2004/03/16

Luang Prabang pays du coucher de soleil ''à journée longue''

Nous sommes au Laos depuis quelques jours déjà et nous n'avons pas encore vu le soleil, avec un vrai ciel bleu. Soit qu'il se cache derrière les nuages comme hier, - on a même eu droit à de bonnes averses - soit qu'il nous apparaisse comme une belle boule rouge à travers un rideau blanc. C'est un peu comme il y a quelques années, au mois de mai à Montréal, lorsque les feux de forêts faisaient rage autour de la Baie James, je crois. Sauf qu'ici le feu est provoqué volontairement. Exactement comme au Myanmar: ''slash & burn''. Et dans les villes tout le monde brule les feuilles mortes. Alors c'est carrément irrespirable. Dommage parce que Luang Prabang est une ville très sympathique.

Notre séjour à commencé par une lente descente du Mekong, à partir de la frontière avec la Thailande jusqu'à Luang Prabang. Magnifique. Des tonnes de photos malgré la lumière plutôt laiteuse causée par les brulis - ça leur donne un petit air David Hamilton ;0). Disons que ''slow boat'' n'est pas la principale caractéristique qui aurait dû être retenue pour nommer les petits bateaux qu'on doit prendre. Si vous avez l'intention de faire ce trajet, courrielez-nous. On pourrait vous donner quelques conseils pour vous éviter des emm... inutiles. Je ne vous en dis pas plus puisqu'Hélène se promet d'écrire un ''petit quelque chose'' sur ce grand fleuve.

Trois jours à Luang Prabang. On y a fait des achats d'artisanat des communautés qui habitent la région, particulièrement des Mongs. Ils font de très beaux tissages à partir desquels ils confectionnent toutes sortes de beaux objets. On vous montrera cela en arrivant.

La ville est calme, petite, que 40 000 habitants. Quelques personnes parlent français, comme la propriétaire du Vanvisa Guest House ou nous avons logés très confortablement. Les affiches des bureaux de l'administration et du gouvernement sont en français aussi. Le bureau de poste s'appele ''La Poste du Laos''. Mais les employés de le parlent pas. C'est comme s'ils avaient décidé de ne pas traduire les noms des entreprises publiques, après le départ des Français. La première affiche que j'ai vue au pays était située sur la partie intérieure du toit du premier bateau qu'on a pris: ''La compagnie d'assurances générale du Laos''. Un peu inquiétant quand on met les pieds dans une embarcation qui n'a pas l'air très solide, mais c'est tout de même une affiche en français: rassurant.

Tout près il y a une très belle chute: Khuang Si. - Il se peut que vous la trouviez écrite autrement sur les cartes. - Une belle randonnée dans la jungle comme on en voit dans les films, avec les effets sonores et tout, et tout. Des orchidés qui pendouillent un peu partout. Des lianes avec lesquelles les enfants ont construit ''un Tarzan'' comme on dit chez nous, soit une corde attachée à une branche et à partir de laquelle on peut se balancer à l'eau en criant AAAAAAHHHHHHaaaaaaHHHH. Sauf qu'ici les enfants utilisent de vraies lianes. On se promettait de s'y baigner, tellement il faisait chaud, mais rendu au pied de la cascade on a changé d'idée. Pas aussi ''jeunesse'' qu'on pensait! L'eau y est très froide. Mais les vapeurs qui nous aspergeaient étaient amplement suffisantes pour nous rafraichir.

Depuis hier on est à Vang Vieng, pas très loin de Vientiane, la capitale du pays. Ici c'est encore plus petit que Luang Prabang. Un gros village. Axé sur le tourisme. Et il y en a beaucoup. Que des jeunes, ou à peu près. On a l'impression d'avoir fait grimper la moyenne d'âge depuis notre arrivée. On y vient pour les grottes qu'il y a un peu partout dans la région. Le paysage est assez spectaculaire. Des montagnes tout autour de la vallée. Des formations Kharstiques (je ne suis pas certains si ce mot existe en français; pas eu le temps de faire de recherche sur ce que c'est exactement). D'immenses menhirs qui montent jusq'à près de 2 000 m. Pour le moment on n'a vu que les grottes Chang et on a été bien impressionné. On nous avait dit que ce n'était pas aussi beau que celles qu'il y a en Europe et en Chine, alors on ne s'attendait pas à grand chose. Mais une fois sur place on a été agréablement supris. On pensait à une petit grotte avec un Bouddha ici et là. Mais en fait cela nous a pris une heure a faire le tour du circuit très bien balisé et éclairé, par ailleurs. Faut dire qu'on n'a pas encore vu celles d'Europe et de Chine. Un jour peut-être!

On y vient aussi pour le kayak de rivière. Des descentes assez sportives à la fin de la saison des pluies, mais plutôt pépères en été. Alors on a décidé de tenter le coup demain matin. Le jeune montréalais qu'on a rencontré à l'arrivée hier après-midi avait l'air bien heureux de sa journée.

Le lendemain on va poursuivre la route vers Vientiane et après on aura de grosses décisions à prendre: irons-nous voir les 4 000 iles, juste à la frontière du Cambodge? Nous devons prendre l'avion pour Hanoi le 1er avril à Vientiane. Alors beaucoup de bus en perspective, si on décide de pousser une pointe vers le sud. On réfléchit. A bientôt pour les photos.

2004/03/07

Les consolations de la philosophie

Je viens de terminer la lecture de ce petit bijou. C'est un jeune voyageur, Dave, qui m'a mis sur cette piste, à Inle Lake, au Myanmar. Il lisait The Art of Travel de Alain de Botton. L'auteur y parle de la façon dont les artistes ont ''romanticized'' (je ne trouve pas l'équivalent français) les voyages, me dit-il. Rendu à Bangkok je trouve le livre et l'achète: on ne peut rester insensible a une reflexion sur L'art du voyage, titre de la traduction française chez Mercure de France, quand on est en plein milieu d'un voyage. J'étais juste désolé de ne pas l'avoir lu avant de partir: tout à coup qu'on y apprendrait que les voyages ne valent pas la peine!!! Le libraire qui me l'a vendu m'informe que de Botton a ecrit un autre livre qui a ete un bestseller aussi Les consolations de la philosophie, titre de la traduction fran?aise de. Alors la je ne pouvais résister. J'ai même lu ce dernier en premier. Magnifique.

L'auteur part du point de vue que la philosophie doit servir a nous rendre la vie plus vivable, que tout le reste, la science, le savoir, l'erudition est secondaire pour ne pas dire inutile. De la il glane dans le corpus philosophique traditionnel, les auteurs qui proposent un art de vivre. Un peu comme le fait Comte Sponville, me dit Helene. Mais la je suis en terrain incertain ne l'ayant pas lu. Ce que j'ai surtout apprecie chez de Botton c'est son approche.

L'anecdote est une arme dangeureuse pour un prof. Mais je me suis rendu compte assez rapidement qu'elle est essentielle pedagogiquement. C'est le truc principal de de Botton. Il maitrise admirablement l'art d'introduire les idées principales des auteurs à travers les anecdotes de leur vie concrète. Socrate, Épicure, Sénèque, Montaigne, Shopenhauer, Nietzsche sont mis à contribution à tour de rôle pour nous faire comprendre comment au XXè siècle la philosophie peut être une consolation pour chacun de nous, pour nous aider à surmonter le fait qu'on ne soit pas populaire, qu'on n'ait pas assez d'argent, qu'on soit inadéquat à plusieurs niveaux, y compris sexuellement, qu'on ait peur des difficultés de tout genre.

Un style simple. On sent qu'il se voit comme un émule de Montaigne. Il ne craint aucun sujet, y compris ses propres faiblesses sur le plan sexuel, pour actualiser son propos. Chose intéressante aussi, le livre est illustré d'images tirées de l'iconographie classique, ne craignant pas non plus l'approche disneyenne. (Il a un petit côté Marshall McLuhan. Ces deux livres ont aussi servi à monter des séries télévisées en Angleterre. Un bon vulgarisateur, brèfle. Mais on sent qu'il maîtrise bien ses auteurs.)

Je n'ai pas encore terminé The Art of Travel, mais je peux vous recommander Les consolations. Surtout pour ceux et celles qui auront bientôt à réfléchir sur la façon dont ils/elles s'y prendront pour intier notre belle jeunesse cégépienne ou autre aux subtilités et à la nécessité de la réflexion philosophique.

Seul bémol, aucune référence à celui qui a été le premier, du fond de son cachot, à faire la promotion de la philosophie comme antidote aux vicissitudes de l'existence humaine. Mais j'imagine que ce n'est que pour mieux illustrer que l'érudition en philosophie est vraiment secondaire que de Botton ne mentionne même pas le nom de Boèce.

2004/03/06

Blogues de voyageurs québécois

Il y a un mois environ on a reçu un courriel d'un voyageur qui venait de finir un périple en Asie du Sud-Est, après avoir consulté notre ami Rober Bérubé de Les routes du monde. Par hasard, en faisant une recherche sur Rishikesh, il est tombé sur notre site. Il y a deux semaines on a rencontré deux jeunes Québécois au Myanmar qui arrivaient de la Malaisie et qui se préparaient à passer au Cambodge. On a aussi rencontré un autre Montréalais en périgrination en Asie. Tous ont en commun d'avoir des sites Internet, dont deux qui sont des blogues. Malheureusement on a oublié de prendre en note celui de Jean-François. Son site devrait être intéressant par les discussions qu'on a eues ensemble et aussi dû au fait qu'il est un jeune retraité d'une boite de consultant en informatique. Je vous donne les coordonnées des deux autres.

Piairjooles en cavale - Récit d'un voyage en solitaire en Asie et en Océanie est le blogue de Pière-Jules Tremblay:un beau blogue, bien léché, bien écrit.

The Trip, Exploring curiosity with a full plate, a carafe of ideas and a schedule that is tough to stomach est le récit de voyage de Joel et Dave. Ils ont de magnifiques photos, Joel étant particulièrement perfectionniste sur les photos.

Toujours à Chiang Mai. On se repose un peu et on prépare notre visite au Laos en compagnie de Roger et Huguette, nos amis gaspésiens rencontrés à Koh Chang.

2004/03/02

Préparatifs de la fin de notre voyage

Nous avons à peu près fini nos préparatifs pour la suite et la fin de notre périple en Asie du Sud-est. Notre 3ième séjour à Bangkok a donc été plus marqué par des tâches d'organisation que par des activités de touristes. On voulait s'installer loin de Khao San Road, mais finalement on y est revenu. Pas tellement pour les bars et le ''night life''. Mais on peut tout y régler facilement. Hélène a pu faire réparer un ''plombage'' pendant que je mettais les photos du Myanmar sur le site. Les deux boutiques une à côté de l'autre! On a pu trouver assez facilement un remplacement de clips pour les lunettes de Hélène, un petit pot de Vaseline, du yogourt au thé vert pour manger avec nos Corn Flakes du matin, tout en lisant Libération, acheté à deux pas de notre chambre. En 30 minutes on a fait le tour de 4 ou 5 agences de voyages pour magasiner de billets d'avion pour Bali, pour Manille (oui, une nouvelle possibilité vient de se présenter à nous: on s'en reparle si jamais cela se développait) et pour Montréal. Bref tout ce que le touriste désire dans un qadrilatere de 300 mètres!!

La suite du voyage: on part pour le nord de la Thailande demain soir et dans quelques jours on passe au Laos. Le 1er avril on prend l'avion à Vientiane pour Hanoi. Début mai le Cambodge. Mi-mai à mi-juin Bali. On a fait une croix sur le Japon: ce sera pour une autre fois. On a rencontré des gens qui nous ont donné le goût de faire une virée en Malaisie, aux Philippines, au Népal, en Chine... Tout cela est reporté à plus tard, Inch Allah, comme disent les hotesses de Biman Air en annonçant l'atterrissage.
Visages du Myanmar

Les gens du Myanmar sont particulièrement sympathiques. Notre séjour a donc été très agréable, malgré les difficultés de communication et le niveau de vie assez bas de ce pays. Quelques impressions avant de vous en parler plus longuement, de vive voix peut-être, dans quelques mois.

