2004/04/11

Hanoi et la Baie de Halong

Nos deux premieres semaines au Vietnam ont ete passees a Hanoi et ses environs. La capitale du Vietnam est une ville tres agreable. Parmi les plus belles que nous ayons vues. Comme dans toutes les grandes villes, les gens sont un peu moins chaleureux que ceux qu'on a rencontres au Laos. J'magine que les popluations des regions moins urbanisees vont peut-etre etre plus chaleureuses.

Mais il y a ici un dynamisme, une febrilite qu'on peut presque palper. On sent qu'il se brasse des affaires. Beaucoup de chantiers de construction. Beaucoup de jeunes et d'enfants. Beaucoup de circulation. Heureusement que c'est en mobylette principalement.

Le vieux quartier ou nous avons pris une chambre est tres sympatique. De petites rues. Des etals multicolores. Les rues sont specialisees: celle des cordonniers, des ferblantiers, des bijoutiers... Notre hotel est dans le coin des forgerons. Le bruit des marteaux et des souffleries se melent a celui des klaxons et des moteurs de toutes sortes. Il y a meme une rue ou on gosse des pierres tombales. Plusieurs avec des photos. Dans un autre coin, on fabrique des statues de Bouddha et de la fausse monnaie americaine, on dirait de l'argent de monopoly. Le matin, les commercants font bruler cet argent devant leurs autels! Pas fous les Vietnamiens : Bouddha, ca lui fait pas un pli sur la bedaine... Les Bouddhas ici sont d'ailleurs tres differents de ceux de l'Inde, du Myanmar et du Laos. Ils sont gros, bedonnants et rient aux eclats. Alors que les autres sont minces, ascetiques, serieux.

Une bonne partie de la vie se passe sur les trottoirs: on y coupe la viande, on y plume la volaille, on y sert des repas rapides, de la biere en fut, on y parque les mobylettes. On peut se faire coiffer sur la chaine de trottoir, se faire nettoyer les oreilles, epouiller, se faire peindre les ongles d'orteils. Tout cela ne facilite pas la circulation mais donne un cachet a la ville. Dans chaque quartier, il y a des maisons du parti souvent installees dans des anciens temples. Devant, le drapeau rouge avec la faucille et le marteau et le drapeau du pays, des affiches sans doute de propagande, le journal. Aux coins des rues, dans les poteaux de telephones, ily a des haut-parleurs qui diffusent de la musique revolutionnaire et des discours politiques. Le matin de 5 a 6 et le soir de 6 a 7. Parfait pour starter la journee! Dommage qu'on comprenne rien!

Les Francais ont laisse des traces au niveau de l'art culinaire, de la langue aussi. Par exemple je n'ai pas eu trop de difficulte a comprendre que "Ga Lao Cai" voulait dire la gare de Lao Cai. Quand on sait que les Vietnamiens ont tendance a ne pas prononcer les r et que les Francais ont construit le systeme ferroviaire du Vietnam, ce n'est pas trop difficile a saisir. Il suffit de le prononcer a haute voix pour comprendre. Le pain, aussi. Ici on se regale. En Inde et en Thailande le pain n'est pas a notre gout. Il est sucre et plutot molasse. Ici la baguette est ferme et pas sucree du tout. Et de la charcuterie avec cela, alors on se croirait a Paris. Il y a meme des arbres qui ressemblent a des platanes.

Depuis que nous sommes dans le nord du Vietnam, il fait plus frais et il pleut souvent. A Hanoi, on a marche dans la ville et on a aussi visite quelques musees. On a vu le mausolee de Ho Chi Minh. On a trouve ca impressionnant. Il faut faire la file durant des heures (Ed fait dire au moins 2). Il y a des milliers de personnes, des enfants d'ecole en rangs, des touristes japonais en rangs aussi, des delegations des villages qui viennent presenter des couronnes de fleurs, des vieilles madames accompagnees de soldats, probablement des meres d'anciens combattants. Il y a des soldats qui s'assurent que tout le monde est presentable : pas de chapeau, pas de mains dans les poches, pas de chemises sans manches, pas de shorts, pas de photos, pas de conversations... Ho Chi Minh lui-meme ressemble a une statue de cire. Le mausolee est une grosse boite en marbre, d'allure sovietique. D'ailleurs, le Lonely nous a appris que l'oncle Ho passe quelques mois chaque annee a Moscou pour se faire refaire une beaute! On a aussi visite le musee de la guerre (ou des guerres) et le musee Ho Chi Minh. Ca fait drole de voir la version vietnamienne de la guerre (qu'ils appellent la guerre americaine). Depuis 5 ou 6 siecles, le Vietnam a ete regulierement en guerre. Contre les Mongols, les Chinois, les Thailandais, les Birmans, les Francais, les Japonais, les Americains. Et ils ont toujours fini par gagner. Ils peuvent bien etre fiers!

Nous avons fait deux excursions dans les environ de la capitale. Une a la Baie de Halong et une a Sapa, dans les montagnes du nord, pres de la frontiere chinoise. Tres agreables.

La Baie de Halong c'est une promenade en bateau dans des paysages exotiques. On avait l'impression de se promener dans des estampes chinoises ou japonaises. Des iles innombrables -- pas pris la peine de verifier s'il y en avait plus qu'a Si Phan Don. D'immenses rochers qui sortent de l'eau. Au moment ou on y etait c'etait nuageux et brumeux. On n'a pu voir les couchers/levers de soleil qui sont censes etre spectaculaires, mais le brouillard donnait un air quasi mystique a tous ces paysages. Assis sur le pont a defiler lentement sur une mer calme, l'esprit pouvait divaguer, surtout lorsque le silence se faisait sur le bateau. Ca c'est l'Art du voyage a son meilleur, presque du voyage dans l'art! -- Faudrait bien que je vous parle a un moment donne de cet autre livre de Alain de Botton. --

Sapa, assez curieusement nous a laisse la meme impression, surtout la premiere journee. C'est probablement a cause des nuages. Situee a plus de 1 500 m d'altitude, la ville, a notre arrivee, etait dans les nuages, au sens strict. De la pluie aussi. Et une temperature qui ressemblait drolement a celle des belles journees d'automne au Saguenay. Pas chaud, donc. Mais avec un bon chandail et un poncho flambant neuf pour se proteger de la pluie, on a pu explorer cette petite ville de montagnes que les Francais utilisaient pour fuir la chaleur de Hanoi. Mais les deux autres jours heureusement le soleil s'est pointe et on a pu voir les paysages magnifiques. Ici ce qui les rend impressionnants ce n'est pas tant la nature que l'agriculture. Les montagnes sont presque completement terrassees. Des milliards d'heures d'ouvrage depuis des generations. Un vrai paradis pour tous les amateurs de rigoles, vous savez ces hommes, grands et petits, qui s'amusent au printemps -- au Quebec surtout -- a faire des rigoles pour evacuer les eaux laissees par la fonte des neiges. Rien de plus agreable que de jouer dans la slush quand la chaleur du soleil commence a se faire sentir. Ici on a l'impression que les humains passent leur temps a jouer a faire couler l'eau d'une terrasse a l'autre, a s'assurer qu'il y a assez d'eau, qu'il n'y en a pas trop, a faire des barrages, des digues, pour la conserver, des canaux pour eviter qu'elle ne detruise tout le travail deja fait.

Sapa c'est le genie humain grave sur la face de la montagne. On s'est promene a travers ces rizieres pour rejoindre quelques villages des alentours. Tout ce travail est l'oeuvre de ceux que les Francais ont appeles les "montagnards", c'est-a-dire les minorites nationales, comme dit le gouvernement vietnamien, qui habitent ces terres peu propices naturellement a l'agriculture. Mais le sol, le climat, eux le sont. Alors avec tout ce travail d'ingenirie ils ont reussi a transformer ces montagnes en jardins.

Et ca continue. Les ingenieurs, les vrais, sont en train de faire des routes plus facilement carossables -- faut dire qu'apres la pluie c'etait tres difficile de circuler sans s'etaler de tout son long dans la boue: les pentes raides et la terre argileuse font que les plus habiles trekeurs doivent maitriser aussi l'art de la glisse -- un aeroport est sur le point d'etre termine a Lao Cai. Partout des chantiers de construction ici aussi. Ca ne sera pas long que le Vietnam va pouvoir rivaliser avec la Thailande comme destination touristique. Toutes ces beautes vont etre de plus en plus facilement accessibles. Mais je me demande si les "montagnards"ne commenceront pas bientot a en avoir marre de se faire visiter/photographier?

Nous arrivons de Sapa et repartons ce soir pour Ninh Binh, un petite ville tout pres de Hanoi. On devrait y passer quelques jours a visiter les environs. Apparemment on y retrouve un site semblable a la Baie de Halong, mais ou les rochers sont situes au milieu des rizieres. A voir selon tout le monde rencontre, y compris notre fidele Lonely Planet.

A bientot.


2004/04/03

Photos du Laos

On a bien aime notre sejour au Laos. C'est le pays du Mekong et de l'architecture coloniale francaise qu'on a visite avec Huguette et Roger. Du moins c'est ce qui ressort des photos qu'on a prises. Il y a surement beaucoup d'autres facettes qu'on n'a pu faire ressortir. Ce qui fait qu'on a l'impression que nos photos ne lui font pas honneur. Est-ce a cause de la fumee des brulis, le temps couvert assez generalise ou tout simplement qu'on a perdu la "touch"? Qui sait?

On est a Hanoi presentement. C'est une ville qu'on a a peine vue mais qu'on aime beaucoup. On y vivrait facilement, je crois. Pour les photos, ben ca va prendre encore un peu de temps puisqu'on commence a peine a jouer du declencheur.

2004/04/01

Changement de programme

Ce matin on s'est leve, tous les deux, avec les blues. Pas question de continuer le voyage. On ne va pas a Hanoi. On rentre a la maison. On s'ennuie trop de la slush et de la gadoue, doux-doux, pousse l'ananas....

On vous a presque eus hein?!!? En ce beau 1er avril 2004 on est vraiment rendu a Hanoi et on est en train de savourer les beautes de la vieille partie de la ville. Lundi on va probablement s'inscrire dans un petit tour organise pour visiter la Baie de Halong, y faire un peu de kayak de mer, prendre des photos des rochers magnifiques... Du touristage habituel.

2004/03/29

Plaies de hamac

De retour de Si Phan Don a Pakse depuis quelques heures et dans quelques heures nous repartons pour Vientiane. Faut dire qu'on est repose. Nos 4 jours la-bas ont ete des jours de detente.

A Si Phan Don on a vu une trentaine d'iles seulement. On ne peut donc confirmer le chiffre de 4 000. Et on en a visite que 2 : Don Det et Don Khone. [Je n'ai pas mis de lien vers des sites sur ces iles. Je n'ai trouve que des sites de photos de voyage. En tapant ces noms dans un moteur de recherche vous aurez de belles images de ces iles. Et dans quelques jours, Inch Allah, nous publierons les notres.] C'est un endroit magnifique.

Le voyage s'est fait en camion/bus -- je ne sais pas comment les appeler autrement. A un certain moment, on etait 41 dans le pick up, en comptant ceux qui etaient assis sur le toit! Il y avait trois autres touristes, dont 2 jeunes filles blondes habillees en robes de cocktail noires avec des bretelles spaghetti. Elles ont fait fureur! Pis en plus il y avait une poule en liberte. On a bien ri. Finalement, la route etait bonne, pavee tout le long. Ca nous a quand meme pris 3 heures. Le pick up s'arretait dans tous les petits villages, ou les gens venaient vendre toutes sortes de choses a manger, dont des viandes sur des brochettes. Ca ressemblait a du rat ou de l'ecureuil. Il y avait meme des brochettes de bibittes, des gros barbots noirs, environ 20 enfiles un a la suite de l'autre sur une brochette de bambou. Pis des grosses sauterelles, bien roties! Les barbots etaient plus populaires que les sauterelles. Ca a l'air d'une specialite de l'endroit! On n'a pas goute!

Personne ne parlait anglais ni dans le pick up ni dans les villages. On a fini par debarquer quelque part, les gens nous ont fait signe d'entrer dans un bateau, une petite pirogue ou on etait 5 touristes. On s'est rendus jusqu'a un debarcadere. Mais on savait pas trop ou on etait personne. Le lendemain on a appris que c'etait l'ile de Don Det.

