien!

Les Francais ont laisse des traces au niveau de l'art culinaire, de la langue aussi. Par exemple je n'ai pas eu trop de difficulte a comprendre que "Ga Lao Cai" voulait dire la gare de Lao Cai. Quand on sait que les Vietnamiens ont tendance a ne pas prononcer les r et que les Francais ont construit le systeme ferroviaire du Vietnam, ce n'est pas trop difficile a saisir. Il suffit de le prononcer a haute voix pour comprendre. Le pain, aussi. Ici on se regale. En Inde et en Thailande le pain n'est pas a notre gout. Il est sucre et plutot molasse. Ici la baguette est ferme et pas sucree du tout. Et de la charcuterie avec cela, alors on se croirait a Paris. Il y a meme des arbres qui ressemblent a des platanes.

Depuis que nous sommes dans le nord du Vietnam, il fait plus frais et il pleut souvent. A Hanoi, on a marche dans la ville et on a aussi visite quelques musees. On a vu le mausolee de Ho Chi Minh. On a trouve ca impressionnant. Il faut faire la file durant des heures (Ed fait dire au moins 2). Il y a des milliers de personnes, des enfants d'ecole en rangs, des touristes japonais en rangs aussi, des delegations des villages qui viennent presenter des couronnes de fleurs, des vieilles madames accompagnees de soldats, probablement des meres d'anciens combattants. Il y a des soldats qui s'assurent que tout le monde est presentable : pas de chapeau, pas de mains dans les poches, pas de chemises sans manches, pas de shorts, pas de photos, pas de conversations... Ho Chi Minh lui-meme ressemble a une statue de cire. Le mausolee est une grosse boite en marbre, d'allure sovietique. D'ailleurs, le Lonely nous a appris que l'oncle Ho passe quelques mois chaque annee a Moscou pour se faire refaire une beaute! On a aussi visite le musee de la guerre (ou des guerres) et le musee Ho Chi Minh. Ca fait drole de voir la version vietnamienne de la guerre (qu'ils appellent la guerre americaine). Depuis 5 ou 6 siecles, le Vietnam a ete regulierement en guerre. Contre les Mongols, les Chinois, les Thailandais, les Birmans, les Francais, les Japonais, les Americains. Et ils ont toujours fini par gagner. Ils peuvent bien etre fiers!

Nous avons fait deux excursions dans les environ de la capitale. Une a la Baie de Halong et une a Sapa, dans les montagnes du nord, pres de la frontiere chinoise. Tres agreables.

La Baie de Halong c'est une promenade en bateau dans des paysages exotiques. On avait l'impression de se promener dans des estampes chinoises ou japonaises. Des iles innombrables -- pas pris la peine de verifier s'il y en avait plus qu'a Si Phan Don. D'immenses rochers qui sortent de l'eau. Au moment ou on y etait c'etait nuageux et brumeux. On n'a pu voir les couchers/levers de soleil qui sont censes etre spectaculaires, mais le brouillard donnait un air quasi mystique a tous ces paysages. Assis sur le pont a defiler lentement sur une mer calme, l'esprit pouvait divaguer, surtout lorsque le silence se faisait sur le bateau. Ca c'est l'Art du voyage a son meilleur, presque du voyage dans l'art! -- Faudrait bien que je vous parle a un moment donne de cet autre livre de Alain de Botton. --