Si l'Inde nous donnait l'impression de reculer d'une trentaine d'année, le Myanmar nous a fait penser aux annees 20 et 30, du moins l'idée qu'on se fait de ces années, à travers ce que nous en ont dit nos parents et ce que nous avons pu voir comme reconstitution dans les représentations des médias. Les moyens de communications sont très limités par rapport à ce qu'on connait chez nous. Je ne parle pas principalemet du téléphone et de l'Internet qui fonctionnent de façon épisodique. Les routes comme on connait sont pratiquement inexistantes. On a visité des villages ou le seul moyen de s'y rendre c'est à pied. Un autre n'est accessible que par une route de terre battue toute nouvelle. Elle date de l'an dernier et a été construite à bras, à flanc de montagne! Les Palaungs de ce village cultivent à flanc de montagne et leur récolte peut maintenant être menée au village par charette à boeuf, à 16 km de là, alors qu'il y a un an, ils devaient transporter leur denrées à dos d'homme dans des sentiers qui sont un vrai défi pour un randonneur de mon genre. Imaginez la course des portageurs comme parcours habituel, comme mode de vie. Les Palaungs cultivent aujourd'hui du riz de montagne, du thé et des légumes (choux, chou-fleurs, tomates, ail, oignons). Mais il y a deux ou trois ans, ils cultivaient surtout l'opium, dont la culture est aujourd'hui interdite.

Les déplacements dans le pays sont donc toujours assez difficiles. Une seule bonne (?) route: Yangon à Mandalay (200 Km environ) prend environ 16 heures par bus. Le voyage entre Inle Lake et Yangon, notre trajet de retour, sur une route à une seule travée, nous a pris 19 h, pour une distance équivalente!

L'électrification n'est même pas encore terminée. Non seulement les pannes sont fréquentes à Yangon, la capitale et à Mandalay, la deuxième ville en importance, mais des régions entières n'ont pas d'électricité. Cela fait en sorte que les ciels étoilés sont magnifiques pour les touristes, mais la vie quotidienne se passe dans l'obscurité pour la grande majorité des campagnards, après 18h30.

On a rencontré un couple de Myanmariens (je ne sais pas si on peut parler vraiment ainsi) qui ont quitté après la révolution de 1962 qui a porté l'armée au pouvoir, exilé volontairement en Australie depuis, nous ont dit que dans les années 60 les communications étaient plus faciles. Je ne sais pas s'ils ont raison. Mais il y a certainement un retard important à rattraper.

Au moment ou on y était c'était la fin de l'hiver: autour de 15 c la nuit, en ville et 5 c en montagne, alors que le jour le mercure oscillait entre 25 et 35 c. Tout le monde avait leur tuque et leur manteau d'hiver, sauf nous et les quelques autres Canadiens rencontrés. Pour nous c'était la canicule. Autre cause de déroute pour nous, les couleurs. Du brun, des ocres, des jaunes partout. Mais aussi du vert. Les arbres ne perdent pas tous leurs feuilles en hiver. Même les feuillus. Pour ajouter à la confusion beaucoup d'arbres immenses étaient couverts de fleurs magnifiques, sans aucune feuille. Assez spectaculaires ces squelettes fleuris en jaune vif, mauve ou en oranger flamboyant. Partout la terre est rouge comme à l'Ile-du-Prince-Edouard. Et comme les routes sont à peu près toutes en terre battue, la sècheresse de l'hiver fait en sorte que ce battage la transforme en une belle farine rouge qui se disperse au moindre petit dérangement. Alors les autobus, les vélos, même les pas provoquent des nuées rouges-roses. Combinée avec la créosote des feux pour préparer la cuisine (tout le monde utilise le charbon -- pas vu une seule bonbonne de gaz), les feux de feuilles pour débarasser les terrains, le monoxyde de carbone des génératrices qui pétaradent pour pallier aux déficiences du système de distribution de l'électricité, on obtient un mélange tout à fait irrespirable. On pensait qu'en campagne, qu'à la montagne, ce serait mieux. Mais non. Partout on utilise la bonne vieille méthode du feu pour se débarasser des herbes sèches et préparer le sol à recevoir la pluie et les semences. Vu du sommet ou on dormait, lors d'un petit trek de 2 jours, on avait l'impression que toute la campagne brûlait. Tout le monde tousse et crache à s'en arracher les poumons.

Malgré ces difficultés de circuler, de respirer, on a vu des choses et des gens extraordinaires. Quelques personnes qu'on a rencontrées, à part les voyageurs et les touristes de notre genre: le guide Kho Mo de Mandalay, Mr Charles, propriétaire d'un ''Guest House'' de Hsipaw, célèbre dans le Lonly Planet et Mr Chain, guide de trek à Kalaw.

Kho Mo est le chauffeur qui nous a conduit dans 3 des anciennes villes impériales autour de Mandalay. Souriant, dans la trentaine, jeune marié sans enfant (il nous dit que cela coute très cher d'avoir des enfants), il nous a fait faire le ''sight seeing'' de façon très agréable. Il nous a expliqué que si les Occidentaux se faisaient bronzer, au Myanmar on fuyait le soleil: une peau plus pâle est jugée plus belle. Ce serait une des raisons qui explique le curieux maquillage que portent les femmes et les enfants. (Voir les photos.) Il avait déjà fait quelques séjours au monastère, comme cela est obligatoire pour tous les boudhistes du Myanmar. Mais il a décidé que la vie monastique ne lui convenait pas, ayant de la difficulté à ne prendre que 2 repas par jour: une soupe le matin et le dîner vers 11h.

Mr Charles, propriétaire du Guest House le plus fréquenté à Hsipaw (prononcez ''Sipas'', ou encore mieux, à l'ancienne, ''Thibault'') et marcheur quotidien. Un marcheur comme je les aime: lent, régulier, silencieux, sauf aux moments importants ou il peut nous entretenir sur l'histoire moderne du Myanmar, sur l'agriculture locale, sur les problèmes politiques. C'est une des rares personnes avec qui on a pu discuter du travail forcé, de la situation difficile du pays, sur la nécessité d'une plus grande ouverture. C'est une des personnes que Lonely Planet a consulté pour préparer le chapitre de son dernier guide du Myanmar qui porte sur le débat ''doit-on oui ou non visiter le Myanmar?'' Bien sur qu'il défendait le point de vue qu'il faut le visiter, entre autre pour les raisons que cela peut aider à lutter contre le travail forcé. (voir l'entrée de Hélène Merveilleux Myanmar") Il nous a introduit dans quelques villages Shan. On a pu, grâce à lui, discuter avec des villageois, qu'on n'aurait pas pu rencontrer autrement. Par lui on a aussi rencontré une retraitée australienne qui fait du travail bénévole pour enseigner l'anglais aux enfants de Hsipaw. Une femme qui a du bagout et qui nous a donné le goût de l'imiter.

M. Chain est peut-être celui que nous avons le plus connu, ayant passé 2 jours a marcher avec lui. Il nous a organisé une marche qui nous a fait voir la jungle du Myanmar, entendre ses oiseaux, même s'il n'y avait pas de perroquet. Il nous a fait marcher aussi sur des sentiers ombragés, au moment le plus chaud de la journée. Lui aussi nous a introduit chez de ses amis villagois des montagnes autour de Kalaw. Il nous a parlé du travail communautaire, ce que mon père aurait appeler ''faire un bi''. Quand quelqu'un a besoin de beaucoup de maind'oeuvre il invite les autres de la communauté à l'aider à un moment précis. Il leur donne 2 kg de viande. Si l'invité accepte la viande, il se présentera à pour la corvée. Mr Chain appelait cela ''A meat promise'', ''You can't break a meat promise!'' Tandis que si c'était pour de l'argent, la promesse ne tiendrait pas nécessairement. Le jour de la corvée, tout le monde se rend au travail et la tâche est faite le plus rapidement possible. Le propriétaire a dû par contre acheter un autre boeuf, le faire cuire avec des légumes, dans une marmite assez grande pour satisfaire tous les appétits. Chacun apporte son riz. Le midi tout le monde mange aux frais de celui qui a organisé la corvée. Il nous a expliqué aussi que la nouvelle route avait été construite par du travail bénévole, un peu comme pour les corvées de village. Le gouvernement a donné une somme d'argent au chef de village pour acheter des boeufs, les abattre et en donner à tous ceux qui participeraient à la construction de la route. Il semble qu'elle a été construite en un temps record. C'est d'ailleurs de cette manière qu'a procédé Lonely Planet pour faire construire un pont à Inle Lake. Il ont fourni l'argent et les villageois ont fourni du ''voluntary labour''. A prendre en considération quand on parle de travail forcé au Myanmar.

Excusez-moi d'avoir été un peu long, mais ça faisait longtemps qu'on ne s'était parlé et il est fort probable que nos trois prochaines semaines au Laos vont être aussi silencieuses que celle du Myanmar. Pas à cause de la censure, mais à cause du sous-développement. Le Laos est le pays le plus pauvre du Sud-est asiatique.

Nos meilleures photos des visages du Myanmar et de quelques paysages sont accessibles sur le site Yahoo en cliquant ici ou sur le lien dans la colonne de droite.

2004/02/14

Myanmar par dela la censure

Notre séjour à Mandalay, la deuxième plus grande ville du Myanmar. Demain on part pour quelques jours dans le nord-est du pays à Hsipaw. On y est depuis 3 jours, après avoir passé 2 autres jours Yangoon (anciennement Rangoon).

On s'y est bien plu. Beaucoup de choses à dire et peu de temps d'antenne.

Première surprise, au sortir de l'avion à Yangoon, on conduit à droite au Myanmar. Mais il y avait quelque chose qui clochait quand je regardais le chauffeur du taxi qui nous conduisait à l'hotel. Après un long moment j'ai fini par comprendre que même si les véhicules roulent à droite, les conducteurs sont aussi à droite. Cette bizarrerie est advenue lorsque le gouvernement, par opposition à tout ce qui est british, décida du jour au lendemain de virer les choses de bord. Sauf que les véhicules viennent tous de l'Asie, surtout du Japon. Il n`y a donc que quelques véhicules qui ont le volan à la bonne place pour la conduite à la droite. Tout le reste ce sont des véhicules conçus pour rouler à gauche!!! Un peu inquiétant quand le chauffeur d'autobus décide de dépasser sur une petite route large comme une auto.

Les gens sont très gentils, très avenants. Et ce n'est pas toujours pour nous vendre quelques choses. Des personnes nous abordent dans la rue pour s'informer si on a besoin d'aide pour s'orienter. Les enfants sont tout fiers de nous parler anglais, de nous dire Allo! Après ils se mettent à rire et le restant de la conversation se fait dans la langue internationale des gestes.

Les femmes ici se maquillent d'une façon assez particulière. Ils appliquent une crème sur le visage, par plaque de couleur jaune-blanchatre. Elles en mettent sur le front, la gorge. On a eu plusieurs explications, dont la plus curieuses étant que ça protège du soleil. Elles ne veulent pas bronzer, contrairement à nous. On n'a pas compris encore pourquoi les enfants en portent aussi.

Beaucoup de moines bouddhistes au Myanmar. Un guide nous a dit qu'il y en avait environ 600 000, dont la moitié serait à Mandalay! Le matin ils se promènent partout dans le pays pour quêter leur repas du jour dans un gros bol laqué noir qu'ils portent en bandouillère. Leur seul repas doit être pris avant midi. Ils mangent deux fois en fait, mais je ne considère pas qu'un bol de soupe aux petites heures du matin constitue un repas. On a assisté à une drôle de cérémonie monastique. Tout près d'ici il y a un monastère. Tous les matins vers 10h30 environ mille moines font la procession, silencieusement, vers le réfectoire pour manger. Rien de bien surprenant là-dedan. Mais ce qui nous a le plus surpris ce n'est pas tant de voir tant de moines. C'était la quantité phénoménale de touristes qui étaient là pour assister à ce spectacle. La promenade sur les lieux était très agréable, cependant. On a vu les aménagements, les jardins, les maisons, les salles de cours et d'études. Quelques'uns nous ont adressé la parole, histoire d'exercer un peu leur anglais et de satisfaire leur curiosité. La plupart viennent des campagnes environnantes. Le système d'éducation n'est pas très développé et les monastère sont un des principaux lieux de formation pour la popluation. En plus la vie monastique n'est pas nécessairement perpétuelle. On peut quitter très facilement, même y revenir. On dit que la plupart des hommes y passent quelque moments de leur vie. Notre guide y était déjà allé à trois reprises et il n'avait que 34 ans. Ce qui l'a fait quitter définitivement le monastère, c'est la faim. La vie sans souper lui semblait trop difficile.