C'est une toute petite ile, peut-etre 3 kms de long, 1 de large. Il n'y a pas vraiment de village, mais des maisons de bambou tout le long de l'ile, et des rizieres, des plantations de noix de coco et de kapok. Comme on est a la fin de la saison seche, tout a ete recolte et les champs sont jaunes et bruns. Dommage, les rizieres doivent etre magnifiques quand c'est vert emeraude! Il y a des buffles, des vaches, des cochons et des poules qui grapillent ce qui reste dans les champs. Nous avons loue une petite hutte de bambou. (Qui coute $1 par jour). Avec un matelas et une moustiquaire comme tout ameublement, mais aussi, luxe supreme, une veranda donnant au-dessus du Mekong, Et sur la veranda, 2 hamacs. Nous avons passe 4 jours sur l'ile de Don Det. Dont 3 dans nos hamacs. On a mis nos lectures a jour. Quand il faisait trop chaud, on se levait (lentement) pour aller se baigner dans le Mekong. A Si Phan Don, le Mekong devient tres large et il est entrecoupe de plusieurs petites iles. Le bras qui passait devant notre hutte etait tiede et propre. Une journee, on a nage jusqu'a l'ile en face. On a fait le tour. Ca a ete notre activite de la journee. En plus d'aller se chercher des birlao au resto d'a cote. Malheureusement, comme il n'y a pas d'electricite, les bieres ne sont pas trop froides... Il faut souffrir pour voyager!

On a pris une journee pour marcher autour de notre ile et traverser un vieux pont construit par les Francais qui la relie a l'ile de Don Khone. Il y avait sur ces 2 iles un chemin de fer d'une quinzaine de kilometres qui permettait de transporter des marchandises en evitant des rapides et des chutes sur le Mekong. C'est le seul chemin de fer du Laos. On est alle voir les chutes qui sont au bout de l'ile de Don Khone. Jolies, mais pas aussi spectaculaires qu'apres la saison des pluies. Il y a sur l'ile de Don Khone des vieilles maisons coloniales francaises, mais pas de grosse agglomeration non plus. C'est vraiment la campagne traditionnelle. Un autre siecle. Mais ca va surement changer rapidement. Mon Lonely Planet parlait d'une piste en terre reliant Pakse a Si Phan Don, c'est aujourd'hui goudronne. Il parait qu'il y a des plans pour amener l'electricite prochainement. Les bieres vont etre plus froides, mais il va y avoir pas mal plus de monde!

Mars et avril sont les mois les plus chauds de l'annee ici et il doit faire au moins 40 dans la journee et ca doit descendre a 38 la nuit! Heureusement, le soleil est souvent couvert. On a eu quelques grosses averses tropicales et quelques orages electriques. On sent que la saison des pluies s'en vient. Mais la chaleur et l'humidite sont difficilement supportables. C'est pour ca qu'on n'a pas loue de bicyclettes, on a prefere marcher les 10 kms d'une ile a l'autre. C'est aussi pour ca que le lendemain, on a decide de faire une autre journee de hamac! On aurait pu aller voir une autre chute sur le Mekong, ou prendre un bateau pour voir des dauphins en voie d'extinction, mais l'appel de la veranda (et de la birlao) a ete trop fort!

Nous avons maintenant quitte ce petit paradis. On a repris le bateau puis le pick up vers Pakse. Il est 13h30 et notre autobus pour Vientiane part a 20 heures. C'est suppose prendre une douzaine d'heures. De Vientiane, on va prendre l'avion vers Hanoi. On a hate de voir le Viet Nam.

2004/03/24

Laos, le pays d'une seule biere

L'autre jour je vous ai conte une petite "mentrie". La premiere pub que j'ai vu, en entrant au Laos, n'annoncait pas une compagnie d'assurance. L'assurance c'etait en fait la deuxieme. La premiere c'etait une annonce de biere: la BeerLao. Une belle panthere noire en plein milieu de l'etiquette. Faut dire que la premiere gorgee n'etait pas a la hauteur de l'impression causee par l'affiche. Une petite biere fade, qui ne goute pas grand chose. Elle n'arrive pas a la hauteur des bieres thailandaises comme la Chan et surtout la Singha. Mais cela ne nous a pas empeche d'en prendre quelque'unes. Plus on en prend, plus on la trouve bonne. Et on ne peut s'empecher d'en prendre puisque c'est la seule qui se vend. Il y a bien de la Heineken, mais on est pas pour payer le gros prix pour boire une biere commerciale qui est facilement accessible chez nous. C'est la premiere fois que je visite un pays qui ne produit qu'une seule marque de biere. Ce n'est certainement pas parce que c'est un pays communiste, puisqu'en 77 la Chine produisait plusieurs bonnes bieres. Je ne sais pas pourquoi il en est ainsi. Ni non plus pourquoi il n'y a pas de biere thailandaise, meme si on peut voir les affiches des bars de l'autre cote du Mekong. C'est d'autant plus surprenant que le pays est cense etre de plus en plus ouvert a l'entreprise privee. Hier, avec nos amis Roger et Huguette on est entre dans une boutique visiblement tenue par des Chinois. On y vendait de l'artisanat vietnamien. Les prix etaient en Bahts thailandais. On etait a Savannakhet, une ville laotienne!!! Alors pourquoi une seule biere? Si quelqu'un a une reponse.

Demain nous quittons Pakse pour Si Phan Don, les 4 000 iles sur le Mekong au sud du Laos, tout pres de la frontiere cambodgienne. On va y faire un peu de velo ou de la mobylette, du "island hopping", comme le dit si bien Lonely Planet -- on ne fera tout de meme pas 4 000 sauts -- et peut-etre jeter un coup d'oeil sur le Mekong au cas ou il s'adonnerait a y passer un dauphin ou deux. Lonely Planet pretend qu'il y en a. Va falloir etre prudent pour ne pas se faire arroser par les pluies diluviennes qui ont commece depuis quelques jours. En plus va falloir se mettre de la creme solaire parce qu'il fait chaud. On annonce 104 f pour demain a Pakse. Heureusement on va etre parti plus au sud!

Sabaidi!

2004/03/19

Dernieres photos

Non, elles ne sont pas du Laos, mais les dernieres de notre sejour au Myanmar, a Inle Lake, plus precisement. Il y en a 10 d'ajoutees. Pour voir les photos du Slow Boat, il va falloir patienter encore quelques jours ;0)

Au plaisir.

2004/03/16

Luang Prabang pays du coucher de soleil ''à journée longue''

Nous sommes au Laos depuis quelques jours déjà et nous n'avons pas encore vu le soleil, avec un vrai ciel bleu. Soit qu'il se cache derrière les nuages comme hier, - on a même eu droit à de bonnes averses - soit qu'il nous apparaisse comme une belle boule rouge à travers un rideau blanc. C'est un peu comme il y a quelques années, au mois de mai à Montréal, lorsque les feux de forêts faisaient rage autour de la Baie James, je crois. Sauf qu'ici le feu est provoqué volontairement. Exactement comme au Myanmar: ''slash & burn''. Et dans les villes tout le monde brule les feuilles mortes. Alors c'est carrément irrespirable. Dommage parce que Luang Prabang est une ville très sympathique.

Notre séjour à commencé par une lente descente du Mekong, à partir de la frontière avec la Thailande jusqu'à Luang Prabang. Magnifique. Des tonnes de photos malgré la lumière plutôt laiteuse causée par les brulis - ça leur donne un petit air David Hamilton ;0). Disons que ''slow boat'' n'est pas la principale caractéristique qui aurait dû être retenue pour nommer les petits bateaux qu'on doit prendre. Si vous avez l'intention de faire ce trajet, courrielez-nous. On pourrait vous donner quelques conseils pour vous éviter des emm... inutiles. Je ne vous en dis pas plus puisqu'Hélène se promet d'écrire un ''petit quelque chose'' sur ce grand fleuve.

Trois jours à Luang Prabang. On y a fait des achats d'artisanat des communautés qui habitent la région, particulièrement des Mongs. Ils font de très beaux tissages à partir desquels ils confectionnent toutes sortes de beaux objets. On vous montrera cela en arrivant.

La ville est calme, petite, que 40 000 habitants. Quelques personnes parlent français, comme la propriétaire du Vanvisa Guest House ou nous avons logés très confortablement. Les affiches des bureaux de l'administration et du gouvernement sont en français aussi. Le bureau de poste s'appele ''La Poste du Laos''. Mais les employés de le parlent pas. C'est comme s'ils avaient décidé de ne pas traduire les noms des entreprises publiques, après le départ des Français. La première affiche que j'ai vue au pays était située sur la partie intérieure du toit du premier bateau qu'on a pris: ''La compagnie d'assurances générale du Laos''. Un peu inquiétant quand on met les pieds dans une embarcation qui n'a pas l'air très solide, mais c'est tout de même une affiche en français: rassurant.

Tout près il y a une très belle chute: Khuang Si. - Il se peut que vous la trouviez écrite autrement sur les cartes. - Une belle randonnée dans la jungle comme on en voit dans les films, avec les effets sonores et tout, et tout. Des orchidés qui pendouillent un peu partout. Des lianes avec lesquelles les enfants ont construit ''un Tarzan'' comme on dit chez nous, soit une corde attachée à une branche et à partir de laquelle on peut se balancer à l'eau en criant AAAAAAHHHHHHaaaaaaHHHH. Sauf qu'ici les enfants utilisent de vraies lianes. On se promettait de s'y baigner, tellement il faisait chaud, mais rendu au pied de la cascade on a changé d'idée. Pas aussi ''jeunesse'' qu'on pensait! L'eau y est très froide. Mais les vapeurs qui nous aspergeaient étaient amplement suffisantes pour nous rafraichir.

Depuis hier on est à Vang Vieng, pas très loin de Vientiane, la capitale du pays. Ici c'est encore plus petit que Luang Prabang. Un gros village. Axé sur le tourisme. Et il y en a beaucoup. Que des jeunes, ou à peu près. On a l'impression d'avoir fait grimper la moyenne d'âge depuis notre arrivée. On y vient pour les grottes qu'il y a un peu partout dans la région. Le paysage est assez spectaculaire. Des montagnes tout autour de la vallée. Des formations Kharstiques (je ne suis pas certains si ce mot existe en français; pas eu le temps de faire de recherche sur ce que c'est exactement). D'immenses menhirs qui montent jusq'à près de 2 000 m. Pour le moment on n'a vu que les grottes Chang et on a été bien impressionné. On nous avait dit que ce n'était pas aussi beau que celles qu'il y a en Europe et en Chine, alors on ne s'attendait pas à grand chose. Mais une fois sur place on a été agréablement supris. On pensait à une petit grotte avec un Bouddha ici et là. Mais en fait cela nous a pris une heure a faire le tour du circuit très bien balisé et éclairé, par ailleurs. Faut dire qu'on n'a pas encore vu celles d'Europe et de Chine. Un jour peut-être!

On y vient aussi pour le kayak de rivière. Des descentes assez sportives à la fin de la saison des pluies, mais plutôt pépères en été. Alors on a décidé de tenter le coup demain matin. Le jeune montréalais qu'on a rencontré à l'arrivée hier après-midi avait l'air bien heureux de sa journée.

Le lendemain on va poursuivre la route vers Vientiane et après on aura de grosses décisions à prendre: irons-nous voir les 4 000 iles, juste à la frontière du Cambodge? Nous devons prendre l'avion pour Hanoi le 1er avril à Vientiane. Alors beaucoup de bus en perspective, si on décide de pousser une pointe vers le sud. On réfléchit. A bientôt pour les photos.

2004/03/07

Les consolations de la philosophie

Je viens de terminer la lecture de ce petit bijou. C'est un jeune voyageur, Dave, qui m'a mis sur cette piste, à Inle Lake, au Myanmar. Il lisait The Art of Travel de Alain de Botton. L'auteur y parle de la façon dont les artistes ont ''romanticized'' (je ne trouve pas l'équivalent français) les voyages, me dit-il. Rendu à Bangkok je trouve le livre et l'achète: on ne peut rester insensible a une reflexion sur L'art du voyage, titre de la traduction française chez Mercure de France, quand on est en plein milieu d'un voyage. J'étais juste désolé de ne pas l'avoir lu avant de partir: tout à coup qu'on y apprendrait que les voyages ne valent pas la peine!!! Le libraire qui me l'a vendu m'informe que de Botton a ecrit un autre livre qui a ete un bestseller aussi Les consolations de la philosophie, titre de la traduction fran?aise de. Alors la je ne pouvais résister. J'ai même lu ce dernier en premier. Magnifique.