Sapa, assez curieusement nous a laisse la meme impression, surtout la premiere journee. C'est probablement a cause des nuages. Situee a plus de 1 500 m d'altitude, la ville, a notre arrivee, etait dans les nuages, au sens strict. De la pluie aussi. Et une temperature qui ressemblait drolement a celle des belles journees d'automne au Saguenay. Pas chaud, donc. Mais avec un bon chandail et un poncho flambant neuf pour se proteger de la pluie, on a pu explorer cette petite ville de montagnes que les Francais utilisaient pour fuir la chaleur de Hanoi. Mais les deux autres jours heureusement le soleil s'est pointe et on a pu voir les paysages magnifiques. Ici ce qui les rend impressionnants ce n'est pas tant la nature que l'agriculture. Les montagnes sont presque completement terrassees. Des milliards d'heures d'ouvrage depuis des generations. Un vrai paradis pour tous les amateurs de rigoles, vous savez ces hommes, grands et petits, qui s'amusent au printemps -- au Quebec surtout -- a faire des rigoles pour evacuer les eaux laissees par la fonte des neiges. Rien de plus agreable que de jouer dans la slush quand la chaleur du soleil commence a se faire sentir. Ici on a l'impression que les humains passent leur temps a jouer a faire couler l'eau d'une terrasse a l'autre, a s'assurer qu'il y a assez d'eau, qu'il n'y en a pas trop, a faire des barrages, des digues, pour la conserver, des canaux pour eviter qu'elle ne detruise tout le travail deja fait.

Sapa c'est le genie humain grave sur la face de la montagne. On s'est promene a travers ces rizieres pour rejoindre quelques villages des alentours. Tout ce travail est l'oeuvre de ceux que les Francais ont appeles les "montagnards", c'est-a-dire les minorites nationales, comme dit le gouvernement vietnamien, qui habitent ces terres peu propices naturellement a l'agriculture. Mais le sol, le climat, eux le sont. Alors avec tout ce travail d'ingenirie ils ont reussi a transformer ces montagnes en jardins.

Et ca continue. Les ingenieurs, les vrais, sont en train de faire des routes plus facilement carossables -- faut dire qu'apres la pluie c'etait tres difficile de circuler sans s'etaler de tout son long dans la boue: les pentes raides et la terre argileuse font que les plus habiles trekeurs doivent maitriser aussi l'art de la glisse -- un aeroport est sur le point d'etre termine a Lao Cai. Partout des chantiers de construction ici aussi. Ca ne sera pas long que le Vietnam va pouvoir rivaliser avec la Thailande comme destination touristique. Toutes ces beautes vont etre de plus en plus facilement accessibles. Mais je me demande si les "montagnards"ne commenceront pas bientot a en avoir marre de se faire visiter/photographier?

Nous arrivons de Sapa et repartons ce soir pour Ninh Binh, un petite ville tout pres de Hanoi. On devrait y passer quelques jours a visiter les environs. Apparemment on y retrouve un site semblable a la Baie de Halong, mais ou les rochers sont situes au milieu des rizieres. A voir selon tout le monde rencontre, y compris notre fidele Lonely Planet.

A bientot.


2004/04/03

Photos du Laos

On a bien aime notre sejour au Laos. C'est le pays du Mekong et de l'architecture coloniale francaise qu'on a visite avec Huguette et Roger. Du moins c'est ce qui ressort des photos qu'on a prises. Il y a surement beaucoup d'autres facettes qu'on n'a pu faire ressortir. Ce qui fait qu'on a l'impression que nos photos ne lui font pas honneur. Est-ce a cause de la fumee des brulis, le temps couvert assez generalise ou tout simplement qu'on a perdu la "touch"? Qui sait?

On est a Hanoi presentement. C'est une ville qu'on a a peine vue mais qu'on aime beaucoup. On y vivrait facilement, je crois. Pour les photos, ben ca va prendre encore un peu de temps puisqu'on commence a peine a jouer du declencheur.

2004/04/01

Changement de programme

Ce matin on s'est leve, tous les deux, avec les blues. Pas question de continuer le voyage. On ne va pas a Hanoi. On rentre a la maison. On s'ennuie trop de la slush et de la gadoue, doux-doux, pousse l'ananas....

On vous a presque eus hein?!!? En ce beau 1er avril 2004 on est vraiment rendu a Hanoi et on est en train de savourer les beautes de la vieille partie de la ville. Lundi on va probablement s'inscrire dans un petit tour organise pour visiter la Baie de Halong, y faire un peu de kayak de mer, prendre des photos des rochers magnifiques... Du touristage habituel.