On croyait qu'en quittant Yangoon, la capitale de 4 000 000 d'habitants et en rejoignant une petite ville comme Mandalay on pourrait respirer un peu moins de pollution. Mais non. Mandalay est la ville la plus polluée qu'on ait vu depuis le début de notre voyage. Il semblerait que c'est en partie à cause de la pression atmosphérique lors de la saison froide qui soit responsable du brouillard qui flotte contineullement sur la ville. En été quand il fait 40 ou 45, ce doit être insupportable. J'ai de la difficulté à respirer. Les yeux nous brulent comme quand on sort dùn parté de fumeur et que les fenêtres sont fermés parce que c'est l'hiver. Ici tous les véhicules automobiles sont vétustes. Pas de norme anti-pollution. Pour pallier aux pannes d'électricité quotidiennes, chaque commerce a sa propre génératrice qui fonctionne à la gazoline. Pour les barbeque qui jonchent tous les troitoirs, ça prend du charbon, du bois. Sans compter les feux de vidange, pour faire bruler les feuilles (c'est la saison des feuilles mortes ici) De la boucanne partout donc. Et en quantité industrielle.

Pour les autres choses qui nous ont frappés, à la prochaine chicane.

2004/02/09

Censure au Myanmar

Nous voici sur le point de quitter Yangon. On prend l'autobus ce soir pour Mandalay, la deuxieme plus grande ville du pays et une ancienne capitale. La capitale actuelle est une ville interessante aussi, mais on va visiter un peu plus au retour. On a quand meme eu le temps de voir Shwedagon Paya, un complexe de temple boudhiste au centre ville. Les temples sont construits autour d'un stupa, une coupole en or qui contient des reliques du Bouddha: 3 ou 4 cheveux. Il y en a des disaines. L'ensemble est tres beau, malgre l'aspect plutot kitsch et le cote Sainte-Anne-de-Beaupre. En arrivant au sommet de l'escalier qui ermet de gravir le mont sur lequel est construit le stupa on est litteralement ebloui. On a du mettre nos lunettes de soleil, tellement le reflet sur les toits en or etait aveuglant.
La chaleur est supportable, meme si sur l'heure du midi, les temples sont vraiment dur a prendre. Pieds nus sur les dalles de marbre est difficile pour la plante des pieds tendres des occidentaux qui n'ont eu que quelques jours a s'endurcir sur les plages de la Thailande.

On a reussi a trouver un cafe Internet, comme vous pouvez voir, mais on a ete surpris quand on a tente d'ouvrir notre courriel. On a obtenu le message suivant:

ACCESS HAS BEEN DENIED

Access to the page:
http://fr.mail.yahoo.com

... has been denied for the following reason:

Banned site: mail.yahoo.com

You are seeing this error because the page you attempted
to access contains, or is labelled as containing, material that
has been deemed inappropriate.


If you have any queries contact your ICT Co-ordinator or Network Manager
.

Pour envoyer un courriel il faut contacter le proprio qui utilise son adresse pour faire parvenir le courriel. On ne peut rien recevoir sur Yahoo, Hotmail et les principaux pourvoyeurs de courriel. Donc pour nous laisser un message, on a pense que vous pourriez nous laisser des commentaires sur le blogue. C'est bien certain que ce sera public. La rumeur veut que la prudence soit de mise dans les commentaires sur la situation politique locale. En plus des reseaux d'espions, Internet est cense etre surveille, meme si je ne vois pas trop comment on pourrait censurer le blogue. On va donc tenter d'envoyer quelques courriels de temps en temps au fur et a mesure qu'on va trouver des cafes internets, mais ca devrait etre plutot episodique.


2004/02/04

Ne vous inquietez pas

Tout va tres bien. On est sur la plage. Il fait beau. Il n'y a plus de poulet qui se consomme en Thailande. On n'en mangeait plus depuis une semaine deja. Ici les gens croient qu'il s'agit d'un complot pour mettre a terre l'industrie touristique asiatique, face a l'Europe qui a la devise la plus forte au monde et qui veut garder "ses" touristes chez-elle. M'enfin, la theorie du complot fonctionne ici aussi.

Il n'y a pas grand monde dans les installations touristiques de Koh Chang, une ile merveilleuse sur la cote est de la Thailande, pas tres loin du Cambodge. On y est venu parce que ce n'etait pas tres loin de Bangkok. On se la coule douce. On parle francais comme jamais depuis notre depart. Les proprios du Coral Resort sont francais. Il y a un restaurant francais, des touristes francais et surtout, on a rencontre un couple de quebecois sur le traversier, Roger et Huguette. Ils commencent leur voyage de trois mois en Thailande. On a chacun notre petit bungalow, on se baingne, on marche, on mange, on se la coule douce ensemble.

Le snorkel est fantastique. J'ai eu mon cadeau de fete, un cours d'initiation a la plongee sous-marine. En fetant mes 50 ans je m'etais dit que pour mes 60 ans, il faudrait que j'essaie cela. C'est fait. Fantastique. L'enervement de la premiere plongee passe, j'ai pu profite de la vue manginifique des bancs de coraux et des poissons tropicaux, sans trop de stress. L'instructeur etait tres competent et tres rassurant. Tout a fonctionne magifiquement. J'ai hate de revenir en Thailande, a la fin de notre boucle autour de l'Indochine, pour regouter a ce plaisir.

Grosse semaine de nouveaute! Apres cette petite session d'Internet, je vais louer ma premiere moto. Je vais profiter de l'expertise de notre ami quebecos pour me faire initier a ce plaisir. Si tout va comme prevu, je vais probablement m'en acheter une en arrivant au Saguenay.

Pour terminer, vous trouverez quelques photos de Bangkok en cliquant sur le lien approprie, ici ou dans la marge de droite.

Au plaisir.

2004/01/20

"On night in Bangkok..."

"Tout' qu'un" choc culturel, comme on dit au Saguenay. Passer de Kolkata a Bangkok c'est variment changer de monde. On avait developpe des reflexes, depuis presque cinq mois. Et la, ils ne fonctionnent plus. Aussi curieux que cela puisse paraitre, on se sent chez nous, en Thailande, meme si c'est un pays qui est bien different du notre. Tout est en ordre. Les automobilistes semblent conduire comme nous meme si c'est a la gauche et non a la droite. La proprete est frappante itou. Du moins a premiere vue. Ca ressemble a une ville occidentale. On se sent chez nous, donc, mais pas au point de se precipiter au kioske de PFK en sortant de l'aeroport. Tout de meme!

Autre choc, le quartier ou on a trouve une chambre. La rue Kao San est une rue pietonniere remplie de touristes de tous les pays du monde. Des bars et des restos, des boutiques de souvenirs, des agences de voyage, tout pour satisfaire le touriste. Les gens se proment en buvant leur biere, comme au carnaval de Quebec, ou comme sur la St-Do aux petites heures. Ca c'est loin de l'Inde! Pendant 2 heures de marche, on n'a vu qu'un seul mendiant! Il y a surement de la pauvrete en Thailande, mais elle n'est pas omnipresente comme en Inde. Propre, propre, partout itou. Une chambre relativement peu chere, a peine un peu plus que ce qu'on payait en Inde, mais un monde de difference.

Au programme, magasiner un appareil photo, parce qu'on a perdu le notre a Kolkata, magasiner aussi un voyage au Myanmar, et se decider pour une ile ou on va se retirer pour quelques jours, faire du snorkel, lire et respirer par le nez. Faire le bilan de notre sejour en Inde aussi. Afficher les dernieres photos prises (malheureusement on n'en a plus de Kolkata, ni de Varanasi). On s'en reparle. A bientot.

Note de la nostalgique.

Je m'ennuie de l'Inde. De ses couleurs, des femmes en saris, du monde, de la cuisine indienne, des marches. Ici, tout est plus cher, plus drabe, plus comme les coins touristiques de chez nous. On entend de la musique disco partout. 90% des gens qu'on croise sont des touristes occidentaux. Peut-etre a cause du quartier (Kao San) ou on a loue notre chambre, peut-etre que c'est la fatigue... Mais j'apprecie quand meme la proprete, le fait qu'il n'y ait personne qui mendie en nous tirant par le bras, ou qui nous aborde pis nous lache pas pour nous vendre quelque chose. On va profiter des avantages de ce quartier ci entre autres de la proximite des agences de voyage, puis aller voir l'hotel que Antoine nous a conseille, peut-etre dans un coin plus authentiquement thailandais. On a vu des billets pour le Myanmar. Il faut qu'on commence a planifier plus clairement la 2eme moitie de notre voyage. Comme il y a plusieurs parties a faire en avion, il faut qu'on organise ca a l'avance. Ca me fait penser que la fin s'en vient. Peut-etre que c'est ca qui me rend nostalgique...

2004/01/19

"...And our love become a funeral pyre..."

Quelques jours a Varanassi, sur le bord du Gange. Beaucoup d'heures de train pour s'y rendre, mais cela valait vraiment la peine. En planifiant notre voyage, l'ete passe, on avait pense qu'il serait normal de finir notre sejour en Inde sur les bords de ce fleuve sacre, vu qu'on le commencait par ses sources a Haridwar et Rishikesh. On bouclait la boucle en quelque sorte. On n'avait pas prevu qu'on serait un peu fatigue de visiter des lieux saints. Mais on est bien content d'y etre alle parce qu'on a vu une ville indienne differente de tout ce qu'on avait vu a date.

On s'est installé dans la vielle ville, à l'hotel Alka. Les rues y sont interdites aux véhicules automobiles. Il a donc fallu se rendre à l'hotel à pied. On n'aurait jamais pu le trouver sans l'aide d'un guide. Des rues très étroites: deux personnes qui se rencontrent doivent faire attention pour ne pas se frapper! Un véritable labyrinthe, en plus. Le premier soir, vers 19h on décide de se rendre au café internet. Il devait être à trois minutes. On en a pris 30. Perdu dans les dédales de ruelles, ou le betail, dont d'immenses taureaux, circulent et font tout ce que du bétail peut faire. On n'était pas très à l'aise. Surtout quand on est arrivé face à face avec un taureau et qu'on a du lui demander gentiment de se tasser parce qu'il n'y a pas de place pour passer. Hélène nous a négocie cela en grand. Les gens sont gentils et prêts à dépanner les visiteurs égarés. On a l'impression qu'ils ont l'habitude. Ce qui fait qu'on a réussi à se rendre et à revenir sains et saufs. Les pieds crottés, gelés, mais heureux d'avoir une petite idée de ce que devait être la vie au moyen âge.

Premierement il faisait froid, humide, gris et brumeux presque toute la duree de notre sejour. Notre hotel etait situe sur les bords du Gange au Meerghat avec une vue superbe sur tout ce qui se passe sur le bord de l'eau. Sauf qu'on voyait a peine le Gange pour une grande partie de la journee. Le soleil percait un peu la brume sur l'heure du diner. Heureusement qu'on avait une chambre bien propre, fraichement peinte avec un kit de toilette flambant neuf, une chaufferette electrique et de l'eau chaude a volonte. Notre guide nous dit qu'il vient environ 60 000 personnes par jour sur les ghats au bord du Gange pour s'y baigner, faire ses prieres, son lavage. Meme s'il faisait tres froid, des centaines de personnes y faisaient leur toilette, plongeaient de tout leur long sous l'eau, apres avoir chasse les immondices en surface d'un geste rapide des deux mains. Brrrr, dans les deux sens du mot!

C'est une ville sainte ou on vient pour prier, mais aussi pour mourir, de facon a pouvoir facilement faire disperser ses cendres dans la riviere ce qui assure qu'on ne sera pas reincarne. Et c'est la deuxieme raison pour laquelle Varanasi est fascinante: les buchers funeraires. Je crois qu'il y en a plusieurs, un peu partout, le long des ghats. Nous on est alles voir ceux qui sont a quelques minutes de notre hotel. Tres impressionnant.

Les feux brulent 24 heures sur 24. Il y avait 6 buchers, rendus a differentes etapes du processus de cremation. Ce qui fait qu'on peut observer, en quelques minutes, tout le rituel. En arrivant, un ''guide'' nous rappelle qu'il s'agit d'un lieu sacre, et non d'un site touristique. Il nous demande de respecter la douleur de ceux qui sont eprouves par un deces, de ne pas trainer autour des feux, mais plutot de se rendre sur un promontoire a l'arriere d'ou on pourra tout observer et avoir des explications. On s'y rend donc et on observe.

Il y a beaucoup de bruit, beaucoup d'activite. Du betail, un peu partout a travers les cordes de bois. Des dizaines de personnes, des intouchables, qui s'affairent a preparer les buchers, a entretenir les feux, replacer les morceaux de cadavres qui n'ont pas brule comme il faut. On en voit un qui, a l'aide d'un long baton, repousse dans le feu une jambe, toujours rattachee a la hanche, qui etait tombee en dehors du bucher. Certains passent au tamis un immense tas de cendre sur le bord de l'eau. Ils ramassent l'or, l'argent qui aurait fondu des doigts, dents ou poignets des cadavres. Ils me font penser aux chercheurs d'or qui font tourner de la terre dans une assiette avec un peu d'eau, a la recherche de pepites. Les guides nous disent que tout ce qui est trouve est verse aux quelques foyers qui accueillent les mourants indigents qui n'ont pas les moyens de se payer une cremation et qui attendent dans les hospices/mouroirs, tout pres des buchers. D'ailleurs, l'endroit d'ou on observe est justement la veranda d'un de ces mouroirs. Il y a quelques personnes couchees, directement sur le sol, cachees sous des couvertures.(On commence a sentir qu'il ne sera pas long avant qu'on soit a notre tour sollicite pour soutenir cette oeuvre.)