L'auteur part du point de vue que la philosophie doit servir a nous rendre la vie plus vivable, que tout le reste, la science, le savoir, l'erudition est secondaire pour ne pas dire inutile. De la il glane dans le corpus philosophique traditionnel, les auteurs qui proposent un art de vivre. Un peu comme le fait Comte Sponville, me dit Helene. Mais la je suis en terrain incertain ne l'ayant pas lu. Ce que j'ai surtout apprecie chez de Botton c'est son approche.

L'anecdote est une arme dangeureuse pour un prof. Mais je me suis rendu compte assez rapidement qu'elle est essentielle pedagogiquement. C'est le truc principal de de Botton. Il maitrise admirablement l'art d'introduire les idées principales des auteurs à travers les anecdotes de leur vie concrète. Socrate, Épicure, Sénèque, Montaigne, Shopenhauer, Nietzsche sont mis à contribution à tour de rôle pour nous faire comprendre comment au XXè siècle la philosophie peut être une consolation pour chacun de nous, pour nous aider à surmonter le fait qu'on ne soit pas populaire, qu'on n'ait pas assez d'argent, qu'on soit inadéquat à plusieurs niveaux, y compris sexuellement, qu'on ait peur des difficultés de tout genre.

Un style simple. On sent qu'il se voit comme un émule de Montaigne. Il ne craint aucun sujet, y compris ses propres faiblesses sur le plan sexuel, pour actualiser son propos. Chose intéressante aussi, le livre est illustré d'images tirées de l'iconographie classique, ne craignant pas non plus l'approche disneyenne. (Il a un petit côté Marshall McLuhan. Ces deux livres ont aussi servi à monter des séries télévisées en Angleterre. Un bon vulgarisateur, brèfle. Mais on sent qu'il maîtrise bien ses auteurs.)

Je n'ai pas encore terminé The Art of Travel, mais je peux vous recommander Les consolations. Surtout pour ceux et celles qui auront bientôt à réfléchir sur la façon dont ils/elles s'y prendront pour intier notre belle jeunesse cégépienne ou autre aux subtilités et à la nécessité de la réflexion philosophique.

Seul bémol, aucune référence à celui qui a été le premier, du fond de son cachot, à faire la promotion de la philosophie comme antidote aux vicissitudes de l'existence humaine. Mais j'imagine que ce n'est que pour mieux illustrer que l'érudition en philosophie est vraiment secondaire que de Botton ne mentionne même pas le nom de Boèce.

2004/03/06

Blogues de voyageurs québécois

Il y a un mois environ on a reçu un courriel d'un voyageur qui venait de finir un périple en Asie du Sud-Est, après avoir consulté notre ami Rober Bérubé de Les routes du monde. Par hasard, en faisant une recherche sur Rishikesh, il est tombé sur notre site. Il y a deux semaines on a rencontré deux jeunes Québécois au Myanmar qui arrivaient de la Malaisie et qui se préparaient à passer au Cambodge. On a aussi rencontré un autre Montréalais en périgrination en Asie. Tous ont en commun d'avoir des sites Internet, dont deux qui sont des blogues. Malheureusement on a oublié de prendre en note celui de Jean-François. Son site devrait être intéressant par les discussions qu'on a eues ensemble et aussi dû au fait qu'il est un jeune retraité d'une boite de consultant en informatique. Je vous donne les coordonnées des deux autres.

Piairjooles en cavale - Récit d'un voyage en solitaire en Asie et en Océanie est le blogue de Pière-Jules Tremblay:un beau blogue, bien léché, bien écrit.

The Trip, Exploring curiosity with a full plate, a carafe of ideas and a schedule that is tough to stomach est le récit de voyage de Joel et Dave. Ils ont de magnifiques photos, Joel étant particulièrement perfectionniste sur les photos.

Toujours à Chiang Mai. On se repose un peu et on prépare notre visite au Laos en compagnie de Roger et Huguette, nos amis gaspésiens rencontrés à Koh Chang.

2004/03/02

Préparatifs de la fin de notre voyage

Nous avons à peu près fini nos préparatifs pour la suite et la fin de notre périple en Asie du Sud-est. Notre 3ième séjour à Bangkok a donc été plus marqué par des tâches d'organisation que par des activités de touristes. On voulait s'installer loin de Khao San Road, mais finalement on y est revenu. Pas tellement pour les bars et le ''night life''. Mais on peut tout y régler facilement. Hélène a pu faire réparer un ''plombage'' pendant que je mettais les photos du Myanmar sur le site. Les deux boutiques une à côté de l'autre! On a pu trouver assez facilement un remplacement de clips pour les lunettes de Hélène, un petit pot de Vaseline, du yogourt au thé vert pour manger avec nos Corn Flakes du matin, tout en lisant Libération, acheté à deux pas de notre chambre. En 30 minutes on a fait le tour de 4 ou 5 agences de voyages pour magasiner de billets d'avion pour Bali, pour Manille (oui, une nouvelle possibilité vient de se présenter à nous: on s'en reparle si jamais cela se développait) et pour Montréal. Bref tout ce que le touriste désire dans un qadrilatere de 300 mètres!!

La suite du voyage: on part pour le nord de la Thailande demain soir et dans quelques jours on passe au Laos. Le 1er avril on prend l'avion à Vientiane pour Hanoi. Début mai le Cambodge. Mi-mai à mi-juin Bali. On a fait une croix sur le Japon: ce sera pour une autre fois. On a rencontré des gens qui nous ont donné le goût de faire une virée en Malaisie, aux Philippines, au Népal, en Chine... Tout cela est reporté à plus tard, Inch Allah, comme disent les hotesses de Biman Air en annonçant l'atterrissage.
Visages du Myanmar

Les gens du Myanmar sont particulièrement sympathiques. Notre séjour a donc été très agréable, malgré les difficultés de communication et le niveau de vie assez bas de ce pays. Quelques impressions avant de vous en parler plus longuement, de vive voix peut-être, dans quelques mois.

Si l'Inde nous donnait l'impression de reculer d'une trentaine d'année, le Myanmar nous a fait penser aux annees 20 et 30, du moins l'idée qu'on se fait de ces années, à travers ce que nous en ont dit nos parents et ce que nous avons pu voir comme reconstitution dans les représentations des médias. Les moyens de communications sont très limités par rapport à ce qu'on connait chez nous. Je ne parle pas principalemet du téléphone et de l'Internet qui fonctionnent de façon épisodique. Les routes comme on connait sont pratiquement inexistantes. On a visité des villages ou le seul moyen de s'y rendre c'est à pied. Un autre n'est accessible que par une route de terre battue toute nouvelle. Elle date de l'an dernier et a été construite à bras, à flanc de montagne! Les Palaungs de ce village cultivent à flanc de montagne et leur récolte peut maintenant être menée au village par charette à boeuf, à 16 km de là, alors qu'il y a un an, ils devaient transporter leur denrées à dos d'homme dans des sentiers qui sont un vrai défi pour un randonneur de mon genre. Imaginez la course des portageurs comme parcours habituel, comme mode de vie. Les Palaungs cultivent aujourd'hui du riz de montagne, du thé et des légumes (choux, chou-fleurs, tomates, ail, oignons). Mais il y a deux ou trois ans, ils cultivaient surtout l'opium, dont la culture est aujourd'hui interdite.

Les déplacements dans le pays sont donc toujours assez difficiles. Une seule bonne (?) route: Yangon à Mandalay (200 Km environ) prend environ 16 heures par bus. Le voyage entre Inle Lake et Yangon, notre trajet de retour, sur une route à une seule travée, nous a pris 19 h, pour une distance équivalente!

L'électrification n'est même pas encore terminée. Non seulement les pannes sont fréquentes à Yangon, la capitale et à Mandalay, la deuxième ville en importance, mais des régions entières n'ont pas d'électricité. Cela fait en sorte que les ciels étoilés sont magnifiques pour les touristes, mais la vie quotidienne se passe dans l'obscurité pour la grande majorité des campagnards, après 18h30.

On a rencontré un couple de Myanmariens (je ne sais pas si on peut parler vraiment ainsi) qui ont quitté après la révolution de 1962 qui a porté l'armée au pouvoir, exilé volontairement en Australie depuis, nous ont dit que dans les années 60 les communications étaient plus faciles. Je ne sais pas s'ils ont raison. Mais il y a certainement un retard important à rattraper.

Au moment ou on y était c'était la fin de l'hiver: autour de 15 c la nuit, en ville et 5 c en montagne, alors que le jour le mercure oscillait entre 25 et 35 c. Tout le monde avait leur tuque et leur manteau d'hiver, sauf nous et les quelques autres Canadiens rencontrés. Pour nous c'était la canicule. Autre cause de déroute pour nous, les couleurs. Du brun, des ocres, des jaunes partout. Mais aussi du vert. Les arbres ne perdent pas tous leurs feuilles en hiver. Même les feuillus. Pour ajouter à la confusion beaucoup d'arbres immenses étaient couverts de fleurs magnifiques, sans aucune feuille. Assez spectaculaires ces squelettes fleuris en jaune vif, mauve ou en oranger flamboyant. Partout la terre est rouge comme à l'Ile-du-Prince-Edouard. Et comme les routes sont à peu près toutes en terre battue, la sècheresse de l'hiver fait en sorte que ce battage la transforme en une belle farine rouge qui se disperse au moindre petit dérangement. Alors les autobus, les vélos, même les pas provoquent des nuées rouges-roses. Combinée avec la créosote des feux pour préparer la cuisine (tout le monde utilise le charbon -- pas vu une seule bonbonne de gaz), les feux de feuilles pour débarasser les terrains, le monoxyde de carbone des génératrices qui pétaradent pour pallier aux déficiences du système de distribution de l'électricité, on obtient un mélange tout à fait irrespirable. On pensait qu'en campagne, qu'à la montagne, ce serait mieux. Mais non. Partout on utilise la bonne vieille méthode du feu pour se débarasser des herbes sèches et préparer le sol à recevoir la pluie et les semences. Vu du sommet ou on dormait, lors d'un petit trek de 2 jours, on avait l'impression que toute la campagne brûlait. Tout le monde tousse et crache à s'en arracher les poumons.

Malgré ces difficultés de circuler, de respirer, on a vu des choses et des gens extraordinaires. Quelques personnes qu'on a rencontrées, à part les voyageurs et les touristes de notre genre: le guide Kho Mo de Mandalay, Mr Charles, propriétaire d'un ''Guest House'' de Hsipaw, célèbre dans le Lonly Planet et Mr Chain, guide de trek à Kalaw.

Kho Mo est le chauffeur qui nous a conduit dans 3 des anciennes villes impériales autour de Mandalay. Souriant, dans la trentaine, jeune marié sans enfant (il nous dit que cela coute très cher d'avoir des enfants), il nous a fait faire le ''sight seeing'' de façon très agréable. Il nous a expliqué que si les Occidentaux se faisaient bronzer, au Myanmar on fuyait le soleil: une peau plus pâle est jugée plus belle. Ce serait une des raisons qui explique le curieux maquillage que portent les femmes et les enfants. (Voir les photos.) Il avait déjà fait quelques séjours au monastère, comme cela est obligatoire pour tous les boudhistes du Myanmar. Mais il a décidé que la vie monastique ne lui convenait pas, ayant de la difficulté à ne prendre que 2 repas par jour: une soupe le matin et le dîner vers 11h.

Mr Charles, propriétaire du Guest House le plus fréquenté à Hsipaw (prononcez ''Sipas'', ou encore mieux, à l'ancienne, ''Thibault'') et marcheur quotidien. Un marcheur comme je les aime: lent, régulier, silencieux, sauf aux moments importants ou il peut nous entretenir sur l'histoire moderne du Myanmar, sur l'agriculture locale, sur les problèmes politiques. C'est une des rares personnes avec qui on a pu discuter du travail forcé, de la situation difficile du pays, sur la nécessité d'une plus grande ouverture. C'est une des personnes que Lonely Planet a consulté pour préparer le chapitre de son dernier guide du Myanmar qui porte sur le débat ''doit-on oui ou non visiter le Myanmar?'' Bien sur qu'il défendait le point de vue qu'il faut le visiter, entre autre pour les raisons que cela peut aider à lutter contre le travail forcé. (voir l'entrée de Hélène Merveilleux Myanmar") Il nous a introduit dans quelques villages Shan. On a pu, grâce à lui, discuter avec des villageois, qu'on n'aurait pas pu rencontrer autrement. Par lui on a aussi rencontré une retraitée australienne qui fait du travail bénévole pour enseigner l'anglais aux enfants de Hsipaw. Une femme qui a du bagout et qui nous a donné le goût de l'imiter.

M. Chain est peut-être celui que nous avons le plus connu, ayant passé 2 jours a marcher avec lui. Il nous a organisé une marche qui nous a fait voir la jungle du Myanmar, entendre ses oiseaux, même s'il n'y avait pas de perroquet. Il nous a fait marcher aussi sur des sentiers ombragés, au moment le plus chaud de la journée. Lui aussi nous a introduit chez de ses amis villagois des montagnes autour de Kalaw. Il nous a parlé du travail communautaire, ce que mon père aurait appeler ''faire un bi''. Quand quelqu'un a besoin de beaucoup de maind'oeuvre il invite les autres de la communauté à l'aider à un moment précis. Il leur donne 2 kg de viande. Si l'invité accepte la viande, il se présentera à pour la corvée. Mr Chain appelait cela ''A meat promise'', ''You can't break a meat promise!'' Tandis que si c'était pour de l'argent, la promesse ne tiendrait pas nécessairement. Le jour de la corvée, tout le monde se rend au travail et la tâche est faite le plus rapidement possible. Le propriétaire a dû par contre acheter un autre boeuf, le faire cuire avec des légumes, dans une marmite assez grande pour satisfaire tous les appétits. Chacun apporte son riz. Le midi tout le monde mange aux frais de celui qui a organisé la corvée. Il nous a expliqué aussi que la nouvelle route avait été construite par du travail bénévole, un peu comme pour les corvées de village. Le gouvernement a donné une somme d'argent au chef de village pour acheter des boeufs, les abattre et en donner à tous ceux qui participeraient à la construction de la route. Il semble qu'elle a été construite en un temps record. C'est d'ailleurs de cette manière qu'a procédé Lonely Planet pour faire construire un pont à Inle Lake. Il ont fourni l'argent et les villageois ont fourni du ''voluntary labour''. A prendre en considération quand on parle de travail forcé au Myanmar.

Excusez-moi d'avoir été un peu long, mais ça faisait longtemps qu'on ne s'était parlé et il est fort probable que nos trois prochaines semaines au Laos vont être aussi silencieuses que celle du Myanmar. Pas à cause de la censure, mais à cause du sous-développement. Le Laos est le pays le plus pauvre du Sud-est asiatique.

Nos meilleures photos des visages du Myanmar et de quelques paysages sont accessibles sur le site Yahoo en cliquant ici ou sur le lien dans la colonne de droite.

2004/02/14

Myanmar par dela la censure

Notre séjour à Mandalay, la deuxième plus grande ville du Myanmar. Demain on part pour quelques jours dans le nord-est du pays à Hsipaw. On y est depuis 3 jours, après avoir passé 2 autres jours Yangoon (anciennement Rangoon).

On s'y est bien plu. Beaucoup de choses à dire et peu de temps d'antenne.

Première surprise, au sortir de l'avion à Yangoon, on conduit à droite au Myanmar. Mais il y avait quelque chose qui clochait quand je regardais le chauffeur du taxi qui nous conduisait à l'hotel. Après un long moment j'ai fini par comprendre que même si les véhicules roulent à droite, les conducteurs sont aussi à droite. Cette bizarrerie est advenue lorsque le gouvernement, par opposition à tout ce qui est british, décida du jour au lendemain de virer les choses de bord. Sauf que les véhicules viennent tous de l'Asie, surtout du Japon. Il n`y a donc que quelques véhicules qui ont le volan à la bonne place pour la conduite à la droite. Tout le reste ce sont des véhicules conçus pour rouler à gauche!!! Un peu inquiétant quand le chauffeur d'autobus décide de dépasser sur une petite route large comme une auto.

Les gens sont très gentils, très avenants. Et ce n'est pas toujours pour nous vendre quelques choses. Des personnes nous abordent dans la rue pour s'informer si on a besoin d'aide pour s'orienter. Les enfants sont tout fiers de nous parler anglais, de nous dire Allo! Après ils se mettent à rire et le restant de la conversation se fait dans la langue internationale des gestes.

Les femmes ici se maquillent d'une façon assez particulière. Ils appliquent une crème sur le visage, par plaque de couleur jaune-blanchatre. Elles en mettent sur le front, la gorge. On a eu plusieurs explications, dont la plus curieuses étant que ça protège du soleil. Elles ne veulent pas bronzer, contrairement à nous. On n'a pas compris encore pourquoi les enfants en portent aussi.

Beaucoup de moines bouddhistes au Myanmar. Un guide nous a dit qu'il y en avait environ 600 000, dont la moitié serait à Mandalay! Le matin ils se promènent partout dans le pays pour quêter leur repas du jour dans un gros bol laqué noir qu'ils portent en bandouillère. Leur seul repas doit être pris avant midi. Ils mangent deux fois en fait, mais je ne considère pas qu'un bol de soupe aux petites heures du matin constitue un repas. On a assisté à une drôle de cérémonie monastique. Tout près d'ici il y a un monastère. Tous les matins vers 10h30 environ mille moines font la procession, silencieusement, vers le réfectoire pour manger. Rien de bien surprenant là-dedan. Mais ce qui nous a le plus surpris ce n'est pas tant de voir tant de moines. C'était la quantité phénoménale de touristes qui étaient là pour assister à ce spectacle. La promenade sur les lieux était très agréable, cependant. On a vu les aménagements, les jardins, les maisons, les salles de cours et d'études. Quelques'uns nous ont adressé la parole, histoire d'exercer un peu leur anglais et de satisfaire leur curiosité. La plupart viennent des campagnes environnantes. Le système d'éducation n'est pas très développé et les monastère sont un des principaux lieux de formation pour la popluation. En plus la vie monastique n'est pas nécessairement perpétuelle. On peut quitter très facilement, même y revenir. On dit que la plupart des hommes y passent quelque moments de leur vie. Notre guide y était déjà allé à trois reprises et il n'avait que 34 ans. Ce qui l'a fait quitter définitivement le monastère, c'est la faim. La vie sans souper lui semblait trop difficile.

On croyait qu'en quittant Yangoon, la capitale de 4 000 000 d'habitants et en rejoignant une petite ville comme Mandalay on pourrait respirer un peu moins de pollution. Mais non. Mandalay est la ville la plus polluée qu'on ait vu depuis le début de notre voyage. Il semblerait que c'est en partie à cause de la pression atmosphérique lors de la saison froide qui soit responsable du brouillard qui flotte contineullement sur la ville. En été quand il fait 40 ou 45, ce doit être insupportable. J'ai de la difficulté à respirer. Les yeux nous brulent comme quand on sort dùn parté de fumeur et que les fenêtres sont fermés parce que c'est l'hiver. Ici tous les véhicules automobiles sont vétustes. Pas de norme anti-pollution. Pour pallier aux pannes d'électricité quotidiennes, chaque commerce a sa propre génératrice qui fonctionne à la gazoline. Pour les barbeque qui jonchent tous les troitoirs, ça prend du charbon, du bois. Sans compter les feux de vidange, pour faire bruler les feuilles (c'est la saison des feuilles mortes ici) De la boucanne partout donc. Et en quantité industrielle.

Pour les autres choses qui nous ont frappés, à la prochaine chicane.

2004/02/09

Censure au Myanmar

Nous voici sur le point de quitter Yangon. On prend l'autobus ce soir pour Mandalay, la deuxieme plus grande ville du pays et une ancienne capitale. La capitale actuelle est une ville interessante aussi, mais on va visiter un peu plus au retour. On a quand meme eu le temps de voir Shwedagon Paya, un complexe de temple boudhiste au centre ville. Les temples sont construits autour d'un stupa, une coupole en or qui contient des reliques du Bouddha: 3 ou 4 cheveux. Il y en a des disaines. L'ensemble est tres beau, malgre l'aspect plutot kitsch et le cote Sainte-Anne-de-Beaupre. En arrivant au sommet de l'escalier qui ermet de gravir le mont sur lequel est construit le stupa on est litteralement ebloui. On a du mettre nos lunettes de soleil, tellement le reflet sur les toits en or etait aveuglant.
La chaleur est supportable, meme si sur l'heure du midi, les temples sont vraiment dur a prendre. Pieds nus sur les dalles de marbre est difficile pour la plante des pieds tendres des occidentaux qui n'ont eu que quelques jours a s'endurcir sur les plages de la Thailande.

On a reussi a trouver un cafe Internet, comme vous pouvez voir, mais on a ete surpris quand on a tente d'ouvrir notre courriel. On a obtenu le message suivant:

ACCESS HAS BEEN DENIED

Access to the page:
http://fr.mail.yahoo.com

... has been denied for the following reason:

Banned site: mail.yahoo.com

You are seeing this error because the page you attempted
to access contains, or is labelled as containing, material that
has been deemed inappropriate.


If you have any queries contact your ICT Co-ordinator or Network Manager
.

Pour envoyer un courriel il faut contacter le proprio qui utilise son adresse pour faire parvenir le courriel. On ne peut rien recevoir sur Yahoo, Hotmail et les principaux pourvoyeurs de courriel. Donc pour nous laisser un message, on a pense que vous pourriez nous laisser des commentaires sur le blogue. C'est bien certain que ce sera public. La rumeur veut que la prudence soit de mise dans les commentaires sur la situation politique locale. En plus des reseaux d'espions, Internet est cense etre surveille, meme si je ne vois pas trop comment on pourrait censurer le blogue. On va donc tenter d'envoyer quelques courriels de temps en temps au fur et a mesure qu'on va trouver des cafes internets, mais ca devrait etre plutot episodique.


2004/02/04

Ne vous inquietez pas

Tout va tres bien. On est sur la plage. Il fait beau. Il n'y a plus de poulet qui se consomme en Thailande. On n'en mangeait plus depuis une semaine deja. Ici les gens croient qu'il s'agit d'un complot pour mettre a terre l'industrie touristique asiatique, face a l'Europe qui a la devise la plus forte au monde et qui veut garder "ses" touristes chez-elle. M'enfin, la theorie du complot fonctionne ici aussi.

Il n'y a pas grand monde dans les installations touristiques de Koh Chang, une ile merveilleuse sur la cote est de la Thailande, pas tres loin du Cambodge. On y est venu parce que ce n'etait pas tres loin de Bangkok. On se la coule douce. On parle francais comme jamais depuis notre depart. Les proprios du Coral Resort sont francais. Il y a un restaurant francais, des touristes francais et surtout, on a rencontre un couple de quebecois sur le traversier, Roger et Huguette. Ils commencent leur voyage de trois mois en Thailande. On a chacun notre petit bungalow, on se baingne, on marche, on mange, on se la coule douce ensemble.

Le snorkel est fantastique. J'ai eu mon cadeau de fete, un cours d'initiation a la plongee sous-marine. En fetant mes 50 ans je m'etais dit que pour mes 60 ans, il faudrait que j'essaie cela. C'est fait. Fantastique. L'enervement de la premiere plongee passe, j'ai pu profite de la vue manginifique des bancs de coraux et des poissons tropicaux, sans trop de stress. L'instructeur etait tres competent et tres rassurant. Tout a fonctionne magifiquement. J'ai hate de revenir en Thailande, a la fin de notre boucle autour de l'Indochine, pour regouter a ce plaisir.

Grosse semaine de nouveaute! Apres cette petite session d'Internet, je vais louer ma premiere moto. Je vais profiter de l'expertise de notre ami quebecos pour me faire initier a ce plaisir. Si tout va comme prevu, je vais probablement m'en acheter une en arrivant au Saguenay.