Il y a aussi les parents de le personne decedee. On approche d'abord le cadavre sur le bord de la riviere et chaque membre de la famille verse de l'eau sacree sur le visage du defunt. Le cadavre est enveloppe d'un linceuil, quelquefois de tissus somptueux, selon la caste et le niveau de vie de chacun. Le visage est decouvert. Des qu'il y a un espace de libre dans le secteur reserve a la caste a laquelle appartenait le defunt, un nouveau bucher est fabrique. On y pose le cadavre qui est ensuite recouvert de buches. On y depose aussi ce qui me semblait de l'encens, des huiles. Une personne, le fils habituellement, je crois, fait le tour du bucher cinq fois avec des fagots allumes, symbolisant les cinq elements. (On se demande toujours quel est le 5eme element). Ensuite il met le feu au bucher. Il est alors remplace par les preposes qui s'assurent que le feu est bien pris. La famille est a cote, observe, recueillie. Pendant que les cadavres brulent, la vie continue autour des buchers. Les chiens se promenent, des buffles, attaches autour s'approchent pour se rechauffer, des intouchables qui viennent de prendre leur bain dans le Gange se font secher aupres du feu et font secher leurs bobettes. Le processus dure environ 3 heures. Le bois pour la combustion est vendu au kilo. Une grosse balance a plateaux permet de peser les buches avant de mettre le feu. Ce qui n'est pas brule est jete dans le Gange avec les cendres. Les cadavres des femmes enceintes et des lepreux (peut-etre des bebes aussi) sont jetes directement dans le Gange sans cremation. On a vu un bateau partir avec un cadavre et le jeter dans le Gange.

Apres 15 minutes on s'est retire pour aller prendre une marche. On a beau ne pas etre touche directement par la mort de ces personnes, on a beau se dire qu'apres la mort, le cadavre, ce ''je ne sais quoi qui n'a de nom en aucune langue'', comme disait Bossuet, n'est justement pas vraiment une personne, on ne peut faire autrement qu'etre ému par une telle scene.

C'est bête, mais la ''toune'' des Doors (Light my fire) me trotte dans la tête depuis. J'ai toujours trouvé que c'était un des plus beaux vers de la poésie pop des années 70. Maintenant quand elle me vient à l'esprit, j'ai un petit pincement que je n'avais pas avant.

2004/01/08

Oh Kolkota

Encore une fois une grande ville indienne, gigantesque, polluee et qui devait etre abominable nous a seduits. Depuis qu'on est en Inde, les seules personnes qui nous parlaient en bien de Kolkata etaient les quelques habitants ou ex-habitants qu'on a rencontre et Lonely Planet! Tout le reste etait negatif. On s'attendait donc a de la misere partout, a des meres Theresas et des gisants a tous les coins de rue, mais ce n'est pas le cas. La "Cite de la joie" n'est pas vraiment cauchemardesque, malgre le fait que ce soit une megalopole trepidante du tiers-monde.

Le jour de notre arrivee on n'a pas vu grand chose tout emus que nous etions du nouveau record personnel qu'on venait d'etablir: 29 heures de train. Faut dire que cette fois on avait prevu le coup et on etait en classe AC avec couchette. Confortable! Donc pas trop poque, mais tout de meme pas pret a passe a l'attaque du touristage.

Mais aujourd'hui on a marche et pris le pouls de quelques quartiers autour de notre hotel. Du monde il y en a a Kolkata. Des transports en commun de tout genre, du metro ultra moderne aux rick-shaws tires par des hommes qui courent, souvent nu pieds. Des buildings, des taxis jaunes donne un petit air de New York, mais ce n'est pas a la hauteur de Bombay, cependant. On a l'impression aussi que c'est ici que le sens du mot decrepit prend justement son origine. Le crepi qui recouvre la majorite des edifices en ciment est souvent en lambeaux. Les couleurs de edifices sont delavees et certains sont carrement en ruine. On a pris quelques photos aujourd'hui d'arbres qui poussaient sur les corniches de betons, dans des tuyaux de renvoi d'eau au septieme ou huitieme etage. On a l'impression de jardins sauvages suspendus. Un peu a l'abandon, mettons. Mais on ne peut s'empecher, malgre toute la pauvrete et ce laisser-aller, de trouver cette ville attirante. Ca fait du bien de revenir dans le traffic. On en reparlera surement.

Ca fait du bien aussi de retrouver un peu le frais. En Inde il y a une vague de froid actuellement. Avant hier, on disait a la tele qu'il y avait eu 230 mort dans le nord a cause du froid. Nous, dans le sud, on ne s'en est pas vraiment rendu compte. Il a bien plu a quelques reprises, mais la temperature etait relativement chaude, entre 25 et 30 c. Ici dans la nuit d'hier le mercure a baisse, comme on dit au canal meteo jusqu'a 11 c. Dans le jour il fait environ 20, avec du beau soleil. On trouve que c'est ideal, mais pour tout le monde ici c'est tres froid. Les gens ont de grosses tuques, des chales, des foulards, des couvertes pour se proteger du froid. Et les milliers d'itinerants qui dorment sur les trottoirs ont vraiment la vie difficile. Prendre sa douche, sur la chaine de trottoire, le matin a 14 ou 15 c, a l'eau fraichement tiree de la pombe a bras, comme on en avait dans nos maisons au debut du siecle dernier, ca n'a pas l'air d'etre agreable du tout. Nous on a eu de la misere a prendre la notre parce que le "Geyser" de l'hotel etait "busted" et on trouvait l'eau vraiment froide. Pour apprecier il aurait fallu etre des scouts en camping d'hiver.

Nos plans pour les prochains jours: Visiter la ville d'ici le 11 pour ensuite faire notre derniere excursion de train en Inde, vers Varanasi. On est un peu fatigue des villes saintes, mais on se botte les fesses pour voir celle-ci. On ne pouvait quitter l'Inde sans voir cette ville ou des milliers de personnes se rendent pour mourir. De retour a Kolkota le 15. Nous quitterons definitivement l'Inde le 20 pour Bangkok et la deuxieme partie de notre voyage en Asie.

Deux petites notes de la co-voyageuse.

D'abord a propos du train. J'irais pas jusqu'a dire confortable... On est en 3eme classe Air Conditionne, c'est vrai. Mais il fait quand meme chaud. On est a 6 dans un compartiment pour 6. C'est pas pire! Le jour, on s'entasse sur les banquettes, la nuit, le dossier se releve et il y a 2 lits a trois etages. Edouard et moi, on avait les couchettes du milieu. C'est grand comme des tombeaux, et tout aussi sombre et sans air. Il faut apprecier la promiscuite! Dans notre compartiment, il y avait un aveugle ou semi avec son infirmier. Je pense qu'il venait de se faire operer les yeux. Et a toutes les heures, l'infirmier lui enlevait ses grosses lunettes noires, essuyait les secretions et lui mettait des gouttes dans les yeux. J'essayais de regarder ailleurs! Et tous les autres du compartiment aussi. L'aveugle avait un petit probleme de digestion dont il a parle (malheureusement en tamoul et le seul mot que j'ai compris, c'est gaz). Ca puait vraiment. Pis comme il etait aveugle, tout le monde pouvait faire la grimace! Il a pete toute la nuit. L'infirmier ronflait de meme qu'un gros monsieur sympathique qui vend de la coutellerie en acier inoxydable dans les Wallmarts du Canada et des USA. Sans parler d'un autre monsieur charmant et extremement sympathique! Heureusement, en Inde, personne pue des pieds : tout le monde est pied nus ou en sandales. Donc, pas le GROS confort.

Deuxieme remarque de la chialeuse : notre chambre d'hotel. On prend d'habitude les hotels "budget" pas chers. La, on en a un dans un quartier populaire de Calcutta, juste a cote du "New Bazar". On paie 350 roupies par nuit (12$ canadiens environ). Mais vous devriez voir la quantite de coquerelles! Meme en Afrique, j'ai jamais vu ca!De toutes les grosseurs, partout, meme dans le telephone (qui d'ailleurs n'est pas connecte) et meme sur le lit. Pis j'ai dormi pareil! Ca c'est une voyageuse! Edouard rigole et fredonne "La Cucaracha" en les pourchassant pour les ecrabouiller avec ses babouches; mais il est bien content de toutes les epaisseurs de draps, serviettes, doties, sarongs, que j'ai mis sur le lit, et je vous assure que tous nos sacs sont toujours tres bien fermes!

2004/01/01

Bonne annee

On a passe le temps des fetes au Kerala et au Tamil Nadu. Noel a Thiruvananthapuram et le jour de l'an a Pondicherry (En fait Pondicherry n'est pas au Tamil Nadu. C'est presqu'un Etat independant, mais ca c'est une histoire trop longue pour aujourd'hui.)

On avait d'abord cru passer Noel a Kanyakumari a l'extremite sud de l'Inde, mais finalement on s'est contente d'une excursion d'un jour pour voir comment les trois mers fusionnent. (En effet la Mer Arabique, l'Ocean Indien et le Golf du Bengale s'y rejoignent. On voit d'ailleurs assez facilement les trois couleurs differentes du haut des differents monuments qui sont situes sur la plage.) On a finalement passe Noel dans la capitale du Kerala. On a bien apprecie sa bibliotheque et sa vie trepidante, mais cela ne nous a pas empeche d'y dormir tres bien. Tellement qu'on a rate la messe de minuit, n'ayant pu nous reveiller de notre petit roupillon pre-reveillon.

La route pour aller de Thiruvananthapuram a Pondicherry est assez spectaculaire. Toutes la cotes du Kerala est comme un immense jardin coince entre les zones urbaines. Tout est vert, meme en ville. Les hommes doivent se battre pour limiter le foisonnement tropical. Tout y pousse et rapidement. Alors que du cote du Tamil Nadu c'est plus aride, un plateau presqu'au niveau de la mer, qui avait de temps en temps des allures de Rajasthan. Le vent y est surement assez fort parce qu'on a du voir au moins 1 000 eoliennes le long de la route et elle tournaient toutes, contrairement a celles qu'on a vu au Quebec qui ne semblaient jamais fonctionner. Ce qui est spectaculaire au Tamil Nadu ce sont les montagnes qui ressortent de temps en temps, un peu comme des "crans", ou comme les buttes de la Monteregie. Quelques'unes denudees, de roc lisse, comme si elles avaient ete sculptees par des mains geantes. Heureusement qu'on n'est pas porte sur l'esoterisme parce qu'on aurait pense que c'etait l'oeuvre des extra-terrestres.

De Thiruvananthapuram on s'est rendu visiter deux villes de temples tres importantes dans le Tamil Nadu: Madurai et Trichy (aujourd'hui Tirichirappalli). Plusieurs autres a visiter aussi. Et de la on s'est rendu a Pondicherry.

C'est une belle ville, influencee par le colonialisme francais. C'est evident dans le developpement meme de la ville, de l'architecture. Les rues ont encore des noms francais. Partout on acceuille l'etranger autant par un "Bonjour" que par un "Hi". Des restaurant francais itou. Du moins qui ont des menus de restaurant francais. On s'en promettait pour le repas de la veille du Jour de l'An. Un peu decevant cependant. On n'a pu trouver le restaurant qui est suppose etre le meilleur et qui sert de la bouillabaise et de la terrine de lapin. Et la ou on a mange, les sauces n'etaient pas a la hauteur, meme si c'etait relativement bon. Mais pas de vrai vin francais, non plus. Ce qui fait qu'on n'a meme pas goute au Camembert qui etait au menu, de peur d'etre vraiment frustre. On a du se rabattre sur le pot de Nutella achete dans un magasin d'alliments naturels tout pret de l'ashram de Sri Aurobindo. On l'a etendu sur des petits beurres de la boulangerie francaise, qui eux n'etaient pas mauvais du tout.

Dejeuner au Indian Coffee House par ce Jour de l'An gris et pluvieux. Histoire de voir ce qu'avait l'air ce lieu ou Yan Martel a recu l'inspiration pour La vie de Pi. Plein de monde. On y a bien mange, mais je ne crois pas que l'auteur a pu entendre le recit de la vie de Pi a cet endroit. On ne peut y rester plus de 20 minutes, tellement le roulement est rapide. Il y a meme une affiche qui invite les clients a quitter des qu'ils ont fini de manger pour laisser la place a ceux et celles qui attendent. Tout a l'heure on va aller faire un tour au jardin botanique, la ou etait le zoo, domicile du tigre de Pi. Comme vous pouvez le voir, on a bien ete impressionne par ce livre. On a pris une photo qu'on va certainement mettre dans l'album des que possible.

Nota Bene de Helene. A propos du temple de Madurai. C'est un enorme complexe, avec plusieurs temples differents, sur une tres grande surface entouree de murs et fermee a chaque point cardinal, par des portes situees sous une grande tour. Il y a plusieurs enceintes concentriques. Entre chacune, il y a des magasins, des musees, il y avait un jardin avec un immense lotus d'or, il y avait des elephants. Un des batiments s'appelle le hall aux mille piliers. Il y avait vraiment l'air d'y en avoir mille! Il y a beaucoup de visiteurs: 10 000 par jour pretend-on. C'est comme un immense capharnaum. Ca sent la pisse, le vomi, la fleur de jasmin, l'encens, les bonbons au lait qui s'offrent aux differents dieux. Tout le monde est pieds nus. Il y a des pelerins habilles en noir, certains ont la tete rasee et recouverte de cendre jaune ou blanchatre. Dans la penombre, on dirait des fantomes. Les brahmines (la plus haute caste) ont generalement la bedaine a l'air et bien redondante, les sadhous ont l'air de ne pas s'etre laves depuis qu'ils sont venus a pied de Varanasi, c'est plein de mendiants, lepreux, malades, eclopes, qui montrent leurs membres atrophies ... Les non hindous ne sont pas admis dans le temple principal, mais un des autels secondaires nous a vraiment intrigues. Il y avait les idoles habituelles, des sculptures de peut-etre 15 pieds de hauteur, de couleur pastel.
Mais on pouvait difficilement distinguer qui etait represente : Krishna, Ganesh ... Parce que les sculptures etaient recouvertes de genres de petites boules de pate. Blanches et grosses comme des guimauves lancees par les fideles. Pour quelques roupies, on pouvait acheter 2 ou 3 boulettes, qu'on pitchait ensuite sur les idoles. Edouard voulait en acheter, mais j'ai pas voulu. J'ai eu peur qu'il y ait un protocole special a respecter (peut-etre des endroits a eviter!) et qu'on commette un impair! Je voudrais pas qu'on aille en enfer! Vraiment, un des temples les plus impressionnants qu'on ait visites. Alexandra David Neel en parle aussi dans son livre. Mais je ne me souviens pas ce qu'elle en dit...

2003/12/27

L'apôtre Thomas au Kerala

Il semble qu'il y aurait un peu de vrai dans cette idée que l'Inde a été evangelisée par l'apôtre Thomas. Il semblerait qu'il y ait aussi de la légende. Du moins si je me fie au Lonely Planet qui en parle! ainsi qu'à une documentation un peu plus sérieuse. On a trouvé à la bibliothèque nationale du Kerala une étude anthropologique des diverses communautés en Inde. Il y en a je ne sais trop combien de milliers qui ont été étudiées. Celles du Kerala remplissent trois tomes du XXIVeme volume de la collection! Dans le chapître sur les religions j'ai trouvé quelques pages qui racontent cette histoire. Elle commence avec le roi Salomon.

Plusieurs années avant notre ère, les bateaux du roi Salomon auraient fréquenté les côtes du Kerala pour le commerce des épices. (En fait, il faut savoir que les épices de l'Inde c'est d'abord le Kerala! C'est d'ici qu'elles partent toutes. Depuis l'antiquité.) Ses marins, en bons marins qui ont une épouse dans chaque port, y auraient fondé une communauté. En arrivant en 52 de notre ère, Thomas (l'apotre) aurait trouvé dans cette communauté des oreilles attentives. Ce seraient les premiers chrétiens en Inde. On les nommaient les NAZARÉENS, ceux qui croient à Jesus de Nazareth. Remarquez le conditionnel. Aucune référence n'affirme hors de tout doute que ceci est réellement arrivé. Il y a des raisons sérieuses de le penser, mais pas vraiment de documentation historique solide. Si c'est vrai, l'église d'Inde serait encore plus ancienne que l'église de Rome...

Le reste serait plus certainement de l'ordre de la légende. Elle dit que Thomas aurait fondé sept églises et demie (sic, sic, je peux vous donner la référence, si vous voulez) avant d'etre assassiné d'un coup de lance par un Brahmine à Madras. Mes sources ne disent pas cependant si c'est la raison pour laquelle une église n'a été fondée qu'à moitié.

Ce que j'ai trouvé intéressant c'est comment les historiens expliquent l'origine possible de cette légende. Il faut savoir, pour la comprendre, qu'au IVe siècle, un autre Thomas est venu au Kerala avec une communauté de chrétiens. Il est venu de Syrie pour echapper à la persecution. Ils étaient environ 400 à suivre Thomas le Cannanéen. Il s'agit ici d'un fait historique documenté et non d'une légende. Les premiers nazaréens se seraient regroupés autour de ces chrétiens qui vont être en fait le début de la communauté de chrétiens syriens au Kerala, encore active. J'ai même vu une Banque Chrétienne Syrienne! Ceux-ci ont donc pris la direction de toute la communaute chretienne du Kerala, imposé leur rite, leur langue. La communauté se serait par la suite divisée en deux, de castes différentes. (Autre sujet de méprise: les chrétiens n'ont pas abolis les castes en Inde, même à l'intérieur de leur propres rangs.) Cinq ou six cents ans plus tard, les chrétiens du nord du Kerala ont prospéré et ont voulu créer des liens avec ceux du sud, moins riches. Ceux-ci refusent ces mariages pour des raisons de distinction de castes: ils sont peut-etre moins riches, mais se considerent plus nobles. De caste superieure, plus blancs. La communauté du nord aurait alors inventé cette idée qu'elle était plus authentique que celle du sud parce qu'issue directement du missionariat de l'apôtre Thomas. Ma gang est peut-être moins noble, mais plus proches du Christ que la tienne, gnan-gnan. Du moins c'est l'hypothese qui expliquerait l'origine de la légende selon mes références anthropologiques. (Elles exitent vraiment, ceci n'est pas une forme de Jean Dionisme.)

C'est pour cette raison que l'évêque de cette communauté, lors de la visite du Pape en Inde, il y a quelques années, a pu lui dire: ''Le successeur de Saint Thomas reçoit celui de Saint Pierre.''

L'autre grand moment dans l'histoire de l'evangelisation de l'Inde a lieu au XVe et XVIe siecle avec l'arrivee des Portugais sur la cote est. Ils apportent avec eux le catholicisme romain et tout ce qui vient avec, dont l'Inquisition. Les chretiens locaux se soumettent volontairement des l'arrivee des Portugais, mais vite ils se rendent compte que leur religion n'est pas tout a fait la meme que celle des europeens. Les Portugais imposent le rite latin, forcant l'abandon des langues locales dans les offices religieux. Ils menent la lutte contre toutes les heresies, brulent tel qu'il se doit, les Nestoriens et les autres. Seule une minorite y echappent, les Chaldeens, qui existent toujours.

Chacune des traditions religieuses chretiennes se developpe a travers toutes sortes de querelles intestines et externes. Ce qui fait qu'aujourd'hui il y a 11 000 000 de chretiens au Kerala seulement. La grande majorité sont des chrétiens syriens. Il y a des Chaldéens, des Nestoriens, des Cannanites, des Orthodoxes, sans compter les protestants de toutes les obediences.


Une note sur la communauté juive qui daterait de l'époque de Salomon. La semaine passée j'ai lu un article intéressant qui confirmait que les juifs qui vivent ici, à Cochin surtout, sont effectivement des descendants authentiques des juifs de cette époque. Ce serait prouvé génétiquement. Un généticien a entrepris une vaste enquête sur toutes les populations juives du monde pour vérifier la lignée génétique. Il a surtout testé les prêtres/rabbins. Ces recherches montraient que plus de la moitié des rabbins actuels ont une ascendance génétique commune. Il va même jusqu'à émettre le souhait que l'ançêtre commun soit Aaron lui-même, mais ça ce n'est pas prouvé. Le même généticien a poursuivi son enquête auprès de la communauté des Ben Israeli. Il en irait de même pour cette communauté indienne. Elle serait vraiment judaique. Heureusement pour eux parce qu'il semble que la pluspart d'entre eux, ceux qui sont ''retournés'' (après plus de 2 000 ans, je ne sais pas si on peut encore parler de retour) en Israel depuis quelques années, subissaient de la discrimination: on doutait de leur judaité!

2003/12/24

Green Christmas

Joyeux Noël à tout le monde.

Et tel que prévu, pas le moindre petit flocon de neige sur le Kerala. Pas entendu une seule fois Bing en train de "cooner" le "Noël Blanc" non plus. On a vraiment l'impression que ce n'est que le Noël des campeurs.

Raté la messe de minuit d'hier soir! Zut! Mais on a quand même eu le temps, hier, entre deux sessions de magasinage de Noël (achats de cachous, de pistaches, de Ferrero Rocher, de jujubes au coeur tendre, vu qu'on ne pouvait pas trouver de tourtière et de paté à la viande; cependant on a laissé passer tous les plums puddings de l`étal) de faire un tour à la bibliothèque nationale du Kerala pour notre petite recherche sur l'authenticité de la visite ici de l'apôtre Thomas en 52 de notre ère. Même si elle était fermée au public, un responsable a été assez gentil pour nous faire visiter les lieux et nous ouvrir la salle des livres de réferences qui étaient climatisée en plus. On a donc pu passer trois belles heures a lire au frais. On a trouvé des choses intéressantes, mais le mystère n'est pas tout a fait élucidé.

On en reparle bientôt. Pour le moment on va plutôt se concentrer sur les photos de Goa.

Me revoici quelques minutes plus tard. L'album de photos de Goa est terminé. On y voit toutes sortes de belles choses. ;0)

Je viens d'essayer, pour la première fois, la fonction diaporama des albums photos. C'est un peu longuet à partir. Vous êtes pas mal patients. Est-ce que vous utilisez cette fonction ou bien est-ce que vous les regardez une à la fois?

2003/12/18

Dote d'un tout'i Dhoti* doux, tid-ou dodelinait du ....

J'attends des suggestions pour completer ce "tongue twister".


* Dhoti: vetement masculin, un morceau de tissu de 2 ou 4 metres, noue autour de la taille. La chemise tombe par dessus. Pour marcher ou faire du velo ou quoi que ce soit qui necessite un large mouvement des jambes, la partie inferieure est repliee pardessus la chemise et nouee lachement autour des hanches. La jambe est alors liberee a la hauteur du genou. On dirait qu'ils portent la mini-jupe! A ne pas confondre avec le dhoti du nord, genre couche, comme en porte Gandhi sur les photos. Dans le sud cela ressemble plus a ce que certains d'entre nous portons en sortant de la douche. Presque 2 hommes sur 3 le portent: hommes d'affaires, conducteurs d'auto-rickshaw, ecoliers... En marchant ils le tiennent souvent de la main gauche pour faciltier le mouvement. Le geste, du point de vue occidental a vraiment l'air feminin.

N.B. de Helene : Edouard est vraiment magnifique la-dedans! J'essaie de vous envoyer une photo... Je lui ai promis Rs 50 pour qu'il porte son dhoti pour aller au bar, mais rien a faire! Je pense qu'il n'est pas sur de sa technique de nouage!

N.B.2 Je me demande si les gens portent le dhoti comme les Ecossais le kilt : bobetteless... Je poursuis mon enquete.

2003/12/15

Photos de Mumbai

Quelques photos, avec un peu de retard ;) On avait tellement de photos qu'on a eu de la difficulte a choisir. Il y en a quelques'unes du temple d'Elephanta, une ile situee a quelques kms au large de Bombay, mais on a pas reussi a en avoir des belles de la plus belle sculpture de ce temple. Un magnifique Shiva a trois tetes. Dommage! A bientot pour Goa et le reste!