Pour terminer, vous trouverez quelques photos de Bangkok en cliquant sur le lien approprie, ici ou dans la marge de droite.

Au plaisir.

2004/01/20

"On night in Bangkok..."

"Tout' qu'un" choc culturel, comme on dit au Saguenay. Passer de Kolkata a Bangkok c'est variment changer de monde. On avait developpe des reflexes, depuis presque cinq mois. Et la, ils ne fonctionnent plus. Aussi curieux que cela puisse paraitre, on se sent chez nous, en Thailande, meme si c'est un pays qui est bien different du notre. Tout est en ordre. Les automobilistes semblent conduire comme nous meme si c'est a la gauche et non a la droite. La proprete est frappante itou. Du moins a premiere vue. Ca ressemble a une ville occidentale. On se sent chez nous, donc, mais pas au point de se precipiter au kioske de PFK en sortant de l'aeroport. Tout de meme!

Autre choc, le quartier ou on a trouve une chambre. La rue Kao San est une rue pietonniere remplie de touristes de tous les pays du monde. Des bars et des restos, des boutiques de souvenirs, des agences de voyage, tout pour satisfaire le touriste. Les gens se proment en buvant leur biere, comme au carnaval de Quebec, ou comme sur la St-Do aux petites heures. Ca c'est loin de l'Inde! Pendant 2 heures de marche, on n'a vu qu'un seul mendiant! Il y a surement de la pauvrete en Thailande, mais elle n'est pas omnipresente comme en Inde. Propre, propre, partout itou. Une chambre relativement peu chere, a peine un peu plus que ce qu'on payait en Inde, mais un monde de difference.

Au programme, magasiner un appareil photo, parce qu'on a perdu le notre a Kolkata, magasiner aussi un voyage au Myanmar, et se decider pour une ile ou on va se retirer pour quelques jours, faire du snorkel, lire et respirer par le nez. Faire le bilan de notre sejour en Inde aussi. Afficher les dernieres photos prises (malheureusement on n'en a plus de Kolkata, ni de Varanasi). On s'en reparle. A bientot.

Note de la nostalgique.

Je m'ennuie de l'Inde. De ses couleurs, des femmes en saris, du monde, de la cuisine indienne, des marches. Ici, tout est plus cher, plus drabe, plus comme les coins touristiques de chez nous. On entend de la musique disco partout. 90% des gens qu'on croise sont des touristes occidentaux. Peut-etre a cause du quartier (Kao San) ou on a loue notre chambre, peut-etre que c'est la fatigue... Mais j'apprecie quand meme la proprete, le fait qu'il n'y ait personne qui mendie en nous tirant par le bras, ou qui nous aborde pis nous lache pas pour nous vendre quelque chose. On va profiter des avantages de ce quartier ci entre autres de la proximite des agences de voyage, puis aller voir l'hotel que Antoine nous a conseille, peut-etre dans un coin plus authentiquement thailandais. On a vu des billets pour le Myanmar. Il faut qu'on commence a planifier plus clairement la 2eme moitie de notre voyage. Comme il y a plusieurs parties a faire en avion, il faut qu'on organise ca a l'avance. Ca me fait penser que la fin s'en vient. Peut-etre que c'est ca qui me rend nostalgique...

2004/01/19

"...And our love become a funeral pyre..."

Quelques jours a Varanassi, sur le bord du Gange. Beaucoup d'heures de train pour s'y rendre, mais cela valait vraiment la peine. En planifiant notre voyage, l'ete passe, on avait pense qu'il serait normal de finir notre sejour en Inde sur les bords de ce fleuve sacre, vu qu'on le commencait par ses sources a Haridwar et Rishikesh. On bouclait la boucle en quelque sorte. On n'avait pas prevu qu'on serait un peu fatigue de visiter des lieux saints. Mais on est bien content d'y etre alle parce qu'on a vu une ville indienne differente de tout ce qu'on avait vu a date.

On s'est installé dans la vielle ville, à l'hotel Alka. Les rues y sont interdites aux véhicules automobiles. Il a donc fallu se rendre à l'hotel à pied. On n'aurait jamais pu le trouver sans l'aide d'un guide. Des rues très étroites: deux personnes qui se rencontrent doivent faire attention pour ne pas se frapper! Un véritable labyrinthe, en plus. Le premier soir, vers 19h on décide de se rendre au café internet. Il devait être à trois minutes. On en a pris 30. Perdu dans les dédales de ruelles, ou le betail, dont d'immenses taureaux, circulent et font tout ce que du bétail peut faire. On n'était pas très à l'aise. Surtout quand on est arrivé face à face avec un taureau et qu'on a du lui demander gentiment de se tasser parce qu'il n'y a pas de place pour passer. Hélène nous a négocie cela en grand. Les gens sont gentils et prêts à dépanner les visiteurs égarés. On a l'impression qu'ils ont l'habitude. Ce qui fait qu'on a réussi à se rendre et à revenir sains et saufs. Les pieds crottés, gelés, mais heureux d'avoir une petite idée de ce que devait être la vie au moyen âge.

Premierement il faisait froid, humide, gris et brumeux presque toute la duree de notre sejour. Notre hotel etait situe sur les bords du Gange au Meerghat avec une vue superbe sur tout ce qui se passe sur le bord de l'eau. Sauf qu'on voyait a peine le Gange pour une grande partie de la journee. Le soleil percait un peu la brume sur l'heure du diner. Heureusement qu'on avait une chambre bien propre, fraichement peinte avec un kit de toilette flambant neuf, une chaufferette electrique et de l'eau chaude a volonte. Notre guide nous dit qu'il vient environ 60 000 personnes par jour sur les ghats au bord du Gange pour s'y baigner, faire ses prieres, son lavage. Meme s'il faisait tres froid, des centaines de personnes y faisaient leur toilette, plongeaient de tout leur long sous l'eau, apres avoir chasse les immondices en surface d'un geste rapide des deux mains. Brrrr, dans les deux sens du mot!

C'est une ville sainte ou on vient pour prier, mais aussi pour mourir, de facon a pouvoir facilement faire disperser ses cendres dans la riviere ce qui assure qu'on ne sera pas reincarne. Et c'est la deuxieme raison pour laquelle Varanasi est fascinante: les buchers funeraires. Je crois qu'il y en a plusieurs, un peu partout, le long des ghats. Nous on est alles voir ceux qui sont a quelques minutes de notre hotel. Tres impressionnant.

Les feux brulent 24 heures sur 24. Il y avait 6 buchers, rendus a differentes etapes du processus de cremation. Ce qui fait qu'on peut observer, en quelques minutes, tout le rituel. En arrivant, un ''guide'' nous rappelle qu'il s'agit d'un lieu sacre, et non d'un site touristique. Il nous demande de respecter la douleur de ceux qui sont eprouves par un deces, de ne pas trainer autour des feux, mais plutot de se rendre sur un promontoire a l'arriere d'ou on pourra tout observer et avoir des explications. On s'y rend donc et on observe.

Il y a beaucoup de bruit, beaucoup d'activite. Du betail, un peu partout a travers les cordes de bois. Des dizaines de personnes, des intouchables, qui s'affairent a preparer les buchers, a entretenir les feux, replacer les morceaux de cadavres qui n'ont pas brule comme il faut. On en voit un qui, a l'aide d'un long baton, repousse dans le feu une jambe, toujours rattachee a la hanche, qui etait tombee en dehors du bucher. Certains passent au tamis un immense tas de cendre sur le bord de l'eau. Ils ramassent l'or, l'argent qui aurait fondu des doigts, dents ou poignets des cadavres. Ils me font penser aux chercheurs d'or qui font tourner de la terre dans une assiette avec un peu d'eau, a la recherche de pepites. Les guides nous disent que tout ce qui est trouve est verse aux quelques foyers qui accueillent les mourants indigents qui n'ont pas les moyens de se payer une cremation et qui attendent dans les hospices/mouroirs, tout pres des buchers. D'ailleurs, l'endroit d'ou on observe est justement la veranda d'un de ces mouroirs. Il y a quelques personnes couchees, directement sur le sol, cachees sous des couvertures.(On commence a sentir qu'il ne sera pas long avant qu'on soit a notre tour sollicite pour soutenir cette oeuvre.)

Il y a aussi les parents de le personne decedee. On approche d'abord le cadavre sur le bord de la riviere et chaque membre de la famille verse de l'eau sacree sur le visage du defunt. Le cadavre est enveloppe d'un linceuil, quelquefois de tissus somptueux, selon la caste et le niveau de vie de chacun. Le visage est decouvert. Des qu'il y a un espace de libre dans le secteur reserve a la caste a laquelle appartenait le defunt, un nouveau bucher est fabrique. On y pose le cadavre qui est ensuite recouvert de buches. On y depose aussi ce qui me semblait de l'encens, des huiles. Une personne, le fils habituellement, je crois, fait le tour du bucher cinq fois avec des fagots allumes, symbolisant les cinq elements. (On se demande toujours quel est le 5eme element). Ensuite il met le feu au bucher. Il est alors remplace par les preposes qui s'assurent que le feu est bien pris. La famille est a cote, observe, recueillie. Pendant que les cadavres brulent, la vie continue autour des buchers. Les chiens se promenent, des buffles, attaches autour s'approchent pour se rechauffer, des intouchables qui viennent de prendre leur bain dans le Gange se font secher aupres du feu et font secher leurs bobettes. Le processus dure environ 3 heures. Le bois pour la combustion est vendu au kilo. Une grosse balance a plateaux permet de peser les buches avant de mettre le feu. Ce qui n'est pas brule est jete dans le Gange avec les cendres. Les cadavres des femmes enceintes et des lepreux (peut-etre des bebes aussi) sont jetes directement dans le Gange sans cremation. On a vu un bateau partir avec un cadavre et le jeter dans le Gange.

Apres 15 minutes on s'est retire pour aller prendre une marche. On a beau ne pas etre touche directement par la mort de ces personnes, on a beau se dire qu'apres la mort, le cadavre, ce ''je ne sais quoi qui n'a de nom en aucune langue'', comme disait Bossuet, n'est justement pas vraiment une personne, on ne peut faire autrement qu'etre ému par une telle scene.

C'est bête, mais la ''toune'' des Doors (Light my fire) me trotte dans la tête depuis. J'ai toujours trouvé que c'était un des plus beaux vers de la poésie pop des années 70. Maintenant quand elle me vient à l'esprit, j'ai un petit pincement que je n'avais pas avant.

2004/01/08

Oh Kolkota

Encore une fois une grande ville indienne, gigantesque, polluee et qui devait etre abominable nous a seduits. Depuis qu'on est en Inde, les seules personnes qui nous parlaient en bien de Kolkata etaient les quelques habitants ou ex-habitants qu'on a rencontre et Lonely Planet! Tout le reste etait negatif. On s'attendait donc a de la misere partout, a des meres Theresas et des gisants a tous les coins de rue, mais ce n'est pas le cas. La "Cite de la joie" n'est pas vraiment cauchemardesque, malgre le fait que ce soit une megalopole trepidante du tiers-monde.

Le jour de notre arrivee on n'a pas vu grand chose tout emus que nous etions du nouveau record personnel qu'on venait d'etablir: 29 heures de train. Faut dire que cette fois on avait prevu le coup et on etait en classe AC avec couchette. Confortable! Donc pas trop poque, mais tout de meme pas pret a passe a l'attaque du touristage.

Mais aujourd'hui on a marche et pris le pouls de quelques quartiers autour de notre hotel. Du monde il y en a a Kolkata. Des transports en commun de tout genre, du metro ultra moderne aux rick-shaws tires par des hommes qui courent, souvent nu pieds. Des buildings, des taxis jaunes donne un petit air de New York, mais ce n'est pas a la hauteur de Bombay, cependant. On a l'impression aussi que c'est ici que le sens du mot decrepit prend justement son origine. Le crepi qui recouvre la majorite des edifices en ciment est souvent en lambeaux. Les couleurs de edifices sont delavees et certains sont carrement en ruine. On a pris quelques photos aujourd'hui d'arbres qui poussaient sur les corniches de betons, dans des tuyaux de renvoi d'eau au septieme ou huitieme etage. On a l'impression de jardins sauvages suspendus. Un peu a l'abandon, mettons. Mais on ne peut s'empecher, malgre toute la pauvrete et ce laisser-aller, de trouver cette ville attirante. Ca fait du bien de revenir dans le traffic. On en reparlera surement.