Nous avons eu la chance de "chatter" avec certains d'entre vous. On ouvre toujours MSN Messenger quand on va sur Internet. Le hasard fera peut-etre qu'on pourra s'y rencontrer.
"Back Waters"

Apres Mysore, qui n'est pas sur la cote, nous sommes revenus tout pres des fruits de mer a une charmante petite ville qui s'appelle Calicut ou Kozhikode, au Kerala. De la nous sommes descendus, en train proletarien jusqu'a Kochi (Cochin). Un voyage pas trop long mais assez eprouvant. Ce train populaire etait de moins bonne qualite que le precedent. Les banquettes en bois!!! Heureusement que ce n'etait pas du bois dur ;0). Les banquettes faites pour 10 personnes en contenaient en fait 17, dont 3 jouquees sur le porte bagages. A cela il faut ajouter les 4 ou 5 ou 6 debout dans le passage, selon les moments de la journee. Donc un peu tasses! En arrivant on ne pouvait pas passer avec nos gros sacs. On se voyait pris pour faire la "run" (6 heures) debout!!! Mais heureusement que derriere cette facade d'indifference qui caracterise tout le monde qui semble ne penser qu'a leur propre place dans le train, il y a tout une etiquette. Des qu'il y a eu 2 places de libres, on est venu nous chercher pour nous les donner, meme s'il y avait plusieurs personnes qui auraient pu les occuper avant qu'on ne puisse s'y rendre. C'est surement du a mon grand age, ma barbe grise et au fait que nous sommes des touristes. Un monsieur avec un petit dans les bras obtient assez facilement une place. Un vieux monsieur qui partage sa petite place avec un plus vieux que lui. Donc les gens sont tres sympathiques en donnant l'impression d'etre plutot indifferents a tout ce qui se passe autour d'eux. On etait tout de meme content de debarquer a Kochi. Faut dire que le Kerala est beaucoup plus chaud que Mysore, pis qu'il faisait chaud dans le train! Il y avait dans ce train un wagon exclusivement reserve aux femmes. Ce qui fait qu'on est generalement entoure d'hommes et de quelques couples seulement.

Kochi nous a fait penser a Arundhati Roy et son God of Small Things On a voulu voir de plus pres l'environnement rural qu'elle decrit a Kottayam. On ne s'est pas rendu a cet endroit precis, mais on a passe une journee merveilleuse a circuler dans les backwaters. Un petit voyage organise tres sympathique, de 8 heures. L'avant-midi passe a descendre tranquillement les canaux et rivieres dans un bateau qui servait jadis a transporter le riz. On a pu voir les lieux bien sur, mais aussi les pecheurs de coques, les ramasseurs de sable au fond de la riviere. Des oiseaux itou. En apres-midi on a visite, en pirogue, une ferme ou l'on cultive des epices, des cocotiers, du caoutchouc. On a pu gouter a toute sortes de choses exotiques, le tamarin, du turmeric, des feuilles de cari, du poivre noir fraichement cueilli, du latex (ca ne goute pas grand chose en fait) et plusieurs herbes medicinales qui devraient nous garder forts, virils et fertiles pour les prochains mois ;). On a pu observer aussi comment on traite le latex, comment on fait de la corde a partir de la fibre de la noix de coco.

Une journee tres instructive. On a discute longuement avec un des guides qui travaille pour l'organisation touristique, originaire du village ou on etait. Il etait tres politise et avec un sens de l'humour tres agreable. Une prochaine entree du journal portera sans doute sur ces questions politiques.

La moitie des touristes avec nous etaient des indiens: de Bangalore, de Bombay, du Maharashtra. Et un Anglais d'origine indienne (Gujarat). Il y a donc une classe moyenne en Inde. Ils nous ont donne toutes sortes de conseil sur la suite de notre voyage. On va en profiter.

Kochi est une ville entouree d'eau. On a passe nos 4 jours a circuler dans des traversiers pour aller d'un bord a l'autre. J'ai fait un peu de peche "a la chinoise". En fait il s'agit d'un immense filet attache a un systeme de contre-poids qui permet de le lever et baisser dans l'eau a volonte. Il faut quand meme 5 ou 6 hommes pour faire la manoeuvre. J'ai tire une fois sur un des cables qui permet de sortir le filet de l'eau. Ca m'a coute Rs 100, mais j'ai eu droit a 6 petits poissons que le restaurant voisin nous a fait cuire sur le gril pour Rs 35. La biere etait un peu chere, mais faut dire qu'elle etait clandestine et qu'il fallait la boire dans une tasse de cafe. Ca valait bien quelques roupies de plus. (Le Kerala n'est pas un Etat ou l'alcool coule aussi facilement que le Goa ou le Karnataka. Devant tous les magasins de la SAQ locale, un ecriteau nous avertit que "alcohol consumption is dangerous to your health".)

Les missionaires, catholiques et protestants, ont laisse toutes sortes de traces a Kochi. On a visite le petit musee indo-portugais tres sympathique qui contenait des objets du culte catholique. A la fois semblables et differents de ce que nous connaissons. Les statues de la Vierge la representent debout sur un croissant de lune.

Il y a a Kochi un quartier appele "Jewtown". On y trouve le marche d'epices et une synagogue. La communaute juive serait presente ici depuis la conquete de Jerusalem. Des recherches sur leur musique montrerait une filiation directe avec la musique babylonienne! La synagogue n'etait pas ouverte parce que c'etait le jour du Sabbat. Ce qui a donne lieu a une scene assez cocasse. La communaute juive de Fort Cochin, un quartier de la ville, est reduite a une vingtaine de personnes, selon Lonely Planet, les autres ayant emigre en Israel. Ils sont tous ages. Comme on passait devant la synagogue ils sortaient de l'office hebdomadaire. La chicane etait pognee entre deux jeunes touristes israeliens qui voulaient absolument entrer. Disant que c'etait la premiere fois qu'ils se faisaient refuser l'acces a une synagogue le jour du Sabbat. Le vieux Juif ne voulait absoluement pas se faire donner des lecons de purete judaique par ces jeunes blancs becs. "Shalom Shabbath to you too. But if you wanted to do Shabbath, you should have comme to pray earlier. If you want to visit, wait until tomorrow. Don't try to show us how to run our Synagogue." Ce qu'il y a de plus fantastique dans tout cela, comme le faisait remarquer Helene, c'est que cette engeulade a lieu en anglais et pas en Hebreux. Les Israeliens parlent hebreux, mais les Juifs de Kochi parlent le malayalam et l'anglais!

Salaam Aleikum


2003/12/10

Le singe nu, luxuriance et Ritz la vie

Mysore est une ville tres interessante. On y a passe 4 jours tres agreablement. On se l'est coule douce au Ritz, oui ma chere! Mais en fait, ce Ritz-ci est plus humble que ceux des autres grandes villes europeenes et americaines. Quatre chambres seulement. Mais charmantes, avec des lits a baldaquin (en fait ce sont des supports pour moustiquaires)! Ce qui fait surtout la reputation de ce petit hotel c'est son restaurant. On en a profite itou. Tous nos beaux maigrissages accumules durement en sejournant dans de nombreuses villes saintes, fondent comme neige au soleil.

Il y a aussi le palais du Maharajah de Mysore : un magnifique palais de style Indo-saracenique (voir le blogue de Helene a ce sujet). Mais celui-ci a la particularite d'avoir ete concu par un architecte anglais, au debut du XXe siecle. On l'a visite avec l'aide d'un guide musulman tres rigolo. Je commencais a penser que ca n'existait peut-etre pas des musulmans rigolos, avec tout ce que l'on entend ces temps-ci, mais lui nous a fait bien rire. Ses commentaires etaient tres instructifs aussi. Il a beaucoup insiste sur une serie de murales qui illustrent la celebre procession/parade annuelle ou le Maharajah met le paquet. La derniere de ces parades a attires 5 millions de personnes a Mysore juste pour voir cela. Certaines de ces murales sont magiques. Les personnages centraux vous suivent du regard quand vous vous deplacez devant le tableau. La tete, les pieds, et meme le tronc dans certains cas, changent de position avec le deplacement de l'observateur. Comme la Joconde! Sauf qu'ici ce ne sont pas que les yeux qui bougent. Selon l'interprete cela est cause par une technique particuliere dont le principal secret repose dans le caractere naturel de la pigmentation utilisee pour fabriquer les couleurs. Quelqu'un connait-il quelque chose a ce sujet? Vraiment mysterieux, a mes yeux! Le dimanche soir, nous sommes retournes au palais qui, de 6h30 a 8 heures est illumine par des centaines de milliers d'ampoules electriques. Un vrai gateau de noces! Que nous etions aussi plusieurs milliers de personnes a admirer et a photographier.

Il y a aussi un temple sur Chamundi Hill, comme sur la plupart des collines dans un environnement urbain en Inde. Environ 1 000 metres d'altitude. On y est monte en autobus se reservant les 1 000 marches de l'escaliers pour la descente. On y a une merveilleuse vue de la ville. Un peu d'exercice nous a fait un grand bien. Pas trop souffert le lendemain, beaucoup moins qu'apres la descente de la Valle des Fleurs en tous cas!

Suivant les conseils de Yanick on est alle faire un petit tour au zoo. Le dimanche, pour pouvoir voir les Mysoriens en sortie de famille. On n'attendait pas grand chose du zoo, nous qui connaissons les "Sentiers de la nature" de St-Felicien. Mais on a ete agreablement surpris. Les ainimaux n'avaient pas l'air trop deprimes, sauf peut-etre quelques ours un peu mal leches. Il y a des arbres en quantite industrielle. Un arbre parapluie d'environ 150 ans est immense et n'a rien a envier, en terme de tour de taille, a nos "BC Firs". On a aussi vu des specimens de la faune indienne qu'on n'a pu rencontrer dans nos quelques visites de parcs nationaux, dont l'elephant, le tigre et quelques autres dont je ne me rappelle pas le nom.

Mais ce qui nous a le plus impressionne ce fut la rencontre du singe nu. Pas celui de Desmond Morris. Non. Un vrai singe, un chimpanze, en fait. Il nous a captive pendant plusieurs minutes. Assis au loin dans son enclos sous un arbre, on a cru, au debut, qu'il s'agissait d'un humain. Les bras replies. La main sur la tete. Il faisait penser au penseur de Rodin. Y pas plus humain que cela. Avec les jumelles on a pu se rendre compte qu'il s'agissait bien d'un chimpanze, mais atteint d'alopecie, probablement. Sa musculature etait tres visible et la similitude etait frappante. On a vraiment 98% du notre bagage genetique en commun avec les singes se disait-on. Tranquillement il s'est deplace vers un endroit ensoleille et la c'etait evidemment un singe. Il marchait en s'appuyant sur ses mains. Mais sans poil il ressemblait plus a une creature sortie directement de l'imagination de Spielberg ou de Lucas.

On s'est aussi senti un peu comme dans un zoo, nous-memes. On croyait aller observer les Indiens observant les animaux, mais en fait on avait plus l'impression d'etre observes qu'observateurs. A part les animaux exotiques comme le Canada Goose, il n'y avait que nous d'etrangers. Tout le monde nous regardait, nous souriait. Les plus braves nous demandaient d'ou on venait. Les petits enfants s'exercaient a nous parler en anglais. Arroseurs-arroses! Ben bon pour nous autres.

2003/12/05

On the road again

Nous voici rendus a Mysore au Karnataka. On a quitté Goa, la plage et la cote pour se rendre a cette ville de grandeur moyenne (750 000 habitants). Ce que nous avons vu a date ne nous a pas deçus.

Mais avant un mot sur le train qui nous mené a Mangalore, notre étape intermédiare avant Mysore. On a pris le train, de jour et en classe économique. Pas de sièges réservés, pas d'AC comme on dit ici, uniquement une variation sur la climatisation de type 4/60 (comme dirait Louise), mais au lieu de 4 fenêtres ouvertes, il y en avait 20 et au lieu de 60 milles/h, on devait rouler à 45km. Avec arrêt à toutes les gares le long du parcours. Les compartiments sont conçus pour 6 personnes. On voulait voir ce à quoi cela ressemblait. On a vu et on ne regrette pas du tout notre expérience.

Première raison c'est que c'est très économique: Rs 118 pour 2 personnes pour un voyage de 430 km, c'est pas cher même si on calcule 30 Rs au dollar.

Deuxième raison on s'est amusé follement en le prennant. On savait que les wagons sans réservation, c'est plutôt bordelique à l'embarquement, pour l'avoir déjà observé à Delhi. C'est la pagaille la plus totale! Tout le monde se rue pour obtenir des places, parce qu'on vend plus de billet qu'il n'y a de siège disponibles!!! C'est donc la loi de la jungle: au plus fort les bancs! On s'est donc divisé les tâches. Je prends les 2 gros sacs, et j'entre comme je peux, quand je peux. Hélène prend le sac de jour et sa sacoche pour filer en brigade légère d'avant-garde pour nous réserver deux bonnes places le plus près possible du système de climatisation. Voilà le plan de match comme on dit au Centre Molson. Ce qui est le plus fantastique, c'es que cela a fonctionné "numero uno".

Mais avant l'abordage, il a fallut attendre. Le train devait entrer en gare a 14h15 pour partir à 14h20. Tout le monde était concentré aux deux extrémités du quai, là où il y a des abris pour se protéger du soleil. Entre les deux, le centre du quai est au gros soleil. Personne à cet endroit. Astucieux comme pas un, vers 14h14, je propose un mouvement tactique vers la partie du quai ensoleillée. Ce n'est pas grave quelques minutes au soleil. Mais en fait le train est arrivé 30 minutes en retard! Il a fallu que je mette mon Tille, je regrettais que mon kobber ne soit pas disponible: il faisait encore plus chaud que sur la plage à 12h. Il a tout de même fini par arriver. Et là j'ai assisté à une chose merveilleuse. Hélène, sacs au dos et en bandouillère s'approche du train en mouvement, espérant que la porte arrêtera directement devant elle. Mais hélas elle passe tout droit. Surprise Helene se met à marcher plus rapidement, suivant la porte, accélère, accroche la barre du train en pleine course et hop elle saute à bord. Hélène "jumpeuse de train". Jamais je n'aurais cru voir une chose pareille. Mais je l'ai vu. Magnifique. On a eu de très bonnes places, même si j'ai bougonné un peu sur le fait qu'on allait rouler de reculon plutôt que de l'avant. Dans notre compartiment une famille avec deux jeunes enfants. (Un peu excités, mais c'est tout de même normal. Ce qui m'a surtout impressionné c'est la patience des parents. Les enfants sont encore plus roi ici que chez-nous.)

Dernière raison: les rencontres. La vie est beaucoup plus trépidante que dans les wagons de 1ère et 2ième classe. Il y a des mendiants qui embarquent lors des arrêts. Des vendeurs de toutes sortes de choses nécessaires pour voyager en train. A quelques gares du départ beaucoup de monde embarque. Le train est déjà bondé. Il faut alors voyager debout et tassé. Des touristes étrangers qui s'en vont à Gokarna, une autre plage au Karnataka. Des petites madames espagnoles en shorts courtes, en gilets bedaine et bretelles spaghetti attirent les regards. Je me demande pourquoi elles voyagent habillées ainsi. Quatre ou cinq arrêts avant notre arrivée un grand krishna blond en sarong safran, la tete rasée sauf pour la petite queue de cheval règlementaire, nous aborde pour nous vendre des livres sur la religion hindoue!!! On finit par apprendre qu'il est Russe! Tout de même fantastique non, un Krishna russe pusher de littérature spirituelle en Inde. C'est comme si un Africain venait sonner à votre porte pour vous expliquer la religion chrétienne. Plus agréable cependant, un Goanais nous aborde, prétextant qu'il veut jeter un coup d'oeil sur notre Lonely Planet. Puis finalement on passe une heure et demie agréablement à parler avec lui. il nous fait toutes sortes de suggestions pour la suite de notre voyage. On discute politique aussi. C'est une monsieur articulé qui parle quelques mots de français, le portugais et l'anglais évidemment. Il a un peu de difficulté à comprendre mon anglais, mais nous on le comprend assez facilement. Il voyage avec un jeune étudiant, le fils de l'un des ses amis. Il possède et loue des chalets sur la plage de Palolem. Si vous y allez, dites-le nous, on vous donnera son nom...

Mangalore est une ville très agréable aussi. On n`y a passé qu'une journée mais on a bien aimé. Mysore aussi. On a décidé de garder notre chambre pour les 5 prochains jours. On en parlera mieux un peu plus tard...

On apprécie beaucoup vos commentaires. Ne vous gênez pas d'en faire. C'est agréable d'ouvrir le site et de voir vos réponses.

2003/11/30

Hampi

Un petit mot en appendice a ce que Hélène a écrit sur Hampi au sujet de notre logement.

Hampi est un site archéologique qui est a nouveau occupé par un village pour fournir des services aux visiteurs. Ce village s'appelle Hampi Bazar. Il est construit a l'endroit ou il y avait effectivement un bazar ou un marché. Notre hotel était situé de l'autre côté de la rivière, directement en face du site. Pour y accéder il faut prendre un "traversier". En fait il s'agit d'un panier d'osier qui peut recevoir une dizaine de personnes, toutes accroupies, les pantalons retroussés parce que le panier prend l'eau, ou 4 personnes et 2 petites motos. Ou 6 personnes et une bicyclette. (D'ailleurs, avant chaque départ, le pilote doit écoper pendant 3 ou 4 minutes.) Pour manoeuvrer l'embarcation il doit s'asseoir sur une caisse de lait renversée et donner trois coups a droite et trois coups a gauche pour ne pas tourner en rond, parce que contrairement a un canot ou a une chaloupe, ce bidule est circulaire!!! En fait c'est une immense corbeille a pain. Curieusement cela fonctionne très bien. Et ce depuis très longtemp. D'ailleurs, en lisant sur Hampi, on a appris que ces véhicules appelés "coracle" dans Lonely Planet, on été décrits par un Portugais il y a 300 ans. Le mot Hindi qui désigne ces bateaux, se traduirait par "boite de bambou".

On a passé 4 jours a Hampi. On a donc utilisé ce truc 8 fois, dont 2 avec nos sacs a dos. On était beau a voir en équilibre instable sur les talons dans ce qui nous semblait une coquille de noix, la crainte de se mouiller le califourchon ou encore pire, de s'effoirer au complet dans la rivière avec nos sacs. Mais aucun problème. "Two fingers in the nose", comme dirait Geneviève

2003/11/29

Rajasthan suite et fin

Les dernières photos du Rajasthan sont maintenant visibles.

A bientôt pour Bombay et Goa.

2003/11/26

Goa
Nous voici de retour sur la plage après une intermède de 4 jours pour visiter le site archéologique de Hampi, au Karnataka (tout près de Hospet, à peu près au centre de l'État, à l'est de la capitale du Goa, Panaji (ou Panjim, sur les cartes plus anciennes)), pour ceux et celles qui veullent le trouver sur la carte. Hélène va vous en parler dans son blogue d'aujourd'hui.

Notre voyage vers Hampi s'est fait en autobus, de nuit, pour l'aller, à partir de Panaji et le retour en train, de jour. Mais on est revenu à Margao (souvent écrit Magdaon), la grande ville de Goa. Le projet initial etait de visiter les deux plages qui semblaient être les plus tranquilles au sud de Goa, mais on a décidé de concentrer notre étape repos sur une seule plage, de façon à perdre moins de temps en déplacement. On a choisi la plage de Benaulim à une dizaine de km de Margao. On s'est d'abord installe dans un "Guest House" du village, mais la marche pour rejoindre le sable est trop longue. On se déplace donc après notres session internet, vers un "Resort", sur la plage, accessible uniquement à pied!! On y passe 6 jours à ne rien foutre d'autre que la "farniente".

Il se nomme "C.Roque"! Ne me demandez pas ce que ça signifie! Hélène hésitait croyant que c'était le Croque. Mai finalement on a décidé de déménager parce qu'on y trouve de magnifiques palmiers fabriquant d'ombre, tout juste à côté du sable fin de la plage. Donc possibilité de courir à l'eau sans se faire frire. Faut dire qu'à Arambol on y a goûté. D'habitude on est très prudent face au soleil. Malgré nos nombreuses expériences de coup de soleil hypocrites, attrapés sur la plage balayée par un vent frais qui camoufle la brulure, entre autres à l'Ile de mon prince, la journée de plage à l'ombre d'un parasol, s'est transformee en session de création de homard bouilli. Nos premières journées à Hampi ont donc été un peu douleureuses pour les épaules. Mais on s'en est remis et on est prêt à recommencer l'aventure de la plage...

A Benaulim la plage est à perte de vue. Il y en a pour une dizaine de kilomètres. Immensément large itou. Sable fin, coquillages et tout et tout. Très "laid back" comme ils disent dans Lonely Planet, surtout qu'avec notre arrivée la moyenne d`âge a baisse sensiblement. Plus "laid back" que cela on deviederait inerte. Beaucoup d'Allemands, de Scandinaves. Pas un Canadien à l'horizon. Les gens sont d'ailleurs un peu surpris de voir qu'on vient du Québec.

La pression est pas mal moins forte ici. Les Goanais sont différents des autres indiens. La religion bien sûr (ils sont en majorite catholiques) et l'influence portugaise. On a pas vraiment l'impression d'être en Inde. Surtout sur la plage. A Panaji on voyait de temps en temps des saris, mais la majorite des femmes sont habillees a l'occidentale. On y mange des fruits de mer et des poissons cuits à la portugaise, ce qui nous change des menus végétariens indiens habituels. On s'est promené, à Panaji, dans des ruelles qui ressemblaient à celles qu'on retrouve dans les villes méditérannéennes. Des églises catholiques un peu partout.

Tout près de Panaji on a visité "Old Goa", un site du patrimoine mondial où on a vu un monastère franciscain, une cathédrale et une basilique, du "Bom Jesu". Comme architecture cela ressemblait à l'église construite par Cortez tout près de Tampico au Mexique. A la basilique on a pu observer les restes de Saint François Xavier, disciple de Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de Jésus, décédé en Asie. J'aurais dû dire les restes des restes puisque la plus grande partie de son corps est éparpillée dans des églises à travrs le monde (par des chasseurs et des vendeurs de reliques). A tous les 10 ans on expose les reliques au publique. On a raté la prochaine par 12 mois environ. Avoir su! A la dernière exposition, il y a avait ici plus de 1 million de fidèles pour observer le phénomène de conservation unique dans les annales de la thanatologie.(remarque de Helene: c'est vraiment ecoeurant! Je me demande ce qu'en pensent les Hindous ou les Musulmans qui visitent ce site!) (Autre remarque de H : dans cette eglise, dans une petite chapelle laterale, il y a une croix miraculeuse qui grandit constamment vers le plafond! Ils ont ete obliges de la "bracer" pour proteger le plafond de l'eglise! Ca fait qu'elle ne grandit plus! Mais elle fait toujours l'objet d'une grande devotion. Il y a une madame qui trouvait qu'on etait passe trop vite a cote et qui nous a dit de retourner et d'aller voir a l'arriere de la chapelle, ou tous les pelerins touchent a un morceau de la croix!)

Autre phénomène unique au Goa, du moins à date, on trouve des bars à tous les coins de rue. Ils sont aussi accompagnés d'un comptoir de vente, comme à la SAQ. Ici l'alcool se prend fièrement, sans cachette. Influence du catholicisme? (Autre remarque de H : On parle des hommes ici. J'ai jamais vu une femme indienne dans un bar ni meme en train de boire de l'alcool!)

Je dois vous quitter faute de temps d'antenne. A bientôt.

2003/11/20

Retour sur le Rajasthan

On a fini par reussir a mettre quelques photos du Rajasthan. On n'a pas fini, mais on arrete, compte tenu qu'on a une grosse nuit d'autobus devant nous ce soir. On se rend a Hampi pour visiter des temples qui datent de l'antiquite. On va tenter de finir les photos du Rajasthan dans les prochains jours. A suivre.

2003/11/15

Tchou-tchou et gueling-guelang

De tous les moyens de transport la nuit, en Inde, c'est décidément le train en classe ''A-C, three tiers'' qui est le plus agréable! Air-climatisé et une couchette. Moins grande que celles de la classe ''Two tiers'', mais pas mal plus stable que la couchette de l'autobus. On y a passé 12 heures confortablement. L'air climatisé faisait en sorte qu'on appréciait les deux draps et la couverture de laine inclus. Heureusemet que j'ai mis mes bouchons! Hélène, en observatrice chevronnée m'avait fait remarquer qu'en plus de réduire les décibels ils avaient aussi le mérite de garder les oreilles au chaud, je ne sais trop pour quelles raisons. Même si j'ai eu froid de partout, je n'ai pas gelé des oreilles. Et pas trop poqué le lendemain.

Rendu à Thivim, une gare au nord du Goa, on a pris des autobus pour se rendre à Mapusa et un autre pour atteindre la mer à Arambol. Ce petit village de pêcheur nous a été conseillé par un jeune Américain en quête de gourou tantrique à Rishikesh, au tout début de notre voyage. C'est supposé être beaucoup moins "ravant" que les autres plages de Goa. De même que Palolem. Ce sont donc nos deux destinations plagières au Goa. On doit dire que le jeune amateur de sensations fortes avait bien raison. Arambol est très agréable. En plus nous arrivons au tout début de la saison touristique. Ce qui veut dire que les gens ont hâte de nous voir. On nous attend de partout. Et c'est encore un peu moins cher que ça ne le sera à Noël, la haute saison. Pas beaucoup de monde itou. Donc la plage nous appartient, à nous et aux pêcheurs...