Ca fait du bien aussi de retrouver un peu le frais. En Inde il y a une vague de froid actuellement. Avant hier, on disait a la tele qu'il y avait eu 230 mort dans le nord a cause du froid. Nous, dans le sud, on ne s'en est pas vraiment rendu compte. Il a bien plu a quelques reprises, mais la temperature etait relativement chaude, entre 25 et 30 c. Ici dans la nuit d'hier le mercure a baisse, comme on dit au canal meteo jusqu'a 11 c. Dans le jour il fait environ 20, avec du beau soleil. On trouve que c'est ideal, mais pour tout le monde ici c'est tres froid. Les gens ont de grosses tuques, des chales, des foulards, des couvertes pour se proteger du froid. Et les milliers d'itinerants qui dorment sur les trottoirs ont vraiment la vie difficile. Prendre sa douche, sur la chaine de trottoire, le matin a 14 ou 15 c, a l'eau fraichement tiree de la pombe a bras, comme on en avait dans nos maisons au debut du siecle dernier, ca n'a pas l'air d'etre agreable du tout. Nous on a eu de la misere a prendre la notre parce que le "Geyser" de l'hotel etait "busted" et on trouvait l'eau vraiment froide. Pour apprecier il aurait fallu etre des scouts en camping d'hiver.

Nos plans pour les prochains jours: Visiter la ville d'ici le 11 pour ensuite faire notre derniere excursion de train en Inde, vers Varanasi. On est un peu fatigue des villes saintes, mais on se botte les fesses pour voir celle-ci. On ne pouvait quitter l'Inde sans voir cette ville ou des milliers de personnes se rendent pour mourir. De retour a Kolkota le 15. Nous quitterons definitivement l'Inde le 20 pour Bangkok et la deuxieme partie de notre voyage en Asie.

Deux petites notes de la co-voyageuse.

D'abord a propos du train. J'irais pas jusqu'a dire confortable... On est en 3eme classe Air Conditionne, c'est vrai. Mais il fait quand meme chaud. On est a 6 dans un compartiment pour 6. C'est pas pire! Le jour, on s'entasse sur les banquettes, la nuit, le dossier se releve et il y a 2 lits a trois etages. Edouard et moi, on avait les couchettes du milieu. C'est grand comme des tombeaux, et tout aussi sombre et sans air. Il faut apprecier la promiscuite! Dans notre compartiment, il y avait un aveugle ou semi avec son infirmier. Je pense qu'il venait de se faire operer les yeux. Et a toutes les heures, l'infirmier lui enlevait ses grosses lunettes noires, essuyait les secretions et lui mettait des gouttes dans les yeux. J'essayais de regarder ailleurs! Et tous les autres du compartiment aussi. L'aveugle avait un petit probleme de digestion dont il a parle (malheureusement en tamoul et le seul mot que j'ai compris, c'est gaz). Ca puait vraiment. Pis comme il etait aveugle, tout le monde pouvait faire la grimace! Il a pete toute la nuit. L'infirmier ronflait de meme qu'un gros monsieur sympathique qui vend de la coutellerie en acier inoxydable dans les Wallmarts du Canada et des USA. Sans parler d'un autre monsieur charmant et extremement sympathique! Heureusement, en Inde, personne pue des pieds : tout le monde est pied nus ou en sandales. Donc, pas le GROS confort.

Deuxieme remarque de la chialeuse : notre chambre d'hotel. On prend d'habitude les hotels "budget" pas chers. La, on en a un dans un quartier populaire de Calcutta, juste a cote du "New Bazar". On paie 350 roupies par nuit (12$ canadiens environ). Mais vous devriez voir la quantite de coquerelles! Meme en Afrique, j'ai jamais vu ca!De toutes les grosseurs, partout, meme dans le telephone (qui d'ailleurs n'est pas connecte) et meme sur le lit. Pis j'ai dormi pareil! Ca c'est une voyageuse! Edouard rigole et fredonne "La Cucaracha" en les pourchassant pour les ecrabouiller avec ses babouches; mais il est bien content de toutes les epaisseurs de draps, serviettes, doties, sarongs, que j'ai mis sur le lit, et je vous assure que tous nos sacs sont toujours tres bien fermes!

2004/01/01

Bonne annee

On a passe le temps des fetes au Kerala et au Tamil Nadu. Noel a Thiruvananthapuram et le jour de l'an a Pondicherry (En fait Pondicherry n'est pas au Tamil Nadu. C'est presqu'un Etat independant, mais ca c'est une histoire trop longue pour aujourd'hui.)

On avait d'abord cru passer Noel a Kanyakumari a l'extremite sud de l'Inde, mais finalement on s'est contente d'une excursion d'un jour pour voir comment les trois mers fusionnent. (En effet la Mer Arabique, l'Ocean Indien et le Golf du Bengale s'y rejoignent. On voit d'ailleurs assez facilement les trois couleurs differentes du haut des differents monuments qui sont situes sur la plage.) On a finalement passe Noel dans la capitale du Kerala. On a bien apprecie sa bibliotheque et sa vie trepidante, mais cela ne nous a pas empeche d'y dormir tres bien. Tellement qu'on a rate la messe de minuit, n'ayant pu nous reveiller de notre petit roupillon pre-reveillon.

La route pour aller de Thiruvananthapuram a Pondicherry est assez spectaculaire. Toutes la cotes du Kerala est comme un immense jardin coince entre les zones urbaines. Tout est vert, meme en ville. Les hommes doivent se battre pour limiter le foisonnement tropical. Tout y pousse et rapidement. Alors que du cote du Tamil Nadu c'est plus aride, un plateau presqu'au niveau de la mer, qui avait de temps en temps des allures de Rajasthan. Le vent y est surement assez fort parce qu'on a du voir au moins 1 000 eoliennes le long de la route et elle tournaient toutes, contrairement a celles qu'on a vu au Quebec qui ne semblaient jamais fonctionner. Ce qui est spectaculaire au Tamil Nadu ce sont les montagnes qui ressortent de temps en temps, un peu comme des "crans", ou comme les buttes de la Monteregie. Quelques'unes denudees, de roc lisse, comme si elles avaient ete sculptees par des mains geantes. Heureusement qu'on n'est pas porte sur l'esoterisme parce qu'on aurait pense que c'etait l'oeuvre des extra-terrestres.

De Thiruvananthapuram on s'est rendu visiter deux villes de temples tres importantes dans le Tamil Nadu: Madurai et Trichy (aujourd'hui Tirichirappalli). Plusieurs autres a visiter aussi. Et de la on s'est rendu a Pondicherry.

C'est une belle ville, influencee par le colonialisme francais. C'est evident dans le developpement meme de la ville, de l'architecture. Les rues ont encore des noms francais. Partout on acceuille l'etranger autant par un "Bonjour" que par un "Hi". Des restaurant francais itou. Du moins qui ont des menus de restaurant francais. On s'en promettait pour le repas de la veille du Jour de l'An. Un peu decevant cependant. On n'a pu trouver le restaurant qui est suppose etre le meilleur et qui sert de la bouillabaise et de la terrine de lapin. Et la ou on a mange, les sauces n'etaient pas a la hauteur, meme si c'etait relativement bon. Mais pas de vrai vin francais, non plus. Ce qui fait qu'on n'a meme pas goute au Camembert qui etait au menu, de peur d'etre vraiment frustre. On a du se rabattre sur le pot de Nutella achete dans un magasin d'alliments naturels tout pret de l'ashram de Sri Aurobindo. On l'a etendu sur des petits beurres de la boulangerie francaise, qui eux n'etaient pas mauvais du tout.

Dejeuner au Indian Coffee House par ce Jour de l'An gris et pluvieux. Histoire de voir ce qu'avait l'air ce lieu ou Yan Martel a recu l'inspiration pour La vie de Pi. Plein de monde. On y a bien mange, mais je ne crois pas que l'auteur a pu entendre le recit de la vie de Pi a cet endroit. On ne peut y rester plus de 20 minutes, tellement le roulement est rapide. Il y a meme une affiche qui invite les clients a quitter des qu'ils ont fini de manger pour laisser la place a ceux et celles qui attendent. Tout a l'heure on va aller faire un tour au jardin botanique, la ou etait le zoo, domicile du tigre de Pi. Comme vous pouvez le voir, on a bien ete impressionne par ce livre. On a pris une photo qu'on va certainement mettre dans l'album des que possible.

Nota Bene de Helene. A propos du temple de Madurai. C'est un enorme complexe, avec plusieurs temples differents, sur une tres grande surface entouree de murs et fermee a chaque point cardinal, par des portes situees sous une grande tour. Il y a plusieurs enceintes concentriques. Entre chacune, il y a des magasins, des musees, il y avait un jardin avec un immense lotus d'or, il y avait des elephants. Un des batiments s'appelle le hall aux mille piliers. Il y avait vraiment l'air d'y en avoir mille! Il y a beaucoup de visiteurs: 10 000 par jour pretend-on. C'est comme un immense capharnaum. Ca sent la pisse, le vomi, la fleur de jasmin, l'encens, les bonbons au lait qui s'offrent aux differents dieux. Tout le monde est pieds nus. Il y a des pelerins habilles en noir, certains ont la tete rasee et recouverte de cendre jaune ou blanchatre. Dans la penombre, on dirait des fantomes. Les brahmines (la plus haute caste) ont generalement la bedaine a l'air et bien redondante, les sadhous ont l'air de ne pas s'etre laves depuis qu'ils sont venus a pied de Varanasi, c'est plein de mendiants, lepreux, malades, eclopes, qui montrent leurs membres atrophies ... Les non hindous ne sont pas admis dans le temple principal, mais un des autels secondaires nous a vraiment intrigues. Il y avait les idoles habituelles, des sculptures de peut-etre 15 pieds de hauteur, de couleur pastel.
Mais on pouvait difficilement distinguer qui etait represente : Krishna, Ganesh ... Parce que les sculptures etaient recouvertes de genres de petites boules de pate. Blanches et grosses comme des guimauves lancees par les fideles. Pour quelques roupies, on pouvait acheter 2 ou 3 boulettes, qu'on pitchait ensuite sur les idoles. Edouard voulait en acheter, mais j'ai pas voulu. J'ai eu peur qu'il y ait un protocole special a respecter (peut-etre des endroits a eviter!) et qu'on commette un impair! Je voudrais pas qu'on aille en enfer! Vraiment, un des temples les plus impressionnants qu'on ait visites. Alexandra David Neel en parle aussi dans son livre. Mais je ne me souviens pas ce qu'elle en dit...

2003/12/27

L'apôtre Thomas au Kerala

Il semble qu'il y aurait un peu de vrai dans cette idée que l'Inde a été evangelisée par l'apôtre Thomas. Il semblerait qu'il y ait aussi de la légende. Du moins si je me fie au Lonely Planet qui en parle! ainsi qu'à une documentation un peu plus sérieuse. On a trouvé à la bibliothèque nationale du Kerala une étude anthropologique des diverses communautés en Inde. Il y en a je ne sais trop combien de milliers qui ont été étudiées. Celles du Kerala remplissent trois tomes du XXIVeme volume de la collection! Dans le chapître sur les religions j'ai trouvé quelques pages qui racontent cette histoire. Elle commence avec le roi Salomon.

Plusieurs années avant notre ère, les bateaux du roi Salomon auraient fréquenté les côtes du Kerala pour le commerce des épices. (En fait, il faut savoir que les épices de l'Inde c'est d'abord le Kerala! C'est d'ici qu'elles partent toutes. Depuis l'antiquité.) Ses marins, en bons marins qui ont une épouse dans chaque port, y auraient fondé une communauté. En arrivant en 52 de notre ère, Thomas (l'apotre) aurait trouvé dans cette communauté des oreilles attentives. Ce seraient les premiers chrétiens en Inde. On les nommaient les NAZARÉENS, ceux qui croient à Jesus de Nazareth. Remarquez le conditionnel. Aucune référence n'affirme hors de tout doute que ceci est réellement arrivé. Il y a des raisons sérieuses de le penser, mais pas vraiment de documentation historique solide. Si c'est vrai, l'église d'Inde serait encore plus ancienne que l'église de Rome...