Ici il fait très chaud. J'aurais pu intituler cette entrée Le fond de l'air est chaud... C'est tout le contraire de chez nous: le vent rend le fond de l'air frais encore plus frais. Ici le vent rend la température agréable. Dès qu'il tombe, elle monte. Ce matin, en revenant de la messe de 8 heure, on était tellement en sueur qu'on a dû prendre une douche. Pendant qu'on tentait de se rafraichir sous notre ventilateur, à côté, par notre fenêtre on voyait une trentaine de personnes qui s'activaient sur un chantier de construction: on coulait du ciment pour finir le toit d'une petite cabane. Très bien organisé. Des femmes et des hommes transportaient, sur leur tête, du ciment, du sable et du concassé vers un malaxeur. Le ciment prêt était vidé dans un bac. Trois hommes le mettaient dans des chaudières que d'autres se passaient en faissant la chaîne, dans l'échelle, jusque sur le toit. Ils ont fait cela jusqu'à ce que la toiture soit finie, ie vers 13h. Il devait faire au moins 35 c... Juste à les regarder, ça retardait notre rafraîchissement!

Oui on revenait de la messe de 8 heures! On visite bien les temples de toutes sortes, on a ben le droit de visiter une église catholique! On a même communié! Fallait bien. On aurait été les seuls à ne pas le faire. L`église était bondée. Deux à trois cents personnes. Pas juste des femmes non plus. Pas justes des vieux non plus. La moyenne d'âge devait être autour de 30-35 ans. (En nous comptant!) L'officiant ne dépassait pas 35, ainsi que celui qui a fait le deuxième sermon (oui, oui, deux sermons).

Très semblable à chez nous comme liturgie, à quelques détails près: discrimination sexuelle, les hommes d'un bord et les femmes de l'autres! On a failli créer un incident diplomatique quand Hélène a passé proche de s'asseoir du mauvais bord. Il y a bien sûr aussi le deuxième sermon. Le tout se déroulait en Konkanais, langue dominante au Goa. Les sermons étaient très intéressants: l'un portait sur la communication, vu que c'est la journée de la communication ici. L'autre sur la responsabilité. Si on le sait ce n'est pas parce qu'on a suivi un cours rapide de Konkanais mais bien parce qu'on y utilisait des mots anglais, comme "Internet", "casset player" etc, dans le premier cas et "responsability" dans le deuxième. Mais c'est surtout parce qu'on nous l'a traduit par la suite. Ce qui les rendait intéressants c'était surtout la gestuelle des prédicateurs. Ils parlaient comme des Indiens, même s'ils sont catholiques. Les mains bougent continuellement, les yeux et le visage sont encore plus expressifs que les Italiens qui discutent autour d'un verre de vin. Essayer de comprendre une langue qu'on ne connaît pas, juste par la gestuelle, est un exercice agréable, au point de rendre tolérable des sermons que je ne peux plus tolérer depuis l'age de 16 ans. Les hosties indiennes me semblent plus goûteuses que les nôtres. (Hosties masala?) Faut dire que je 'ai pas gouté dernièrement.

On reste encore une journée ou deux avant de se rendre dans la capitale du Goa : Panaji

Ite misa est!

2003/11/11

Bombai a quatre mains

Petite experience aujourd'hui. Chacun va ecrire ses impressions de Mumbai, avant le depart pour Goa demain soir.

Pas la moindre sculpture d'elephant sur Elephanta. J'aurais du lire mon Lonely plus attentivement. En fait il n'y en a plus! Des vivants non plus. Ce sont les Portugais qui ont nomme cette ile ainsi, a cause d'une formation rocheuse qui ressemblait a un elephant. Depui le roc s'est ecroule et les restants ont ete transporte au Victoria Gardens qu'on n'a pas le temps de visiter.

Plusieurs jours a arpenter les rues de la ville, a pied, en bus. Magnifique! Nos sandales ont vieilli beaucoup au cours de ces quatre jours. Mais elles sont bien contentes quand meme. On a magasine aussi. Mais pas achete grand chose , si ce n'est quelques chemises pour remplacer celle qui a ete liquidee. Fait reparer mes pantalons qui etaient plutot amoches depuis la chute a Rishikesh et l'attaque d'une selle de chameau plutot vetuste. Mes beaux pantalons francais sont maintenant des Bermudas. Je voulais les jeter, mais Helene m'a convaincu. Le tailleur de la rue est tellement bon pour faire des bas de pantalons que je lui ai demande de refaire les coutures des vetements punjabis que j'ai achetes et qui se defont tellement les coutures etaient botchees, une batche du vendredi apres-midi, j'imagine.

On a ete recu par une famille indienne samedi soir passe. Ce sont des amis de Pauline. Elle, Sudeshna, est physicienne, lui aussi mais Pathikrit ne fait plus de recherche en pysique: il travaille comme consultant en informatique. Ils ont un garcon de 18 ans qui etudie au College de Jesuite St-Xavier. Originaires de Kolkata, formes en partie dans les universites americaines, ils vivent dans le quartier le plus agreable de Mumbai, selon leurs propres dires. Le Tata Institue of Fundamental Research a ete fonde par M. Tata, un des typhons de la finance et de l'industrie indiens. Tata en Inde c'est comme Bombardier, la Caisse de depot, et Culinar en une seule institution. Tata produit de tout: des fardiers, des autos, des bus, du the, etc... On voit ce nom partout. Un stationnement c'est presque toujours un paquet de Tata! Le hic c'est que Tata, la famille, pas la cie, n'est pas hindou.

Ce sont des Parsi, ou des Iraniens, emigres en Inde suite a la conquete de l'Iran par l'Islam. Les Zoroastriens ont fui pour eviter la persecution. Une belle legende que je vous raconte comme Pat me l'a racontee en deambulant sur le bord de la mer longeant l'Institut. Les Parsis arrives au Gujarat,
le royaume au nord du Maharastra, ou est situe Mumbai. Le roi du Gujarat veut faire comprendre aux nouveaux arrivants que le pays n'est pas assez grand pour les recevoir. Il presente un verre de lait, plein a ras-bord: plus de place! Le chef des Iraniens, probablement un Tata, la legende ne le dit pas, veut prouver que leur presence n'est pas menacante: il met du sucre dans le lait, voulant signifier qu'ils ne prendraient pas de place, et qu'en plus ils adouciraient le pays! Et selon plusieurs, les moins critiques, faut dire, c'est ce que font les Tatas depuis ce temps.

Sur ce je vous dit tata. Prochain texte du Goa. Je vous dirai si on a aime le film bolywoodien.

2003/11/08

Nouvelles photos

La derniere serie de photos avant celles du Rajasthan. Elles sont de Manali, Delhi, deuxieme visite et Agra (Taj Mahal).

On se plait a Mumbai.

2003/11/06

New york en Inde

La grande ville!!! Depuis hier je me sens comme a New York.

Un long voyage pour y arriver: 19h de bus. Pour moi c'est un record personnel, pas encore homologue, mais j'ai l'impression que ca ne sera pas long. Si ce fut si long c'est a cause d'un enorme bouchon, une immense "confiture de trafic" comme disait mon ami K. D., c'est-a-dire qu'on est arrete pendant 3 h sur une autoroute en construction. Deja cela, ca m'a fait penser a New York. En entrant itou. Des banlieus pendant des kilometres. Des camions et des autobus a perte de vue... Petite difference assez remarquable, tout de meme: la quantite de bidon-ville. Mais le meme feeling: celui d'entrer dans une metropole, une mega-city.

Nous avons trouve un hotel dans le quartier le plus touristique, Colaba. Un vieil edifice de type colonial. Notre chambre a 4 lits simples, ce qui n'est pas necessairement facile pour le couple. Mais ce qui impressionne le plus c'est la hauteur du plafond, environ 20 pieds, et les trois fenetres qui nous permettent de respier tres agreablement malgre la chaleur suffoquante (au Sageunay on parlerait de canicule. Ici c'est l'hiver). Des arbres immenses bordent les rues. On est a quelques pas de la mer d'Arabie, de la Gateway of India et de l'hotel Taj Mahal, qui saluait le depart du Prince Charles, quand on est passe devant, hier soir. (C'est curieux comme les grands nous suivent, Charles, Chretien! Qui d'autres. Je parie que Bush va nous attendre a Bali.)

On a reussi un exploit extraordinaire aujourd'hui: acheter un billet de train sans l'aide de personne. (On avait tout de meme les conseils de Lonely Planet.) C'est tres difficile en Inde parce qu'il faut tout savoir, en plus d'etre patient pour attendre dans des files interminables. Il faut connaitre le nom du train, son heure de depart, le type de classe qu'on veut et des tas d'autres choses... tout cela a l'air facile, mais il faut lire les affiches, remplir le papier, se presenter au guichet, ne pas perdre patience quand il faut recommencer, corriger un detail qu'on ne pensait pas important. Mais on a reussi. On etait tellement fier qu'on est parti prendre une biere au bar, juste a cote de la gare. (Meme en Inde, il y a des bars a cote de la gare.)

Apres on a fait ce qu'on fait a New York, on a marche. Toute la journee. Comme a New York aussi, ici il y a des taxis. Ils sont noirs et jaunes cependant. Et on n'a pas encore ose les prendre. Demain peut-etre. On a vu des jeunes qui jouaient au criquet dans un parc, des millions de personnes qui sortaient des banques et qui marchaient sur Mahatma Gandhi Drive, presque Fifth Avenue! Du street food partout. Tellement allechant qu'on en a mange. Des assiettes de fruits et de legumes avec un assaisonement qui vous met l'eau a la bouche: annanas, melons d'eau, bananes, mangues, concombres, carottes et dates!!! Et tout cela servi dans une assiette en porcelaine. On ne s'en est rendu compte que 500 metres plus loin. Il a fallut revenir sur nos pas pour rapporter l'assiette. On n'etait tout de meme pas pour les jeter dans la rue ;0)

Des bouquinistes le long de la rue aussi. On se retient pour ne rien acheter. Ils nous reste encore quelques titres a liberer.

On a aussi visiter le fashion district. C'est en fait une serie d'etals qui vendent des vetements a bon marche. J'ai achete deux chemises pour remplacer celle que j'ai du jeter parce qu'elle avait trop ete malmenee par les services de buanderie des hotels qu'on a visites. Surprise: c'est illegal d'essayer les vetements. Du moins c'est ce que tous les vendeurs m'ont dit. Apres avoir refuse d'acheter a 5 echopes differentes, je me suis decide a en acheter deux a l'aveugle. Elles sont tres belles. Mais, meme si elles ont l'air de me faire, une fois essayees, elles ne me font pas. Heureusement qu'Helene est la pour en profiter: elles lui vont a merveille. Demain je vais devoir m'en acheter une vraie, dans un vrai magasin.

Demain on visite l'ile Elephanta: l'equivalent de Ellis Island, sans la statue de la liberte. Mais il y a des statues d'elephants. J'imagine qu'ils vont etre blancs.



2003/11/04

Hindouisme

Mon ami Kanwar Dhananjai Singh, dit K. D., notre guide à Darhamsala, devenu blogueur, eu la gentillesse de me faire remarquer quelques erreurs dans mes explications des incarnations de Vishnu. Je vais faire les corrections qui s'imposent. Pour toutes questions je vous réfère à son tout nouveau blogue intitulé Karmyog - Hinduism. Je vais mettre le lien vers son blogue dans la colonne de droite.

Deux mois déjà que nous sommes en Inde. On se demandait si on "tofferait" deux semaines, avant notre départ. Là on commence à se demander si on ne renouvelerait pas notre visa qui se termine en janvier. Rien de décidé encore pour ce qui adviendra après cette date. Ce qui est certain par contre c'est que nous quittons Udaipur et le Rajasthan aujourd'hui. On a bien aimé notre séjour. En plus on est en pleine forme après ces quelques jours de repos. On a même des fourmis dans les jambes. On va peut-être en avoir encore plus demain matin puisqu'on a environ 16 heures d'autobus à faire. Heureusement que cette fois on va être à l`horizontal: en Inde il existe des autobus avec couchettes! On va essager cela ce soir.

Prochaine destinations: Mumbai pour quelques jours, ensuite Goa, Kerala, Tamil Nadu (ces trois dernies noms faisant référence à des États du sud de l'Inde. On devrait être rendu à la pointe la plus au sud autour de la période des fêtes.

Namaste