Le reste serait plus certainement de l'ordre de la légende. Elle dit que Thomas aurait fondé sept églises et demie (sic, sic, je peux vous donner la référence, si vous voulez) avant d'etre assassiné d'un coup de lance par un Brahmine à Madras. Mes sources ne disent pas cependant si c'est la raison pour laquelle une église n'a été fondée qu'à moitié.

Ce que j'ai trouvé intéressant c'est comment les historiens expliquent l'origine possible de cette légende. Il faut savoir, pour la comprendre, qu'au IVe siècle, un autre Thomas est venu au Kerala avec une communauté de chrétiens. Il est venu de Syrie pour echapper à la persecution. Ils étaient environ 400 à suivre Thomas le Cannanéen. Il s'agit ici d'un fait historique documenté et non d'une légende. Les premiers nazaréens se seraient regroupés autour de ces chrétiens qui vont être en fait le début de la communauté de chrétiens syriens au Kerala, encore active. J'ai même vu une Banque Chrétienne Syrienne! Ceux-ci ont donc pris la direction de toute la communaute chretienne du Kerala, imposé leur rite, leur langue. La communauté se serait par la suite divisée en deux, de castes différentes. (Autre sujet de méprise: les chrétiens n'ont pas abolis les castes en Inde, même à l'intérieur de leur propres rangs.) Cinq ou six cents ans plus tard, les chrétiens du nord du Kerala ont prospéré et ont voulu créer des liens avec ceux du sud, moins riches. Ceux-ci refusent ces mariages pour des raisons de distinction de castes: ils sont peut-etre moins riches, mais se considerent plus nobles. De caste superieure, plus blancs. La communauté du nord aurait alors inventé cette idée qu'elle était plus authentique que celle du sud parce qu'issue directement du missionariat de l'apôtre Thomas. Ma gang est peut-être moins noble, mais plus proches du Christ que la tienne, gnan-gnan. Du moins c'est l'hypothese qui expliquerait l'origine de la légende selon mes références anthropologiques. (Elles exitent vraiment, ceci n'est pas une forme de Jean Dionisme.)

C'est pour cette raison que l'évêque de cette communauté, lors de la visite du Pape en Inde, il y a quelques années, a pu lui dire: ''Le successeur de Saint Thomas reçoit celui de Saint Pierre.''

L'autre grand moment dans l'histoire de l'evangelisation de l'Inde a lieu au XVe et XVIe siecle avec l'arrivee des Portugais sur la cote est. Ils apportent avec eux le catholicisme romain et tout ce qui vient avec, dont l'Inquisition. Les chretiens locaux se soumettent volontairement des l'arrivee des Portugais, mais vite ils se rendent compte que leur religion n'est pas tout a fait la meme que celle des europeens. Les Portugais imposent le rite latin, forcant l'abandon des langues locales dans les offices religieux. Ils menent la lutte contre toutes les heresies, brulent tel qu'il se doit, les Nestoriens et les autres. Seule une minorite y echappent, les Chaldeens, qui existent toujours.

Chacune des traditions religieuses chretiennes se developpe a travers toutes sortes de querelles intestines et externes. Ce qui fait qu'aujourd'hui il y a 11 000 000 de chretiens au Kerala seulement. La grande majorité sont des chrétiens syriens. Il y a des Chaldéens, des Nestoriens, des Cannanites, des Orthodoxes, sans compter les protestants de toutes les obediences.


Une note sur la communauté juive qui daterait de l'époque de Salomon. La semaine passée j'ai lu un article intéressant qui confirmait que les juifs qui vivent ici, à Cochin surtout, sont effectivement des descendants authentiques des juifs de cette époque. Ce serait prouvé génétiquement. Un généticien a entrepris une vaste enquête sur toutes les populations juives du monde pour vérifier la lignée génétique. Il a surtout testé les prêtres/rabbins. Ces recherches montraient que plus de la moitié des rabbins actuels ont une ascendance génétique commune. Il va même jusqu'à émettre le souhait que l'ançêtre commun soit Aaron lui-même, mais ça ce n'est pas prouvé. Le même généticien a poursuivi son enquête auprès de la communauté des Ben Israeli. Il en irait de même pour cette communauté indienne. Elle serait vraiment judaique. Heureusement pour eux parce qu'il semble que la pluspart d'entre eux, ceux qui sont ''retournés'' (après plus de 2 000 ans, je ne sais pas si on peut encore parler de retour) en Israel depuis quelques années, subissaient de la discrimination: on doutait de leur judaité!

2003/12/24

Green Christmas

Joyeux Noël à tout le monde.

Et tel que prévu, pas le moindre petit flocon de neige sur le Kerala. Pas entendu une seule fois Bing en train de "cooner" le "Noël Blanc" non plus. On a vraiment l'impression que ce n'est que le Noël des campeurs.

Raté la messe de minuit d'hier soir! Zut! Mais on a quand même eu le temps, hier, entre deux sessions de magasinage de Noël (achats de cachous, de pistaches, de Ferrero Rocher, de jujubes au coeur tendre, vu qu'on ne pouvait pas trouver de tourtière et de paté à la viande; cependant on a laissé passer tous les plums puddings de l`étal) de faire un tour à la bibliothèque nationale du Kerala pour notre petite recherche sur l'authenticité de la visite ici de l'apôtre Thomas en 52 de notre ère. Même si elle était fermée au public, un responsable a été assez gentil pour nous faire visiter les lieux et nous ouvrir la salle des livres de réferences qui étaient climatisée en plus. On a donc pu passer trois belles heures a lire au frais. On a trouvé des choses intéressantes, mais le mystère n'est pas tout a fait élucidé.

On en reparle bientôt. Pour le moment on va plutôt se concentrer sur les photos de Goa.

Me revoici quelques minutes plus tard. L'album de photos de Goa est terminé. On y voit toutes sortes de belles choses. ;0)

Je viens d'essayer, pour la première fois, la fonction diaporama des albums photos. C'est un peu longuet à partir. Vous êtes pas mal patients. Est-ce que vous utilisez cette fonction ou bien est-ce que vous les regardez une à la fois?

2003/12/18

Dote d'un tout'i Dhoti* doux, tid-ou dodelinait du ....

J'attends des suggestions pour completer ce "tongue twister".


* Dhoti: vetement masculin, un morceau de tissu de 2 ou 4 metres, noue autour de la taille. La chemise tombe par dessus. Pour marcher ou faire du velo ou quoi que ce soit qui necessite un large mouvement des jambes, la partie inferieure est repliee pardessus la chemise et nouee lachement autour des hanches. La jambe est alors liberee a la hauteur du genou. On dirait qu'ils portent la mini-jupe! A ne pas confondre avec le dhoti du nord, genre couche, comme en porte Gandhi sur les photos. Dans le sud cela ressemble plus a ce que certains d'entre nous portons en sortant de la douche. Presque 2 hommes sur 3 le portent: hommes d'affaires, conducteurs d'auto-rickshaw, ecoliers... En marchant ils le tiennent souvent de la main gauche pour faciltier le mouvement. Le geste, du point de vue occidental a vraiment l'air feminin.

N.B. de Helene : Edouard est vraiment magnifique la-dedans! J'essaie de vous envoyer une photo... Je lui ai promis Rs 50 pour qu'il porte son dhoti pour aller au bar, mais rien a faire! Je pense qu'il n'est pas sur de sa technique de nouage!

N.B.2 Je me demande si les gens portent le dhoti comme les Ecossais le kilt : bobetteless... Je poursuis mon enquete.

2003/12/15

Photos de Mumbai

Quelques photos, avec un peu de retard ;) On avait tellement de photos qu'on a eu de la difficulte a choisir. Il y en a quelques'unes du temple d'Elephanta, une ile situee a quelques kms au large de Bombay, mais on a pas reussi a en avoir des belles de la plus belle sculpture de ce temple. Un magnifique Shiva a trois tetes. Dommage! A bientot pour Goa et le reste!

Nous avons eu la chance de "chatter" avec certains d'entre vous. On ouvre toujours MSN Messenger quand on va sur Internet. Le hasard fera peut-etre qu'on pourra s'y rencontrer.
"Back Waters"

Apres Mysore, qui n'est pas sur la cote, nous sommes revenus tout pres des fruits de mer a une charmante petite ville qui s'appelle Calicut ou Kozhikode, au Kerala. De la nous sommes descendus, en train proletarien jusqu'a Kochi (Cochin). Un voyage pas trop long mais assez eprouvant. Ce train populaire etait de moins bonne qualite que le precedent. Les banquettes en bois!!! Heureusement que ce n'etait pas du bois dur ;0). Les banquettes faites pour 10 personnes en contenaient en fait 17, dont 3 jouquees sur le porte bagages. A cela il faut ajouter les 4 ou 5 ou 6 debout dans le passage, selon les moments de la journee. Donc un peu tasses! En arrivant on ne pouvait pas passer avec nos gros sacs. On se voyait pris pour faire la "run" (6 heures) debout!!! Mais heureusement que derriere cette facade d'indifference qui caracterise tout le monde qui semble ne penser qu'a leur propre place dans le train, il y a tout une etiquette. Des qu'il y a eu 2 places de libres, on est venu nous chercher pour nous les donner, meme s'il y avait plusieurs personnes qui auraient pu les occuper avant qu'on ne puisse s'y rendre. C'est surement du a mon grand age, ma barbe grise et au fait que nous sommes des touristes. Un monsieur avec un petit dans les bras obtient assez facilement une place. Un vieux monsieur qui partage sa petite place avec un plus vieux que lui. Donc les gens sont tres sympathiques en donnant l'impression d'etre plutot indifferents a tout ce qui se passe autour d'eux. On etait tout de meme content de debarquer a Kochi. Faut dire que le Kerala est beaucoup plus chaud que Mysore, pis qu'il faisait chaud dans le train! Il y avait dans ce train un wagon exclusivement reserve aux femmes. Ce qui fait qu'on est generalement entoure d'hommes et de quelques couples seulement.

Kochi nous a fait penser a Arundhati Roy et son God of Small Things On a voulu voir de plus pres l'environnement rural qu'elle decrit a Kottayam. On ne s'est pas rendu a cet endroit precis, mais on a passe une journee merveilleuse a circuler dans les backwaters. Un petit voyage organise tres sympathique, de 8 heures. L'avant-midi passe a descendre tranquillement les canaux et rivieres dans un bateau qui servait jadis a transporter le riz. On a pu voir les lieux bien sur, mais aussi les pecheurs de coques, les ramasseurs de sable au fond de la riviere. Des oiseaux itou. En apres-midi on a visite, en pirogue, une ferme ou l'on cultive des epices, des cocotiers, du caoutchouc. On a pu gouter a toute sortes de choses exotiques, le tamarin, du turmeric, des feuilles de cari, du poivre noir fraichement cueilli, du latex (ca ne goute pas grand chose en fait) et plusieurs herbes medicinales qui devraient nous garder forts, virils et fertiles pour les prochains mois ;). On a pu observer aussi comment on traite le latex, comment on fait de la corde a partir de la fibre de la noix de coco.

Une journee tres instructive. On a discute longuement avec un des guides qui travaille pour l'organisation touristique, originaire du village ou on etait. Il etait tres politise et avec un sens de l'humour tres agreable. Une prochaine entree du journal portera sans doute sur ces questions politiques.

La moitie des touristes avec nous etaient des indiens: de Bangalore, de Bombay, du Maharashtra. Et un Anglais d'origine indienne (Gujarat). Il y a donc une classe moyenne en Inde. Ils nous ont donne toutes sortes de conseil sur la suite de notre voyage. On va en profiter.

Kochi est une ville entouree d'eau. On a passe nos 4 jours a circuler dans des traversiers pour aller d'un bord a l'autre. J'ai fait un peu de peche "a la chinoise". En fait il s'agit d'un immense filet attache a un systeme de contre-poids qui permet de le lever et baisser dans l'eau a volonte. Il faut quand meme 5 ou 6 hommes pour faire la manoeuvre. J'ai tire une fois sur un des cables qui permet de sortir le filet de l'eau. Ca m'a coute Rs 100, mais j'ai eu droit a 6 petits poissons que le restaurant voisin nous a fait cuire sur le gril pour Rs 35. La biere etait un peu chere, mais faut dire qu'elle etait clandestine et qu'il fallait la boire dans une tasse de cafe. Ca valait bien quelques roupies de plus. (Le Kerala n'est pas un Etat ou l'alcool coule aussi facilement que le Goa ou le Karnataka. Devant tous les magasins de la SAQ locale, un ecriteau nous avertit que "alcohol consumption is dangerous to your health".)

Les missionaires, catholiques et protestants, ont laisse toutes sortes de traces a Kochi. On a visite le petit musee indo-portugais tres sympathique qui contenait des objets du culte catholique. A la fois semblables et differents de ce que nous connaissons. Les statues de la Vierge la representent debout sur un croissant de lune.

Il y a a Kochi un quartier appele "Jewtown". On y trouve le marche d'epices et une synagogue. La communaute juive serait presente ici depuis la conquete de Jerusalem. Des recherches sur leur musique montrerait une filiation directe avec la musique babylonienne! La synagogue n'etait pas ouverte parce que c'etait le jour du Sabbat. Ce qui a donne lieu a une scene assez cocasse. La communaute juive de Fort Cochin, un quartier de la ville, est reduite a une vingtaine de personnes, selon Lonely Planet, les autres ayant emigre en Israel. Ils sont tous ages. Comme on passait devant la synagogue ils sortaient de l'office hebdomadaire. La chicane etait pognee entre deux jeunes touristes israeliens qui voulaient absolument entrer. Disant que c'etait la premiere fois qu'ils se faisaient refuser l'acces a une synagogue le jour du Sabbat. Le vieux Juif ne voulait absoluement pas se faire donner des lecons de purete judaique par ces jeunes blancs becs. "Shalom Shabbath to you too. But if you wanted to do Shabbath, you should have comme to pray earlier. If you want to visit, wait until tomorrow. Don't try to show us how to run our Synagogue." Ce qu'il y a de plus fantastique dans tout cela, comme le faisait remarquer Helene, c'est que cette engeulade a lieu en anglais et pas en Hebreux. Les Israeliens parlent hebreux, mais les Juifs de Kochi parlent le malayalam et l'anglais!

Salaam Aleikum


2003/12/10

Le singe nu, luxuriance et Ritz la vie

Mysore est une ville tres interessante. On y a passe 4 jours tres agreablement. On se l'est coule douce au Ritz, oui ma chere! Mais en fait, ce Ritz-ci est plus humble que ceux des autres grandes villes europeenes et americaines. Quatre chambres seulement. Mais charmantes, avec des lits a baldaquin (en fait ce sont des supports pour moustiquaires)! Ce qui fait surtout la reputation de ce petit hotel c'est son restaurant. On en a profite itou. Tous nos beaux maigrissages accumules durement en sejournant dans de nombreuses villes saintes, fondent comme neige au soleil.

Il y a aussi le palais du Maharajah de Mysore : un magnifique palais de style Indo-saracenique (voir le blogue de Helene a ce sujet). Mais celui-ci a la particularite d'avoir ete concu par un architecte anglais, au debut du XXe siecle. On l'a visite avec l'aide d'un guide musulman tres rigolo. Je commencais a penser que ca n'existait peut-etre pas des musulmans rigolos, avec tout ce que l'on entend ces temps-ci, mais lui nous a fait bien rire. Ses commentaires etaient tres instructifs aussi. Il a beaucoup insiste sur une serie de murales qui illustrent la celebre procession/parade annuelle ou le Maharajah met le paquet. La derniere de ces parades a attires 5 millions de personnes a Mysore juste pour voir cela. Certaines de ces murales sont magiques. Les personnages centraux vous suivent du regard quand vous vous deplacez devant le tableau. La tete, les pieds, et meme le tronc dans certains cas, changent de position avec le deplacement de l'observateur. Comme la Joconde! Sauf qu'ici ce ne sont pas que les yeux qui bougent. Selon l'interprete cela est cause par une technique particuliere dont le principal secret repose dans le caractere naturel de la pigmentation utilisee pour fabriquer les couleurs. Quelqu'un connait-il quelque chose a ce sujet? Vraiment mysterieux, a mes yeux! Le dimanche soir, nous sommes retournes au palais qui, de 6h30 a 8 heures est illumine par des centaines de milliers d'ampoules electriques. Un vrai gateau de noces! Que nous etions aussi plusieurs milliers de personnes a admirer et a photographier.

Il y a aussi un temple sur Chamundi Hill, comme sur la plupart des collines dans un environnement urbain en Inde. Environ 1 000 metres d'altitude. On y est monte en autobus se reservant les 1 000 marches de l'escaliers pour la descente. On y a une merveilleuse vue de la ville. Un peu d'exercice nous a fait un grand bien. Pas trop souffert le lendemain, beaucoup moins qu'apres la descente de la Valle des Fleurs en tous cas!

Suivant les conseils de Yanick on est alle faire un petit tour au zoo. Le dimanche, pour pouvoir voir les Mysoriens en sortie de famille. On n'attendait pas grand chose du zoo, nous qui connaissons les "Sentiers de la nature" de St-Felicien. Mais on a ete agreablement surpris. Les ainimaux n'avaient pas l'air trop deprimes, sauf peut-etre quelques ours un peu mal leches. Il y a des arbres en quantite industrielle. Un arbre parapluie d'environ 150 ans est immense et n'a rien a envier, en terme de tour de taille, a nos "BC Firs". On a aussi vu des specimens de la faune indienne qu'on n'a pu rencontrer dans nos quelques visites de parcs nationaux, dont l'elephant, le tigre et quelques autres dont je ne me rappelle pas le nom.

Mais ce qui nous a le plus impressionne ce fut la rencontre du singe nu. Pas celui de Desmond Morris. Non. Un vrai singe, un chimpanze, en fait. Il nous a captive pendant plusieurs minutes. Assis au loin dans son enclos sous un arbre, on a cru, au debut, qu'il s'agissait d'un humain. Les bras replies. La main sur la tete. Il faisait penser au penseur de Rodin. Y pas plus humain que cela. Avec les jumelles on a pu se rendre compte qu'il s'agissait bien d'un chimpanze, mais atteint d'alopecie, probablement. Sa musculature etait tres visible et la similitude etait frappante. On a vraiment 98% du notre bagage genetique en commun avec les singes se disait-on. Tranquillement il s'est deplace vers un endroit ensoleille et la c'etait evidemment un singe. Il marchait en s'appuyant sur ses mains. Mais sans poil il ressemblait plus a une creature sortie directement de l'imagination de Spielberg ou de Lucas.

On s'est aussi senti un peu comme dans un zoo, nous-memes. On croyait aller observer les Indiens observant les animaux, mais en fait on avait plus l'impression d'etre observes qu'observateurs. A part les animaux exotiques comme le Canada Goose, il n'y avait que nous d'etrangers. Tout le monde nous regardait, nous souriait. Les plus braves nous demandaient d'ou on venait. Les petits enfants s'exercaient a nous parler en anglais. Arroseurs-arroses! Ben bon pour nous autres.

2003/12/05

On the road again

Nous voici rendus a Mysore au Karnataka. On a quitté Goa, la plage et la cote pour se rendre a cette ville de grandeur moyenne (750 000 habitants). Ce que nous avons vu a date ne nous a pas deçus.

Mais avant un mot sur le train qui nous mené a Mangalore, notre étape intermédiare avant Mysore. On a pris le train, de jour et en classe économique. Pas de sièges réservés, pas d'AC comme on dit ici, uniquement une variation sur la climatisation de type 4/60 (comme dirait Louise), mais au lieu de 4 fenêtres ouvertes, il y en avait 20 et au lieu de 60 milles/h, on devait rouler à 45km. Avec arrêt à toutes les gares le long du parcours. Les compartiments sont conçus pour 6 personnes. On voulait voir ce à quoi cela ressemblait. On a vu et on ne regrette pas du tout notre expérience.

Première raison c'est que c'est très économique: Rs 118 pour 2 personnes pour un voyage de 430 km, c'est pas cher même si on calcule 30 Rs au dollar.

Deuxième raison on s'est amusé follement en le prennant. On savait que les wagons sans réservation, c'est plutôt bordelique à l'embarquement, pour l'avoir déjà observé à Delhi. C'est la pagaille la plus totale! Tout le monde se rue pour obtenir des places, parce qu'on vend plus de billet qu'il n'y a de siège disponibles!!! C'est donc la loi de la jungle: au plus fort les bancs! On s'est donc divisé les tâches. Je prends les 2 gros sacs, et j'entre comme je peux, quand je peux. Hélène prend le sac de jour et sa sacoche pour filer en brigade légère d'avant-garde pour nous réserver deux bonnes places le plus près possible du système de climatisation. Voilà le plan de match comme on dit au Centre Molson. Ce qui est le plus fantastique, c'es que cela a fonctionné "numero uno".

Mais avant l'abordage, il a fallut attendre. Le train devait entrer en gare a 14h15 pour partir à 14h20. Tout le monde était concentré aux deux extrémités du quai, là où il y a des abris pour se protéger du soleil. Entre les deux, le centre du quai est au gros soleil. Personne à cet endroit. Astucieux comme pas un, vers 14h14, je propose un mouvement tactique vers la partie du quai ensoleillée. Ce n'est pas grave quelques minutes au soleil. Mais en fait le train est arrivé 30 minutes en retard! Il a fallu que je mette mon Tille, je regrettais que mon kobber ne soit pas disponible: il faisait encore plus chaud que sur la plage à 12h. Il a tout de même fini par arriver. Et là j'ai assisté à une chose merveilleuse. Hélène, sacs au dos et en bandouillère s'approche du train en mouvement, espérant que la porte arrêtera directement devant elle. Mais hélas elle passe tout droit. Surprise Helene se met à marcher plus rapidement, suivant la porte, accélère, accroche la barre du train en pleine course et hop elle saute à bord. Hélène "jumpeuse de train". Jamais je n'aurais cru voir une chose pareille. Mais je l'ai vu. Magnifique. On a eu de très bonnes places, même si j'ai bougonné un peu sur le fait qu'on allait rouler de reculon plutôt que de l'avant. Dans notre compartiment une famille avec deux jeunes enfants. (Un peu excités, mais c'est tout de même normal. Ce qui m'a surtout impressionné c'est la patience des parents. Les enfants sont encore plus roi ici que chez-nous.)

Dernière raison: les rencontres. La vie est beaucoup plus trépidante que dans les wagons de 1ère et 2ième classe. Il y a des mendiants qui embarquent lors des arrêts. Des vendeurs de toutes sortes de choses nécessaires pour voyager en train. A quelques gares du départ beaucoup de monde embarque. Le train est déjà bondé. Il faut alors voyager debout et tassé. Des touristes étrangers qui s'en vont à Gokarna, une autre plage au Karnataka. Des petites madames espagnoles en shorts courtes, en gilets bedaine et bretelles spaghetti attirent les regards. Je me demande pourquoi elles voyagent habillées ainsi. Quatre ou cinq arrêts avant notre arrivée un grand krishna blond en sarong safran, la tete rasée sauf pour la petite queue de cheval règlementaire, nous aborde pour nous vendre des livres sur la religion hindoue!!! On finit par apprendre qu'il est Russe! Tout de même fantastique non, un Krishna russe pusher de littérature spirituelle en Inde. C'est comme si un Africain venait sonner à votre porte pour vous expliquer la religion chrétienne. Plus agréable cependant, un Goanais nous aborde, prétextant qu'il veut jeter un coup d'oeil sur notre Lonely Planet. Puis finalement on passe une heure et demie agréablement à parler avec lui. il nous fait toutes sortes de suggestions pour la suite de notre voyage. On discute politique aussi. C'est une monsieur articulé qui parle quelques mots de français, le portugais et l'anglais évidemment. Il a un peu de difficulté à comprendre mon anglais, mais nous on le comprend assez facilement. Il voyage avec un jeune étudiant, le fils de l'un des ses amis. Il possède et loue des chalets sur la plage de Palolem. Si vous y allez, dites-le nous, on vous donnera son nom...

Mangalore est une ville très agréable aussi. On n`y a passé qu'une journée mais on a bien aimé. Mysore aussi. On a décidé de garder notre chambre pour les 5 prochains jours. On en parlera mieux un peu plus tard...

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